Paléogénétique
Métissage Néandertal-sapiens : les indices d’une préférence sexuelle
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Citer cet article
- ROWE-PIRRA, William,
- Rowe-Pirra, William.
- Rowe-Pirra, W.
https://doi.org/10.3917/pls.583.0013
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Des modèles génétiques révèlent que l’hybridation entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens impliquait la plupart du temps un père néandertalien et une mère sapiens.
Homo sapiens (crâne au second plan) et Homo neanderthalensis (au premier plan) se sont hybridés, laissant un héritage dans notre génome.
Homo sapiens (crâne au second plan) et Homo neanderthalensis (au premier plan) se sont hybridés, laissant un héritage dans notre génome.
1 Quelles furent les circonstances des métissages répétés entre Homo sapiens et Homo neanderthalensis ? Les résultats d’une nouvelle étude, menée par Sarah Tishkoff, de l’université de Pennsylvanie, aux États-Unis, et ses collègues suggèrent que nos ancêtres métisses avaient pour la plupart un père néandertalien et une mère sapiens et non l’inverse.
2 Certaines parties du génome de notre espèce, notamment celle du chromosome X, sont dépourvues d’ADN néandertalien (le génome des humains modernes non africains en compte 1,5 à 2,1 %). L’explication usuelle est que les gènes du X de Néandertal présentaient un fort désavantage pour Homo sapiens. L’équipe menée par Sarah Tishkoff a fait l’hypothèse que des « déserts » devraient, à l’inverse, apparaître sur les chromosomes X de Néandertaliens ayant hérité de l’ADN d’Homo sapiens. Mais leur analyse du génome de trois femmes néandertaliennes a conclu à un excès relatif de 62 % d’ADN de sapiens sur leur chromosome X. L’incompatibilité biologique n’est donc probablement pas la cause principale de cette disparité génétique.
3 Les chercheurs ont dès lors suggéré une autre explication. Les femmes portant deux chromosomes X, elles en transmettent donc forcément un à leur descendant. Si la plupart des accouplements interspécifiques impliquaient un homme néandertalien et une femme sapiens, les chances initiales de transmettre au descendant un chromosome X d’origine néandertalienne sont moindres que dans le cas inverse, avec une mère néandertalienne et un père sapiens. « Il est possible d’imaginer encore d’autres explications, nuance Céline Bon, paléogénéticienne du Muséum national d’histoire naturelle, comme des différences dans la qualité de maternage entre les mères des deux origines. Il y aurait alors eu une meilleure survie de la progéniture issue d’une mère sapiens… Mais ce scénario est impossible à vérifier. »
- S. Tishkoff et al., Science, 2026.