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20. Métaphysique, physique quantique et sciences sociales

Pages 451 à 478

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  • Livet, P.
(2022). 20. Métaphysique, physique quantique et sciences sociales. Dans
  • R. Künstler
  • et C. Tiercelin
Métaphysique et Sciences : Nouveaux problèmes (p. 451-478). Hermann. https://stm.cairn.info/metaphysique-et-sciences--9791037013415-page-451?lang=fr.

  • Livet, Pierre.
« 20. Métaphysique, physique quantique et sciences sociales ». Métaphysique et Sciences Nouveaux problèmes, Hermann, 2022. p.451-478. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/metaphysique-et-sciences--9791037013415-page-451?lang=fr.

  • LIVET, Pierre,
2022. 20. Métaphysique, physique quantique et sciences sociales. In :
  • KÜNSTLER, Raphaël
  • et TIERCELIN, Claudine,
Métaphysique et Sciences Nouveaux problèmes. Paris : Hermann. Métaphysique et Sciences, p.451-478. URL : https://stm.cairn.info/metaphysique-et-sciences--9791037013415-page-451?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Van Fraassen Bas, Quantum Mechanics: an empiricist view, Oxford, Clarendon Press, 1991.
  • [2]
    Ladyman James et Ross Don, « Ontic Structural Realism and the Philosophy of physics », in Ladyman James, Ross Don, Spurett David et al. (eds.), Everething must go: Metaphysics naturalized, Oxford, Oxford University Press on Demand, 2007, p. 130-189. Ladyman James et Ross Don, « The world in the data », in Scientific Metaphysics, Ross Don, Ladyman James, Kincaid Harold (ed.), Oxford, Oxford University Press, 2013, p. 108-150. « Le monde est la totalité des statistiques non redondantes, non des choses », p. 146.
  • [3]
    Pour eux, une métaphysique n’a pas à tenter de faire une synthèse entre science et sens commun, mais doit plutôt proposer une synthèse entre au moins deux hypothèses scientifiques (dont l’une physique) capable d’offrir une meilleure explication que ces deux hypothèses séparées (Ladyman, Ross et al., 2007, p. 37).
  • [4]
    Ladyman et Ross, 2007, p. 226.
  • [5]
    Les patterns représentationnels, qui permettent de pister des patterns extrareprésentationnels -définis par les physiciens (Ladyman, Ross, 2007, p. 243) auraient-ils ces seconds patterns pour ancrages ? Mais ce serait confondre ce qu’on peut appeler des « sondages », qui vont du « haut », d’une simplification cognitive représentationnelle, vers le « bas », fait de patterns plus riches mais traitables par la physique, et des « ancrages », qui donnent en sens inverse un fondement (grounding) aux représentations. Les sondages sont épistémiques, les ancrages ontologiques. Ladyman et Ross pensent que les individus sont des simplifications épistémiques, si bien qu’il ne reste que les « patterns » comme base. Mais les « patterns » pourraient rester épistémiques et les ancrages ne pas nécessiter pour autant des « individus ». Les processus ne sont ni des relations ni des individus chosistes.
  • [6]
    Guay Alexandre, Pradeu Thomas, « Right out of the box: how to situate metaphysics of science in relation to other metaphysical approaches », Synthese, vol. 197, n° 5, 2017, p. 1847-1866.
  • [7]
    Esfeld Michael et Lam Vincent, « Moderate structural realism about spacetime », Synthese, vol. 160, n° 1, 2008, p. 27-46. Esfeld Michael (2014), « Quantum Humeanism or: physicalism without properties », The Philosophical Quaterly, vol. 64, n° 256, p. 453-470. Esfeld Michael, A proposal for a minimalist ontology, Synthese, vol. 197, n° 4, 2020, p. 1889-1905.
  • [8]
    Cette objection pourrait ne pas valoir pour les « relations constitutives », comme « être l’enfant – reconnu – de », qui « constitue » un enfant comme fils ou fille et un adulte comme père ou mère de cet enfant. Bien des relations sociales sont « constitutives » mais le problème se déplace : qu’est-ce qui assure qu’une telle relation soit pertinente pour ses termes ?
  • [9]
    Lowe, Edward Jonathan, « There are (probably) no relations », 100-112, in Marmodoro et Yates (eds.), The metaphysics of relations, Oxford, Oxford University Press, 2016.
  • [10]
    MacBride Fraser, « Relations », Stanford Encyclopœdia, 2016.
  • [11]
    Bergson Henri, Matière et mémoire, Paris, PUF, [1896] 1939.
  • [12]
    Whitehead Alfred North, Procès et réalité, trad. Daniel Charles et al., Paris, Gallimard, coll. « NRF », [1929] 1995.
  • [13]
    Pour faire démarrer cette récursivité, il faut évidemment se donner les valeurs de F (n-1) et de F (n-2).
  • [14]
    Gödel a utilisé cette propriété pour formaliser l’idée d’une proposition qui dit d’elle-même qu’elle n’est pas démontrable, ce qui implique d’abord de traduire la proposition en un nombre qui soit un multiple de nombres premiers.
  • [15]
    Ne peut-on faire un raisonnement semblable à propos des relations et de leurs termes ? Après tout, une fonction peut se représenter par la relation entre les éléments de départ, ceux du domaine de la fonction, et ceux d’arrivée, ceux de l’image de la fonction. On pourrait dire que la fonction procède en partant d’un élément du domaine pour produire un élément de l’ensemble image. Mais dans la représentation en termes de relation, ni l’élément du domaine, ni l’élément de l’image ne se connectent. La fonction procède, mais elle a les mêmes problèmes d’ancrage que la relation, à moins d’être en fait seulement une représentation formelle d’un processus.
  • [16]
    Du coup, comme une fonction de fonction peut modifier les valeurs fournies par la première fonction, un processus peut aussi modifier son procéder initial. Ce n’est pas normal pour une substance, mais il serait difficile de l’interdire à un processus, qui est toujours en « procès ». Il se peut donc que la relation entre unité et identité soit difficile à établir pour un processus. Pour ce faire, nous devons déterminer à partir de quelles connexions nous tentons d’identifier le processus.
  • [17]
    Par exemple celle qu’implique les fentes de Young ou les miroirs semi-réfléchissants, qui modifient seulement la trajectoire d’une particule mais pas le type et les propriétés de cette particule.
  • [18]
    Une particule peut après avoir passé par une fente de Young parvenir sur l’écran dans des états qui vont de l’état « creux de l’onde » à l’état « pic de l’onde ».
  • [19]
    L’identité est une présupposition sans fondement si aucun processus, aucun « procéder » d’identification n’est possible.
  • [20]
    Ce qui, en un sens, revient malheureusement à ne plus l’identifier comme particule « quantique ».
  • [21]
    Grossetti Michel, Matière sociale. Esquisse d’une ontologie pour les sciences sociales, 2020, version disponible sur <hal.archives-ouvertes.fr/hal-02523130v3, 02518363, 025816765, 02515234, 02513036, 02512115, 02510894, 02508878, 0258254 /document>.
  • [22]
    Pour une analyse développée des différents types d’interaction, y compris ceux des institutions, je renvoie à Processus sociaux et types d’interaction, Livet Pierre et Conein Bernard, Paris, Hermann, 2020.
  • [23]
    Le second a été introduit par Michael Walzer en 1983, dans son livre Spheres of justice: A defense of pluralism and equality, Basic books.
  • [24]
    Ils le sont très strictement, pour que d’autres facteurs ne modifient pas les propriétés des particules.
  • [25]
    Et on a démontré que même proche de cet équilibre, on ne sait pas forcément comment y aboutir.
  • [26]
    Une version de l’ontologie de la physique quantique, la théorie des multivers d’Everett (cf. Wallace David, The emergent multiverse, Oxford, Oxford University Press, 2012), pousse cela jusqu’au paradoxe, en faisant l’hypothèse que tout processus qui mettrait fin aux interférences en se fixant sur l’une de leurs virtualités aurait à s’intriquer avec les autres possibilités divergentes, ce qui ne renforcerait nullement l’unité du virtuel en cours, mais produirait une multiplication des univers où l’importance de la part compatible entre différents univers, très large au départ, deviendrait de moins en moins prépondérante. Mais si les virtualités des sociétés sont moins bien déterminées que celles de la physique quantique, alors il est au contraire aussi possible la part d’intrication (certes de force plus faible que dans le quantique), devienne de plus en plus étendue.
Français

L’idée que « tout procède » peut se réclamer d’Héraclite, de Bergson et de Whitehead. Un réalisme des processus doit supposer que les processus se connectent entre eux. C’est vrai des interactions physiques comme des interactions sociales. Une autre similarité est qu’en physique quantique les connexions des processus d’observations ne peuvent pas être continues par rapport aux processus observés (saut quantique). Or, dans la majorité des interactions sociales, c’est aussi le cas – en particulier quand dans une conversation on parle d’interactions avec d’autres personnes absentes. La combinaison « connexions-discontinuités » introduit, en physique quantique comme dans les interactions sociales, la contrainte de ne pas pouvoir déterminer univoquement le processus visé entre deux processus d’observation, si bien qu’on doit admettre une pluralité possible dans cet intervalle – définie par des amplitudes de probabilité en physique quantique, et liée à différentes virtualités de poursuite ou d’inflexion des interactions sociales.


Date de mise en ligne : 19/01/2023

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