Introduction de la partie III
Pages 203 à 205
Citer ce chapitre
- LECONTE-CHEVILLARD, Gauvain,
- Leconte-Chevillard, Gauvain.
- Leconte-Chevillard, G.
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- Leconte-Chevillard, G.
- Leconte-Chevillard, Gauvain.
- LECONTE-CHEVILLARD, Gauvain,
Notes
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[1]
Il y a en réalité une famille fort diverse de positions « réalistes » en philosophie des sciences, dont certaines font peu de cas de la vérité comme adéquation à la réalité. Mais dans cette partie, on n’appelle « réalisme » que les conceptions philosophiques qui considèrent qu’il y a un corrélat objectif à la connaissance scientifique.
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[2]
Sur les rapports entre la vérité et les critères de choix d’hypothèses, voir (Laudan 2004). Dans cet article, Laudan montre que l’on ne peut pas considérer que la vérité est toujours corrélée aux vertus épistémiques d’une théorie. En effet, si une hypothèse est vraie ses conséquences le seront aussi. Par contre, ces conséquences ne seront peut-être pas aussi simples, plausibles, etc.
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[3]
Contrairement à ce qu’on lit souvent, débattre du réalisme scientifique ne suppose pas que l’on admette une distinction entre énoncés observables et énoncés théoriques (non observables) : mais il faut et il suffit que l’on admette que certains postulats d’une théorie puissent être vrais et d’autres faux même si cette théorie a passé tous les tests auxquels on l’a soumise.
Dans cette dernière partie, nous allons examiner si les succès prédictifs des théories scientifiques peuvent aller jusqu’à prouver que celles-ci sont vraies. Autrement dit, nous allons étudier le rôle des prédictions dans les arguments en faveur du réalisme scientifique. Car qu’est-ce que le réalisme scientifique ? C’est précisément la thèse selon laquelle nos théories les mieux confirmées sont vraies ou approximativement vraies. Si l’on considère que confirmer une théorie, c’est prouver qu’elle est vraie, cette thèse a autant d’intérêt que celle qui affirme qu’il y a du sucre dans les aliments sucrés ou celle qui affirme que 100 % des divorces ont été précédés d’un mariage – c’est-à-dire pas beaucoup. Il n’y aurait donc pas à argumenter spécialement en faveur du réalisme scientifique : la théorie du Big Bang par exemple serait vraie pour la simple et bonne raison qu’elle a passé avec succès tous les tests où elle a été confrontée aux données d’observations, en particulier les tests prédictifs.
On peut cependant distinguer la vérité d’une théorie de sa confirmation. Comme on l’a vu dans le chapitre précédent, il y a de nombreuses raisons de préférer une théorie ou une hypothèse à une autre : parce qu’elle est plus simple, plus plausible, parce qu’elle rend compte des données d’observation plus précisément ou même parce qu’elle est plus compatible avec notre conception de la Nature ou de la Trinité (Laudan 1977, p. 69). La vérité, définie comme un rapport d’adéquation entre les postulats d’une théorie et la réalité, n’est au mieux que l’un de ces critères de choix d’hypothès…
Date de mise en ligne : 25/11/2024
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