IX. Du chaînon manquant au dernier ancêtre commun
- Par Pascal Picq
Pages 151 à 159
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Dans la Filiation de l’Homme publié en 1871, Darwin (1809-1882) défend deux points : aucun grand singe actuel ne ressemble à notre ancêtre commun, et nos origines sont africaines en raison de nos ressemblances avec les chimpanzés actuels. Cependant, peut-on ajouter, notre dernier ancêtre commun n’a pas, a priori, plus de raisons de ressembler à un chimpanzé ou à un homme. Il aura fallu attendre plus d’un siècle pour comprendre ce que Darwin disait et développer en ce sens les recherches pertinentes.
L’Europe, à la fin du xixe siècle, connaît depuis peu les hommes fossiles de Néandertal et de Cro-Magnon, des Homo sapiens tout comme nous. Même si, comme on l’a vu, des grands singes fossiles ont déjà été découverts en Europe, plusieurs savants suggèrent alors de rechercher les origines de notre lignée là où vivent toujours les hominoïdes actuels. À cet égard, deux espèces vont jouer un rôle prépondérant : les gibbons d’Indonésie et les chimpanzés d’Afrique. Leurs noms scientifiques respectifs sont Hylobates et Troglodytes, on parle du modèle hylobatien et du modèle troglodytien.
Le modèle hylobatien s’inspire de l’observation des gibbons connus pour leurs prouesses acrobatiques, se balançant d’une branche à l’autre au bout de leurs longs bras. Ils sont parfaitement orthogrades, que ce soit par leurs positions suspendues ou la brachiation. Quand ils s’aventurent au sol, ils marchent de façon bipède, leurs courtes jambes fléchies, et se servent de leurs longs bras comme balanciers…
Date de mise en ligne : 01/06/2022
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