XVII. Premières sociétés humaines
- Par Pascal Picq
Pages 303 à 326
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La bipédie permanente et sa pilosité si particulière vont modifier complètement les jeux de l’amour et la reproduction humaine, et à terme transformer la société. Le dimorphisme sexuel joue moins sur la différence de taille entre les femmes et les hommes que sur les différences de formes qui se manifestent au cours d’une longue adolescence. Comparée à leurs ancêtres australopithèques comme aux premiers hommes au sens large, la différence de taille corporelle entre les femmes et les hommes chez Homo erectus tend à diminuer. Cette évolution traduit à la fois la tendance à la monogamie et la collaboration entre les hommes, ce qui ne va pas sans l’édification de nouvelles règles sociales.
Tournant de l’évolution, les femmes acquièrent trois caractères originaux : le camouflage de l’œstrus, une réceptivité sexuelle constante – elles peuvent avoir des relations sexuelles à tout moment au cours de leur cycle – et un corps avec des formes particulières. Le camouflage de l’œstrus signifie que les femmes n’affichent aucun changement physiologique ou comportemental évident lors de leurs périodes d’ovulation. Leur sexe est dissimulé par la pilosité pubienne et l’anatomie bipède. Enfin, le corps s’érotise à l’adolescence avec le développement des parties adipeuses des hanches, l’acquisition de seins proéminents et la formation de la taille (formant un corps en violoncelle).
Du côté des hommes, l’adolescence est plus longue : leur taille est plus grande, la voix mue, leur musculature et leurs épaules sont plus puissantes (corps en trapèze), le pénis développé est dépourvu d’os pénien et pend avec des testicules de taille moyenne…
Date de mise en ligne : 01/06/2022
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