1. La profession médicale en Algérie : de l’intégration à l’éclatement
- Par Mohamed Mebtoul
Pages 63 à 70
Citer ce chapitre
- MEBTOUL, Mohamed,
- CRESSON, Geneviève
- et SCHWEYER, François-Xavier,
- Mebtoul, Mohamed.
- Mebtoul, M.
- G. Cresson
- et F. Schweyer
https://doi.org/10.3917/ehesp.schwe.2000.02.0063
Citer ce chapitre
- Mebtoul, M.
- G. Cresson
- et F. Schweyer
- Mebtoul, Mohamed.
- MEBTOUL, Mohamed,
- CRESSON, Geneviève
- et SCHWEYER, François-Xavier,
https://doi.org/10.3917/ehesp.schwe.2000.02.0063
Notes
-
[1]
Dans ses différents rapports d’activité, c’est toujours l’approche quantitative qui est privilégiée pour légitimer le mode de fonctionnement des structures de soins. « Fin 1995, les espaces sanitaires étaient les suivants : 455 polycliniques (une polyclinique pour 66 000 habitants) ; 1 143 centres de santé (1 pour 26 000 habitants) ; 4 284 salles de soins (1 pour 7 038 habitants) ; enfin, cette évolution vertigineuse des pharmacies privées (1 pour 6 584 habitants) », Ministère de la santé, Statistiques sanitaires, 1996.
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[2]
Au cours de la décennie soixante-dix, la rente pétrolière a favorisé une logique de consommation anarchique de produits divers, notamment les médicaments disponibles dans les espaces sanitaires et distribués gratuitement.
-
[3]
Le ministre de la santé, présentant devant les députés, la nouvelle loi sur l’exercice complémentaire accordé aux spécialistes de l’hôpital qui pourront exercer aussi dans le secteur privé, les informe que les honoraires moyens dans ce secteur, s’élèvent à 270 000 DA, alors que le salaire moyen du médecin généraliste dans le secteur public est de 17 000 DA, celui d’un professeur de l’hôpital de 40 000 DA, soit respectivement 15 fois celui du généraliste et 7 fois celui du spécialiste de l’hôpital. (Quotidien El-Watan, 27 juin 1998.)
-
[4]
Données statistiques algériennes, 1995, n° 237, p. 5.
Cette communication tente de cerner les modes de régulation qui ont permis l’émergence et les transformations de la profession médicale dans le champ socio-sanitaire en Algérie. L’objectif est d’interroger la notion de profession à partir de la dimension socio-politique qui donne sens aux rapports noués entre l’État et les médecins. Ce mode d’entrée me semble particulièrement fécond lorsqu’on observe que la profession médicale va progressivement prendre corps dans une société fortement marquée par les transformations brutales et volontaristes opérées par le pouvoir de Boumédienne (1965-1979), à l’origine de la constitution du champ médical post-indépendance.
Je tente ici de donner un sens plus général à mes travaux d’enquête antérieurs sur les professionnels de la santé (Mebtoul, 1994), qui ont surtout permis de restituer leurs discours sur l’activité médicale et leur rapport aux différentes catégories d’usagers, sans toutefois prendre le recul suffisant pour mettre à jour les lignes de force qui traversent le champ médical représenté par différents « segments professionnels » (Strauss, 1992). Cette nécessité de « sortir » de l’activité médicale en soi, pour tenter d’inscrire la profession dans le contexte socio-politique, me semblait aussi une perspective intéressante par rapport aux travaux de Freidson (1984). Celui-ci met essentiellement l’accent sur l’autonomie et le monopole dans l’exercice de la profession médicale. Or, il est intéressant de montrer ici que la profession va d’abord se construire par l…
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