3. Faire (quelle ?) médecine
À propos de la loi de 1982 sur la réforme du troisième cycle des études médicales
Pages 87 à 96
Citer ce chapitre
- DUBERNET, Anne-Chantal,
- CRESSON, Geneviève
- et SCHWEYER, François-Xavier,
- Dubernet, Anne-Chantal.
- Dubernet, A.-C.
- G. Cresson
- et F. Schweyer
https://doi.org/10.3917/ehesp.schwe.2000.02.0087
Citer ce chapitre
- Dubernet, A.-C.
- G. Cresson
- et F. Schweyer
- Dubernet, Anne-Chantal.
- DUBERNET, Anne-Chantal,
- CRESSON, Geneviève
- et SCHWEYER, François-Xavier,
https://doi.org/10.3917/ehesp.schwe.2000.02.0087
Notes
-
[1]
Ce qui, au vu de la réforme en cours, ne sera plus possible, le projet étant que tous les futurs médecins passent obligatoirement un concours classant en sixième année, qui déterminera l’ensemble des orientations de troisième cycle.
-
[2]
Cette recherche a été retenue dans le cadre du programme INSERM/CNRS/MIRE 1998 : « Processus de décision et changement dans les systèmes de santé ».
-
[3]
Cette recherche a été réalisée durant le premier semestre 1998, dans le cadre de l’appel à projets du programme CNRS « Santé et société, axe : devenir des systèmes de santé ».
-
[4]
Ce principe voulant que toute personne titulaire d’un diplôme de docteur en médecine était habilitée à exercer la médecine et toutes les médecines.
-
[5]
« Besoins de santé » qui, ici, ont tendance à se traduire en « besoins de médecins », comme l’explique Martine Bungener (1980) dans sa thèse : Besoins en médecins et fonctions sociales de la médecine, thèse de doctorat, Paris IX.
-
[6]
Notions toutes relatives là encore, comme l’a démontré Bui Dang Ha Doan, 1994, « Les inégalités géographiques revisitées : la médicalisation du territoire (1964-1994) », Cahiers de sociologie et démographie médicale, XXXIVe année, n° 4, octobre-décembre, p. 298-323.
Un jeune bachelier désireux de « faire médecine » a, aujourd’hui, moins de deux chances sur dix d’y parvenir. Cette probabilité peut être très réduite s’il refuse de redoubler sa première année ou s’il n’a pas eu de mention à son baccalauréat (scientifique, bien sûr). Une fois admis en deuxième année, ses chances d’être médecin deviennent importantes, puisque les abandons et les réorientations sont très rares après la deuxième année. Cependant, s’il est assuré de pouvoir « faire médecine », cet étudiant risque de rester incertain quant à la médecine qu’il exercera, jusqu’aux résultats du concours de l’internat. Sauf à décider très tôt de ne pas le préparer, donc de se destiner à la médecine générale, il devra attendre de connaître son classement pour décider de son éventuelle spécialisation.
Ce dispositif de l’internat dit « nouveau régime » fut instauré à l’issue de la loi de 1982 réformant le troisième cycle des études médicales, dont nous proposons d’étudier les effets sur les mécanismes de choix d’un exercice professionnel, dans le cadre d’une recherche financée par le CNRS. Nous exposerons ici une partie des hypothèses qui président à ce travail, à partir d’une recherche préliminaire.
Notre propos est de mettre en regard l’énoncé d’un texte de loi et la réalité d’une forme de sélection contribuant à structurer le corps médical. Il s’agit, plus précisément, d’interroger les modalités selon lesquelles on entre dans la profession, en considérant que celles-ci sont significatives des valeurs sur lesquelles se fonde le groupe des médecins, pour lui-même et en référence aux autres groupes socioprofessionnels…
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