Éditorial
Page 56
Citer cet article
- DEROUESNÉ, Christian,
- Derouesné, Christian.
- Derouesné, C.
https://doi.org/10.1684/pnv.2018.0720
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- Derouesné, C.
- Derouesné, Christian.
- DEROUESNÉ, Christian,
https://doi.org/10.1684/pnv.2018.0720
1 Mathilde Plard et Aurélien Martineau présentent une revue critique de la notion de successful aging. Si cette notion de vieillissement réussi a fait florès dans la littérature gérontologique et a donné lieu à une littérature abondante, elle n’en reste pas moins extrêmement discutable dans le choix des termes comme dans le flou de sa conception (outil de description approximatif ou catégorisation d’un type de processus du vieillissement) et les variations de sa définition selon les auteurs, les cultures, les critères (subjectifs, le bien-être, ou objectifs, performances physiques et intellectuelles). Ces difficultés reflètent la complexité de la notion même de vieillissement chez l’homme : le définir comme un concept multidimensionnel est peu opératoire et lisse l’importance relative des différentes composantes. Les dimensions intervenant dans le bien-être des sujets âgés selon les auteurs (état de santé, importance des réseaux sociaux, habitat) sont loin d’être indépendantes et sont largement déterminées par les facteurs socio-culturels : elles ne prennent tout leur sens qu’à l’intérieur d’une même catégorie sociale. En outre, la notion de réussite du vieillissement, donc d’échec chez les autres sujets, implique la responsabilité individuelle de chacun dans la qualité de son vieillissement et s’inscrit dans la droite ligne de l’individualisme de l’idéologie néolibérale américaine prônant le rejet des politiques sociales au profit des classes les plus favorisées, notamment dans le domaine de la santé. Pour toutes ces raisons, on peut s’interroger sur l’intérêt de cette catégorisation du vieillissement (voir l’excellente revue de Katz S et Calasanti T : Critical perspectives on successful aging: does it « appeals more than it illuminates » ? The Gerontologist 2015 ; 55 : 26-33, en ligne).
2 L’étude originale d’Elena Hoyau et al. montre qu’à niveau culturel égal, il existe des variations dans l’accès aux représentations lexico-sémantiques qui sont favorablement influencées par la pratique d’activités de loisir sociales, mais non par les activités de loisir individuelles. Les auteurs rapportent cette influence à un mécanisme de réserve neuronale liée à l’activité du gyrus frontal supérieur médian gauche qui sous-tendrait l’accès aux représentations lexicales guidé par l’état émotionnel. Cette étude souligne ainsi l’importance des activités sociales et de l’état affectif dans des tâches trop souvent considérées comme purement cognitives, indépendantes du contexte émotionnel et social.
3 Jean-Michel Dorey et al. mettent en évidence l’importance des manifestations neuropsychiatriques dans la maladie à corps de Lewy qui sont loin de se résumer aux hallucinations visuelles, un des éléments clés du diagnostic. On peut toutefois s’interroger sur la contradiction entre la physiopathologie proposée qui ne prend en compte que des mécanismes biologiques, sans référence à la personnalité du sujet ni à ses relations avec l’entourage, et le caractère primordial que les auteurs reconnaissent aux interventions non médicamenteuses.
4 Élise Morlet et al. font le point sur l’influence possiblement protectrice du lithium sur les affections neurodégénératives.
5 Maxime Montembault et al. présentent une revue de la littérature très complète sur les aspects cliniques, biologiques, anatomiques et fonctionnels de l’atrophie corticale postérieure (ACP) en insistant sur la répercussion émotionnelle des manifestations visuelles et cognitives et leur impact sur la qualité de vie et le pronostic. Si l’ACP est le plus souvent liée à des lésions de type Alzheimer, cette étiologie ne présente toutefois qu’environ 75 % des cas, l’étiologie des 25 % restants relève d’affections diverses (dégénérescence corticobasale, maladie à corps de Lewy, gliose sous-corticale, maladie de Creutzfeldt-Jakob) soulignant, une fois encore, la difficulté de mettre en rapport les syndromes cliniques avec des lésions histologiques particulières et l’intérêt du développement des marqueurs biologiques.
6 Christian Gény et al. proposent un outil simple qui permet aux soignants des patients parkinsoniens institutionnalisés en Ehpad de fournir aux médecins les éléments pour ajuster leur traitement.