Il faut le dire aux abeilles. Sylvie Neeman et Nicolette Humbert, Editions La Joie de Lire, Genève, 2011
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Citer cet article
- ROSSELET, François,
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- Rosselet, F.
https://doi.org/10.3917/inka.114.0345a
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1 Les bons livres pour enfants sont toujours aussi des livres pour adultes. Tel est le cas de ce petit ouvrage qui traite de la question du deuil quand il fait irruption dans une vie. C’est un livre à déguster page après page, quand la photo et le texte entrent en dialogue pour porter notre méditation. Car c’est de cela qu’il s’agit : d’une méditation pour dire que le deuil est une affaire qui prend le temps nécessaire. En ce sens, chaque étape doit être respectée, reconnue, traversée et accompagnée.
2 Quand l’apiculteur meurt, les abeilles perdent leurs repères et volent dans tous les sens. Commence alors un travail de parole et d’acceptation de ce qui arrive. Il est nécessaire de leur dire ce qui s’est passé, sans rien cacher, sans embellir, sans voiler la vérité dans de la ouate. La parole vraie peut et doit se dire pour que puisse renaître la vie.
3 En filigrane, on ressent la mort de l’apiculteur comme l’image de la mort du parent ; quand cette figure vient à manquer, c’est l’univers de l’enfant qui bascule. Ce petit ouvrage pose ainsi la question : que peut-on dire de la mort aux enfants, et surtout, comment le dire ? Le parcours est ainsi tracé depuis le choc de la nouvelle jusqu’au moment où la vie reprend. Et l’on ressent fortement ce moment où quelque chose de la vie commence à frémir, qui nous appelle à réinvestir petit à petit les réalités simples du quotidien.
4 En conclusion, un petit bijou à savourer, à méditer. Un vrai appel à la vie.
5 François Rosselet