Article de revue

Bernard GRABER-DUVERNAY

(1934-2018)

Pages 193 à 195

Citer cet article


  • Françon, A.
(2018). Bernard GRABER-DUVERNAY (1934-2018) La Presse thermale et climatique, 155(1), 193-195. https://doi.org/10.3917/ptc.155.0193.

  • Françon, Alain.
« Bernard GRABER-DUVERNAY : (1934-2018) ». La Presse thermale et climatique, 2018/1 155, 2018. p.193-195. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/revue-la-presse-thermale-et-climatique-2018-1-page-193?lang=fr.

  • FRANÇON, Alain,
2018. Bernard GRABER-DUVERNAY (1934-2018) La Presse thermale et climatique, 2018/1 155, p.193-195. DOI : 10.3917/ptc.155.0193. URL : https://stm.cairn.info/revue-la-presse-thermale-et-climatique-2018-1-page-193?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ptc.155.0193


1 Bernard Graber-Duvernay nous a quitté le 25 mai 2018, laissant son épouse, sa famille et tous ceux qui l’ont aimé dans la plus extrême tristesse.

2 Doté d’une très forte et attachante personnalité, scientifique, rigoureux, exigeant, travailleur, cultivé, humaniste, engagé, pédagogue, ami fidèle, Bernard était tout à la fois. Il était surtout un homme libre et engagé. ‟Plus de science pour plus de conscience”, telle était l’une de ses devises qu’il a appliquée tout au long de sa vie en mettant le rationnel au service de l’humanisme.

3 Bernard est né à Aix-les-Bains en 1934, dans une famille médicale où les personnalités fortes, scientifiques et engagées étaient déjà nombreuses. Son grand-père Louis Duvernay avait créé à Aix l’École de techniques thermales et la journée scientifique annuelle de la Société médicale d’Aix tout en étant vice-président de la Société d’histoire et archéologie de Savoie. Sa grand-mère Sonia Duvernay fut au début du XXe siècle l’une des premières femmes médecins. Son père Jacques Graber fut l’un des principaux organisateurs en 1947 du premier congrès international du thermalisme social qui joua ensuite un rôle important pour définir les modalités de prise en charge des cures par la sécurité sociale. Sa mère Marie-Thérèse Graber-Duvernay exerça la médecine générale et thermale à Aix jusqu’à sa mort à 82 ans.

4 Le parcours médical de Bernard n’a rien à envier à celui de ses parents et grands-parents: reçu à l’internat des Hôpitaux de Lyon en 1957 puis assistant-chef de clinique dans le service du professeur Ravault, il s’installe à Aix en 1968 où il va à la fois créer un cabinet de rhumatologie et de médecine thermale et, condition essentielle à ses yeux pour son installation, pouvoir poursuivre une activité hospitalière à l’hôpital Reine-Hortense où il deviendra chef de service. Travailleur inlassable il publie de nombreux travaux et inspire plusieurs thèses. Il dirige l’enseignement de l’École des techniques thermales de 1979 à 1982. Il quitte son cabinet en 1992 pour devenir directeur médical des Thermes nationaux d’Aix-les-Bains jusqu’à sa retraite en 1999, poste qui lui permettra enfin de mettre en œuvre toutes ses capacités de travail au service du thermalisme. Le sacrifice financier que cela représente n’est alors pas pour lui un obstacle à cet engagement. Au plan local il participe au projet de construction des nouveaux Thermes Chevalley qui verront le jour en 2000, il crée de nouveaux soins (manudouche, pédidouche) et met en place des ateliers parathermaux de relaxation, de sophrologie et de prévention des chutes. Au niveau national il est l’une des chevilles ouvrières de la Société française d’hydrologie où il préféra travailler dans l’ombre sans chercher les honneurs. Il organisa de nombreuses tables-rondes, notamment sur l’évaluation du thermalisme ou sur les risques infectieux pouvant être rencontrés dans les établissements thermaux. Esprit scientifique et visionnaire il eut très tôt l’intuition de l’impérieuse nécessité d’évaluer le thermalisme selon les règles de la médecine basée sur les preuves. Il publia l’un des premiers essais randomisés français. Celui-ci évaluait l’effet du Berthollet des mains dans l’arthrose des mains. Il publia beaucoup d’autres travaux thermaux originaux, portant notamment sur l’évaluation de la douleur lors des cures thermales ou l’identification des patients répondeurs à la cure thermale. Il devint également rédacteur en chef de la Presse thermale et climatique, qu’il rénova avec Pascale Jeambrun. Il y écrivit de nombreux articles ainsi que les premières ‟Notes de lecture” bibliographiques. Il participa également activement en 1999 à la rédaction de l’ouvrage du Professeur Patrice Queneau ‟Médecine thermale. Faits et preuves” dont il fut l’un des co-auteurs. Une fois retraité et parisien il continua à œuvrer activement pendant plusieurs années pour le thermalisme. Il participa, à l’invitation du Professeur Queneau, à de nombreuses séances de la Commission XII (Thermalisme et eaux minérales) de l’Académie de médecine. Il collabora ainsi très activement à la réflexion et à l’écriture de l’article sur les ‟Bases méthodologiques de l’évaluation clinique thermale et les Recommandations de l’Académie nationale de médecine pour servir de critères à l’égard des demandes d’avis en matière de thermalisme”.

5 En dehors du thermalisme Bernard n’avait pas peur de s’engager dans la vie locale, sociale et politique. Il était un homme de courage et de conviction. Il faisait fi des critiques. Il combattit ainsi pour le droit à l’avortement malgré l’hostilité alors d’une partie du milieu médical local. Son engagement pour la science et l’humanisme se poursuivra lors de sa retraite à Paris où il adhère à l’Union rationaliste dont les objectifs sont de promouvoir les démarches rationnelles, refonder les rapports de la science et de la société et promouvoir une culture humaniste. Son grand sens de la pédagogie le conduisit aussi à participer à des activités d’aide scolaire pour les plus démunis. Il anima également une émission radiophonique mensuelle à radio Libertaire où il accueillait un invité sur des thèmes scientifiques.

6 Il participa au Sénat à une table ronde organisée sur le Droit à mourir dans la dignité. Plusieurs années plus tard c’est en homme libre qu’il choisit de partir pour fuir l’emprisonnement lié aux graves séquelles d’un accident vasculaire cérébral.

7 Bernard Graber-Duvernay pour son engagement pour le thermalisme, pour la science et l’humanisme fut un modèle pour tous.

8 Et nous avons eu vraiment beaucoup de chance de le connaître et de le côtoyer.

9

Description de l'image par IA : Vieillard portant chapeau et écharpe, regard sérieux.


Date de mise en ligne : 10/10/2024

https://doi.org/10.3917/ptc.155.0193