Courrier du docteur Jacques Birgé
- Par Jacques Birgé
Page 384
Citer cet article
- BIRGÉ, Jacques,
- Birgé, Jacques.
- Birgé, J.
https://doi.org/10.1684/med.2023.910
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- Birgé, Jacques.
- BIRGÉ, Jacques,
https://doi.org/10.1684/med.2023.910
Fidèle lecteur (et à l’occasion contributeur) de la revue Médecine, je suis consterné par l’éditorial du numéro 4 daté d’avril 2023 et intitulé : « Fin de vie : acharnement, suicide assisté, euthanasie, soins palliatifs… Où allons-nous ? »
Ce texte aligne des arguments éculés et ressassés, hostiles à l’aide active à mourir (euthanasie et suicide assisté).
Je vais donc à mon tour énoncer quelques arguments issus de ma réflexion et de mon expérience de médecin généraliste (plus de 40 ans d’exercice en cabinet de groupe) et de citoyen, probablement aussi éculés et ressassés ! Malgré la qualité des soins palliatifs (et leur insuffisance dans le pays), un certain nombre de patients qui en ont bénéficié demandent cependant à mourir malgré un entourage bienveillant et chaleureux :
Que dites-vous, que faites-vous à :
Marguerite, 72 ans, qui, sortie la veille d’un excellent service de soins palliatifs, atteinte d’un cancer du côlon multimétastasé me demande de mourir malgré toutes ses perfusions et ses patchs de morphine, tellement elle souffre. Et Axel Kahn que vous citez, hostile à l’euthanasie, rapporte (La Croix, 6 juillet 2021) que ses douleurs ne sont pas maîtrisées : tout malade devait exiger que « sa douleur soit soulagée ». Ce n’est « pas toujours le cas, j’en suis l’illustration ».
Paul, 54 ans, en phase terminale d’une maladie de Charcot qui ne veut mourir ni asphyxié ni intubé.
Fernande, 102 ans, incontinente, quasi aveugle et sourde et qui ne veut plus vivre cette vie qu’elle juge indigne…
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