L'anorexie et l'activité physique, une relation ambiguë
Pages 51 à 59
Citer cet article
- MOSCONE, Anne-Laure,
- LECONTE, Pascale
- et LE SCANFF, Christine,
- Moscone, Anne-Laure.,
- et al.
- Moscone, A.-L.,
- Leconte, P.
- et Le Scanff, C.
https://doi.org/10.3917/sm.084.0051
Citer cet article
- Moscone, A.-L.,
- Leconte, P.
- et Le Scanff, C.
- Moscone, Anne-Laure.,
- et al.
- MOSCONE, Anne-Laure,
- LECONTE, Pascale
- et LE SCANFF, Christine,
https://doi.org/10.3917/sm.084.0051
1 – Introduction
1Les recommandations nationales (PNNS [1], 2011) et internationales (OMS [2], 2010) s’accordent sur l’importance de pratiquer une activité physique régulière afin de se maintenir en bonne santé (e.g., l’équivalent de 30 min de marche rapide par jour, PNNS, 2011). Il est dorénavant admis que l’activité physique modérée et régulière apporte des bienfaits sur les plans physiologique, psychologique et social. Néanmoins, dès lors que la pratique physique s’effectue en excès, c’est-à-dire de manière trop intensive (INSERM, 2008), elle peut s’avérer néfaste pour la santé physique (e.g., traumatismes, blessures) et mentale (e.g., comportement obsessionnel dans la pratique, sensation de fatigue ignorée). Au regard de la littérature, il apparaît que certains publics sont plus sujets que d’autres à pratiquer une activité physique en excès. Nous retiendrons principalement les personnes présentant une forte insatisfaction corporelle, qui auront davantage tendance à pratiquer à outrance une activité physique dans le but de perdre du poids (Furnham, Baldmin, Sneade, 2002 ; Sundgot-Borgen, 1993). On parlera alors d’hyperactivité physique. C’est le cas notamment des personnes anorexiques qui ont souvent recours à l’hyperactivité physique, en plus d’autres comportements compensatoires, tels que la restriction alimentaire, les vomissements ou l’utilisation de laxatifs, afin de contrôler leur poids (Beumont, Arthur, Russell, &Touyz, 1994 ; Davis, 1997 ; Davis &Fox, 1993). D’autre part, les sportifs compétiteurs de haut niveau ou professionnels, de part leur discipline sportive et la recherche de performance, peuvent surinvestir l’activité physique de manière pathologique et aller jusqu’à développer un trouble du comportement alimentaire subclinique, tel que l’anorexie athlétique (Filaire, Rouveix, &Bouget, 2008). On parlera alors de surinvestissement dans la pratique sportive qui, même si elle appartient au champ des activités physiques, se diffère de la pratique physique de part sa notion de codification et de performance dans un contexte de compétition.
2L’objectif de cette revue de littérature sera de discuter la place de la pratique physique dans les troubles du comportement alimentaire : facteur de risque versus moyen de régulation de l’anorexie. Nous verrons dans une première et une deuxième partie, que ces deux fonctionnements pathologiques que sont l’anorexie mentale et l’anorexie athlétique, bien qu’ils aient en commun d’être associés à une pratique physique ou sportive excessive, sont motivés par des buts distincts, à savoir la quête d’un idéal de minceur et la recherche de performance, respectivement (Maugendre, Spitz, & Lanfranchi, 2009).
3Toutefois, l’activité physique pratiquée à bon escient (i.e., encadrée par un professionnel et en adéquation avec les capacités physiques de l’individu ; INSERM, 2008), peut présenter des bénéfices pour certaines pathologies psychiatriques, telles que l’anorexie mentale. Bien que la pratique physique est généralement proscrite dans le traitement thérapeutique de l’anorexie mentale, il s’agira dans une troisième partie, de faire un état des lieux des études interventionnistes, afin de montrer que l’inclusion de l’activité physique dans la prise en charge globale de l’anorexie mentale, peut s’avérer positive dans le processus de guérison, à partir du moment où elle est adaptée aux caractéristiques des patientes. L’anorexie mentale touchant principalement les femmes, le sexe ratio étant en effet de 6 à 10 femmes pour 1 homme (Arthuis & Duche, 2002), nous tenons à préciser que la première et la troisième partie de la présente revue de littérature ne s’intéresseront qu’aux femmes atteintes d’anorexie mentale.
2 – L’hyperactivité physique comme facteur de risque de l’anorexie mentale
4L’hyperactivité physique se définit comme une activité physique excessive, répétitive et sans vrai plaisir, c’està-dire motivée par une volonté de dépenser des calories et d’obtenir un sentiment d’autosatisfaction plutôt que par une recherche de bien être, d’après Beumont, et al., (1994). Le critère retenu pour parler d’hyperactivité est le nombre d’heures d’exercice physique effectuées par semaine. Selon Kohl, Foulon et Guelfi (2004), au-delà de 6 heures de pratique par semaine, soit 1,4 heures en moyenne par jour, une personne peut être considérée en hyperactivité physique. Toutefois, ce critère comporte certaines limites du fait qu’il se réfère à une évaluation subjective, généralement obtenue grâce à des questionnaires, et ne s’appuie donc pas sur une quantification réelle de la durée, de la fréquence et de l’intensité de la pratique. De plus, la littérature manque de précision quant à la nature exacte des activités physiques pratiquées en excès.
5La prévalence de l’hyperactivité physique chez les patientes anorexiques varie d’une étude à l’autre, les chiffres pouvant aller de 40 à 80 % des patientes. Ainsi, selon Shroff, et al., (2006), la prévalence de l’hyperactivité dans l’anorexie mentale est de 39 %, elle est de 42 % pour Klein, Mayer, Schebendach et Walsh (2007), et de 50 % pour Davis et Kaptan (2006). Dans une étude plus ancienne, Davis, Kennedy, Ralevski et Dionne (1994) indiquaient que 78 % de leurs patientes anorexiques hospitalisées avaient eu ou avaient encore une hyperactivité physique, et que 60 % étaient « très sportives ».
6Chez les anorexiques diagnostiquées hyperactives, la pratique physique se décrit comme une routine solitaire, qu’elles doivent accomplir tous les jours, de la même manière et aux mêmes horaires. Elles ne sont pas dans une recherche de plaisir, mais plus dans une notion d’obligation, voire d’addiction à l’activité physique dans un but de perte de poids. Si cette routine se trouve interrompue, elles auront tendance à la recommencer du début, tel un comportement obsessionnel, avec le risque d’augmenter les blessures au regard de leur mauvaise condition physique (Varray, 1988). Il a été montré en effet que les patientes anorexiques hyperactives souffrent souvent d’ostéoporose, de fractures de stress et de lésions articulaires (Creen & Melchior, 2007), en particulier si les exercices sont effectués avec trop d’intensité. De plus, l’activité physique excessive augmente le risque de complications cardio-vasculaires en cas d’anorexie mentale (Tolomio, 2007).
7D’après certains auteurs, l’hyperactivité peut constituer un facteur de risque de l’anorexie mentale. En effet, selon le modèle comportemental explicatif d’Epling et Pierce (1988), la pratique physique régulière provoque une diminution de l’appétit qui elle-même a pour conséquence de diminuer la valeur accordée à la nourriture, ce qui entraîne une restriction alimentaire et une perte de poids. Une diminution importante du poids peut conduire, dans des cas extrêmes, au développement de l’anorexie mentale (Fig. 1).
Modèle comportemental (d’après Epling & Pierce, 1988)
Modèle comportemental (d’après Epling & Pierce, 1988)
8Une question récurrente consiste à se demander ce qui entraîne ce comportement hyperactif chez les personnes les plus vulnérables. Selon la littérature, les facteurs de risque les plus susceptibles de favoriser et entretenir une hyperactivité physique seraient principalement d’ordre socioculturel. Les phénomènes de comparaison sociale (Festinger, 1954) mettent en évidence que les personnes les plus insatisfaites de leur image du corps auront tendance à se comparer à des personnes qu’elles considèrent plus attrayantes qu’elles. On parle de comparaison ascendante. Ainsi, elles internaliseront davantage les normes de minceur liées aux messages sociaux véhiculées par les médias (Rousseau, Rusinek, Valls, & Callahan, 2010), les amenant à mettre en place des comportements compensatoires, tels que la pratique d’exercices physiques intenses et réguliers, afin de se rapprocher au plus près de leur idéal corporel. L’internalisation de l’idéal social de minceur semble ainsi jouer un rôle déterminant dans l’adoption de comportements hyperactifs (Pelletier, Dion & Lévesque, 2004 ; Kiang & Harter, 2006). La sphère familiale et les pairs jouent également un rôle important dans l’adoption d’une pratique physique inadaptée. Les moqueries émanant des pairs ou de la famille peuvent engendrer chez certains, un mal être physique qui peut les conduire à pratiquer une activité physique, soit dans un but de perte de poids ou pour se prouver que ces moqueries ne sont pas fondées (Keery, Van den Berg, & Thompson, 2004). Enfin, dans une approche liée au domaine sportif, le plaisir de certains parents à voir leur enfant s’épanouir dans une activité physique peut entraîner un engouement excessif chez ce dernier, le poussant à aller toujours plus loin dans sa pratique afin de procurer de la satisfaction à ses parents et ainsi à lui-même (Beumont, et al., 1994). À l’inverse, des parents trop sédentaires peuvent provoquer chez leur enfant un comportement réactionnel le poussant à pratiquer en excès une activité physique (Kohl, et al., 2004). Ces trois formes d’influence (i.e., sociale, familiale et paire) peuvent susciter un surinvestissement dans la pratique physique, qui sera dans les cas les plus sévères combiné à la mise en place d’un régime alimentaire restrictif pouvant engendrer le développement d’un trouble du comportement alimentaire (TCA). En résumé, on peut considérer que la comparaison sociale relative à l’apparence et l’internalisation de l’idéal de minceur constituent les deux mécanismes sous-jacents de la relation entre les influences socioculturelles et l’insatisfaction corporelle, l’hyperactivité et les TCA.
9Toutefois, des motivations supplémentaires peuvent expliquer le développement d’une hyperactivité physique. C’est le cas notamment dans le domaine sportif, où en réponse à un désir de performance, certains individus peuvent augmenter leur pratique sportive et modifier leur comportement alimentaire en conséquence.
3 – Le cas de l’anorexie athlétique
10L’anorexie athlétique se décrit comme un trouble du comportement alimentaire secondaire à une activité sportive pratiquée de façon excessive (Powers, Schocken, & Boyd, 1998 ; Sudi, et al., 2004). Elle se caractérise par une perte de poids consciente dans un but de performance, selon un processus global de planification d’entraînement de l’athlète. Le corps est ainsi instrumentalisé et doit se soumettre aux exigences de la discipline sportive. Cette forme de TCA est dite subclinique du fait (i) qu’elle ne répond pas à tous les critères diagnostiques de l’anorexie mentale, tels qu’ils sont définis dans le DSM-IV, (ii) qu’elle n’est pas liée à des problèmes psychiques, (iii) qu’elle n’est pas associée à une perturbation de l’image du corps, contrairement à l’anorexie mentale (Beim & Stone, 1995), ainsi (iv) que de part sa réversibilité lors de l’arrêt de la carrière sportive (Sudi, et al., 2004). Trois symptômes majeurs regroupés sous l’appellation de « triade de la femme athlète » permettent de dépister l’anorexie athlétique (Coelho, et al., 2013). Il s’agit (i) du trouble alimentaire, pouvant aller de la restriction à la boulimie, (ii) du trouble du cycle menstruel ou aménorrhée (e.g., primaire ou secondaire selon l’apparition des premières règles), et (iii) de l’abaissement de la masse osseuse, pouvant aller jusqu’à de l’ostéoporose (Portmann & Giusti, 2009). Selon la littérature spécifique au domaine sportif, il existe aussi une anorexie appelé « anorexie inversée » ou « dysmorphie musculaire », qui se caractérise par une minceur subjective de la masse musculaire. Selon Pope, et al., (1997), cette forme d’anorexie touche majoritairement les athlètes hommes qui cherchent à prendre en masse maigre quels que soient les risques encourus pour leur santé.
11En termes de prévalence concernant l’anorexie athlétique, la littérature reste assez incertaine. Selon Warren, Stanton, et Blessing (1990), 15 à 65 % des jeunes filles et 5 à 15 % des jeunes garçons ayant une pratique sportive régulière seraient concernés par ce TCA subclinique. Pour Johnson, Powers et Dick (1999), les pourcentages varient entre 1 et 62 % pour les sportives et entre 0 et 57 % pour les sportifs. Filaire, Rouveix, Bouget et Pannafieux (2007) ont évalué la prévalence des TCA chez une population sportive française (ayant une pratique sportive moyenne de 15 heures par semaine de type cyclisme, judo, gymnastique rythmique, natation synchronisée et basket-ball) comparée à une population sédentaire (ayant une pratique sportive moyenne de 2 heures par semaine). Les résultats montrent que pour 40 % des judokates, 46 % des cyclistes féminines et 44 % des gymnastes et nageuses, la perte de poids serait liée aux pressions qu’elles subiraient de la part de leur entraîneur ou de leurs coéquipiers. Une étude complémentaire réalisée auprès de 33 adolescentes pratiquant de la natation synchronisée à raison de 24 heures par semaine (Ferrand, Magnan, Rouveix, & Filaire, 2007), montre que 54,5 % des nageuses pensent être en surpoids et voudraient perdre en moyenne 3.40 kg. Parmi ces 33 nageuses, 24 % se font vomir, 24,2 % pratiquent le jeûne, 15,3 % prennent des diurétiques, et 3,3 % prennent des laxatifs. De plus, 54,5 % disent faire des diètes entre cinq à dix fois par an et 51,1 % se pèsent plusieurs fois par semaine. Ces différents résultats montrent clairement que certaines athlètes peuvent présenter des caractéristiques apparentées à une forme d’anorexie. Le type de discipline sportive est également à prendre en compte, certaines disciplines étant en effet considérées comme plus à risque que d’autres de développer un TCA chez les pratiquantes (pour revue, voir Scoffier & d’Arripe-Longueville, 2012). Il peut s’agir, d’une part de disciplines à visée esthétique, pour lesquelles la minceur représente une norme corporelle considérée comme nécessaire, telles la gymnastique, le patinage ou encore la danse (Garner & Garfinkel, 1997 ; Sundgot-Borgen, 1996). L’étude de Filaire, et al., (2007) révèle en effet que les sportives pratiquant une discipline artistique ont un indice de masse corporelle significativement inférieur à celui de sportives pratiquant une discipline non artistique. Il s’agit d’autre part, de disciplines où la minceur est souvent associée à la performance, et où les athlètes les plus lourds sont perçus comme trop lents. C’est le cas des sports d’endurance et des sports à catégories de poids, comme le culturisme, la boxe ou le judo (Torstveit & Sundgot-Borgen, 2005). Dans ces derniers, il n’est pas rare de constater des périodes de jeûne total entrecoupées de diètes, afin d’entreprendre des « périodes de séchage » visant une perte de poids considérable en un minimum de temps (Biesecker & Martz, 1999 ; Sundgot-Borgen, 1994 ; Sundgot-Borgen & Tortveit, 2004). De manière plus générale, le déséquilibre alimentaire dû à la fréquence et à la charge horaire des surentrainements, mais également aux aliments bannis, car jugés trop riches, pourrait devenir une norme lorsque la restriction commence tôt dans la vie du sportif (Afflelou, et al., 2004). Nous constatons, au regard de ces différents résultats, que dans certaines disciplines sportives spécifiques, un grand nombre d’athlètes peut être tenté d’adopter des comportements alimentaires non adaptés pour la santé. Ce genre de fonctionnement déviant peut les conduire à terme à développer un TCA subclinique ou plus spécifiquement une anorexie athlétique.
12Les travaux de Petrie et Greenleaf (2007) ont permis de définir six facteurs psychosociaux prédicteurs des TCA subcliniques dans le milieu sportif. Il en ressort que la pression du milieu sportif, la pression sociale, l’internalisation des normes sociales, l’insatisfaction corporelle, les affects négatifs et les comportements modélisés par les pairs et la famille sont, les plus à même d’expliquer les désordres alimentaires chez le sportif (Scoffier, 2010). Certains de ces facteurs joueraient aussi un rôle dans le développement de l’anorexie mentale, comme nous l’avons vu précédemment. Brustad, Babkes, et Smith (2001) expliquent notamment que les parents sont les acteurs principaux quant à l’initiation de leur(s) enfant(s) dans une pratique sportive. Les perceptions et jugements portés sur leur enfant reflètent, aux yeux de l’enfant, ses propres compétences, affects et orientations motivationnelles. Les pressions de l’environnement professionnel (i.e., juges, coaches, dirigeants) peuvent aussi conduire à la mise en place de stratégies de perte de poids. Selon Sungot-Borgen (1994), l’entraîneur est perçu comme un élément clé dans la vie d’un athlète. Au travers de son étude, il rapporte que 67 % des athlètes ont reçu de leur entraineur la demande d’entreprendre un régime, voire une diète alimentaire afin d’améliorer leur performance. Ainsi, les pressions sociales explicites et implicites de la part des parents et des entraineurs, sont susceptibles de développer chez le jeune sportif un trouble alimentaire.
13D’autres études mettent davantage en cause les modalités de pratique sportive dans le développement d’un TCA subclinique chez les sportifs, telles que la fréquence et la charge des entraînements, le commencement prématuré d’un entraînement spécifique, la restriction alimentaire conseillée, les blessures (Beals & Manore, 2002 ; Sundgot-Borgen, 1994). Toutefois, il convient de relativiser l’impact de ces différents facteurs, certains travaux révélant en effet des résultats contradictoires. L’étude d’Augestat, Saether et Gotestam (1999) menée auprès de 600 étudiantes athlètes et non athlètes n’a montré aucune corrélation entre les désordres alimentaires, le niveau et le temps de pratique sportive en compétition. Au regard de ces différents constats, nous pouvons considérer que la vulnérabilité de l’athlète face aux pressions sociales et/ou spécifiques à sa discipline sportive (Byrne & McLean, 2001) constitue le facteur explicatif le plus probant dans le développement d’un TCA subclinique. Toutefois, Filaire, et al., (2008) apporte un éclairage différent supposant que la pathologie ne serait pas systématiquement induite par le contexte sportif. En effet, ces auteurs postulent que certains individus attirés vers des disciplines sportives considérées comme les plus à risque, ont déjà une prédisposition à un TCA. Notamment, l’aspect pré-pubère entretenu par les entraînements et encouragé dans certaines disciplines comme la gymnastique rythmique ou la danse classique, peuvent « séduire » les jeunes filles à tendance anorexique, leur permettant de masquer, voire légitimer leur trouble alimentaire (Affelou, et al., 2004). À notre connaissance, la littérature reste insuffisante pour confirmer ce postulat. Il reste ainsi difficile de déterminer si l’anorexie athlétique est préexistante à la pratique sportive ou si elle en constitue une conséquence.
14Ces deux premières parties mettent en avant les effets néfastes sur la santé que peut induire l’activité physique ou sportive pratiquée en excès. Plus que la nature de l’activité physique en elle-même, il convient de remettre en cause la manière dont elle est pratiquée. Toutefois, au regard d’observations cliniques, il apparaît que les activités physiques, quand elles sont pratiquées de façon adaptée, peuvent contribuer au bien-être physique et mental d’autrui.
4 – Les activités physiques dans le traitement thérapeutique de l’anorexie mentale
15Les effets bénéfiques des activités physiques et sportives sur la santé physique, mentale et sociale sont maintenant connus depuis quelques décennies. De nombreux auteurs s’accordent à dire que l’exercice physique régulier permet une amélioration de la condition physique avec notamment une diminution des douleurs chroniques, de l’obésité, de l’ostéoporose et de l’insomnie (Stice & Risk, 2002 ; Stice & Shaw, 2004), mais aussi une baisse des complications cardiaques ou de certains cancers (OMS, 2010). Sur le plan psychologique, la pratique physique permet une amélioration de l’estime globale de soi, ainsi qu’une diminution de la dépression, de l’anxiété, des changements d’humeur et de l’insatisfaction corporelle (Hausenblas & Fallon, 2002). Enfin, la pratique physique apporte des bénéfices sociaux de part l’interaction avec autrui (Paluska & Schwenck, 2000). Ces effets observés chez la population générale, mais également dans certaines maladies psychiatriques (Taylor, 2000 ; Tordeurs, Janne, Appart, Zdanowicz, & Reynaert, 2011) devraient se retrouver dans une population atteinte d’anorexie mentale.
16Plusieurs auteurs s’accordent à dire que les activités physiques, dans le domaine de la santé mentale, peuvent être considérées comme un moyen psychothérapeutique complémentaire (Biddle & Mutrie, 2001 ; Martinsen, 1994). Plus spécifiquement, Hausenblas, Cook et Chittester (2008) proposent un modèle présentant les bienfaits bio-psycho-sociaux de la pratique régulière d’activité physique dans le traitement thérapeutique des TCA. Selon ces auteurs, sur le plan physiologique, l’activité physique régulière permet, entre autre, de diminuer les tensions musculaires et les sensations inconfortables de ballonnement induites par la reprise alimentaire (Fossati, et al., 2004), les problèmes de sommeil (e.g., insomnie, réveil nocturne) et certaines douleurs chroniques (Stice, 2002 ; Stice & Shaw, 2004). Sur le plan psychologique, l’activité physique a des effets positifs sur le niveau d’estime de soi et sur l’image du corps, mais aussi sur la réduction des humeurs négatives, des niveaux dedépression, d’anxiété et de stress des patientes atteintes d’un TCA (Hausenblas & Fallon, 2002 ; Landers & Arent, 2003 ; Probst, 2005). Enfin, sur le plan social, les activités physiques permettent une amélioration des relations sociales chez les anorexiques (Carron, Hausenblas, & Mack, 1996). La pathologie les conduisant dans une forme d’isolement social, les activités physiques peuvent en effet leur permettre de reconstruire des relations avec autrui.
17Néanmoins, la prescription d’un programme d’activité physique dans le traitement thérapeutique des TCA ne va pas de soi, et sa mise en place se doit d’être contrôlée et clairement établie, que ce soit au niveau de la nature des activités physiques proposées, que de leur intensité, fréquence ou durée. Ainsi, il convient d’adopter des modalités de pratique physique les plus adaptées aux patientes atteintes de TCA, tout en restant en phase avec les objectifs préconisés par l’institution de prise en charge.
18Dans le domaine clinique, il est reconnu par le personnel soignant que de nombreuses patientes anorexiques, pour lesquelles toute pratique physique est proscrite, en font quand même, au risque d’aggraver leur état de santé. La pratique excessive de l’activité physique risquant d’induire des effets dévastateurs, il est essentiel d’adopter un comportement raisonnable et modéré dans ce domaine. Le but premier des activités physiques est alors de contrôler l’hyperactivité des patientes, c’est-à-dire de la moduler en une activité physique raisonnée, basée sur des mouvements planifiés et exécutés de façon adaptée. Ainsi, l’intérêt des activités physiques réside essentiellement en un retour à un style de vie le plus « normal » possible, où l’activité physique ne doit plus être perçue par les patientes comme un moyen de perdre du poids, mais plus comme un moyen de se faire plaisir et de restaurer l’image de soi.
19C’est pourquoi, depuis plus de 20 ans maintenant, différents programmes d’intervention en activité physique ont été menés auprès de patientes anorexiques, afin de démontrer les bénéfices associés à une pratique physique encadrée. Dès 1987, Vandereycken, Depreitere, et Probst, après quatre années d’expérimentation d’une thérapie par le corps (« body–oriented therapy »), mettent en avant les effets bénéfiques d’un programme de psychomotricité essentiellement basé sur du mouvement dansé pour des patientes anorexiques. Leurs conclusions basées sur des observations, indiquent qu’au fur et à mesure de l’avancée du programme, les patientes ont su prendre du plaisir dans le relâchement musculaire, et l’exprimer verbalement. Les séances leur ont permis de se libérer et d’exprimer sans retenue leurs émotions. Dans cette lignée d’investigations, plusieurs auteurs se sont intéressés au rôle des activités physiques dans les troubles de l’image du corps, ces derniers représentant un des principaux critères diagnostiques de l’anorexie mentale (APA, 1994). Vendereycken, Probst, et Meermann (1988) avancent que le Yoga, le Tai-chi, la danse et l’utilisation du miroir dans le traitement thérapeutique des patientes atteintes d’un TCA, sont autant de méthodes complémentaires permettant aux patientes d’apprendre à accepter leur corps. Krueger et Schofield (1986) ainsi que Rice, Hardenberg et Hornyaak (1989) ont notamment mis en place des interventions en danse thérapie visant à travailler spécifiquement les troubles de l’image du corps dans l’anorexie mentale. Leurs observations reposent sur la capacité des patientes à prendre conscience de leur corps et à extérioriser leurs ressentis. Il devient alors possible pour ces dernières d’exprimer, par le biais de chorégraphies, des patterns familiers à leur vie de tous les jours et à y associer des émotions sans pour autant les verbaliser. L’intérêt est alors d’utiliser le corps, souvent rejeté par les personnes atteintes d’anorexie mentale, comme outil de communication et d’expression et à le valoriser (Krantz, 1999). Ces observations vont dans le sens de celles avancées par Jasper et Maddocks (1992), qui expliquent que l’utilisation de méthodes du type relaxation, imagerie mentale ou massages contribuent à mieux appréhender son corps et à l’accepter. Dans le même registre, Laumer (1997) a testé l’effet d’un programme basé sur la méthode Feldenkrais chez 15 femmes anorexiques pratiquantes comparées à 15 femmes anorexiques sédentaires. Leur programme se composait de neuf sessions réparties sur cinq semaines. Les résultats ont montré un effet significatif du programme sur la satisfaction du corps chez les anorexiques pratiquantes. L’étude de Tolomio (2007), centrée sur les effets bénéfiques que peut apporter l’activité physique dans le traitement thérapeutique de patientes anorexiques en ambulatoire, a montré qu’un programme d’activité physique permettait entre autre, une prise de conscience du corps, ainsi qu’une meilleure acceptation de son image corporelle.
20Carraro, Cognolato et Bernadis (1998) ont, quant à eux, proposé un programme d’activité physique adaptée à des patientes anorexiques, dont les objectifs principaux étaient d’ordre somatique (i.e., amélioration de la condition physique et de la posture), sociale (i.e., prise de conscience que la communication peut transparaître par le corps et les attitudes) et éducatif (i.e., encourager les patientes à se construire une image objective de leur corps). Leurs résultats (i.e., basés sur des discussions avec les participantes et des retours vidéo) ont permis de mettre en évidence un intérêt chez les patientes pour la pratique d’une activité physique contrôlée, perçue par elles comme un moyen d’accepter les changements physiques induits par leur hospitalisation et par la reprise de poids.
21Plus spécifiquement, Beumont, et al., (1994) ont mis en place un des premiers programmes d’activité physique supervisé basé sur du stretching, de la souplesse, du travail de gainage, de la musculation, des sports collectifs et des exercices d’aérobie. Bien qu’aucune évaluation formelle n’ait été entreprise, les résultats montrent une meilleure acceptation de la prise de poids induite par l’hospitalisation, une normalisation des repas, et une augmentation de la relation de confiance entre les patientes et le personnel soignant.
22Thien, et al., (2000) ont testé la validité scientifique d’un programme d’exercices physiques ciblés pour des patientes en sortie d’hospitalisation sur la reprise de poids et la qualité de vie. Seize patientes anorexiques divisées en deux groupes (i.e. un groupe expérimental et un groupe contrôle) ont participé à cette étude. Le groupe expérimental pratiquait les exercices ciblés à raison de deux à trois séances par semaines pendant trois mois. Les résultats montrent pour les deux groupes, une augmentation de l’IMC (avec la prise de 1 kg en moyenne, pour le groupe expérimental et 0,8 kg pour le groupe contrôle), une augmentation du pourcentage de masse grasse (0,9 % pour le groupe expérimental et 0,5 % pour le groupe contrôle) ainsi qu’une amélioration de la qualité de vie chez le groupe expérimental. Même si ces résultats ne sont pas significatifs sur le plan statistique, cette étude appuie les observations antérieures et montre que les activités physiques constituent un moyen thérapeutique non négligeable pouvant contribuer au processus de guérison chez des patientes anorexiques.
5 – Conclusion
23Au regard de cette revue de littérature, il apparaît que la pratique physique, selon la manière dont elle est effectuée et les buts qui la motivent, n’aura pas le même impact sur la santé. Pratiquée de façon adaptée, l’activité physique peut présenter des effets bénéfiques multiples, tandis que pratiquée en excès, elle peut s’avérer néfaste pour la santé de tout individu. Toutefois, il reste difficile d’identifier la nature exacte du lien entre activité physique et anorexie mentale étant donné le peu d’investigations scientifiques menées dans ce champ. Nous avons pu constater en effet que, selon les prédispositions de chacun, la spécificité de la discipline, les pressions vécues, mais également le comportement et les intentions du pratiquant, ce lien diffère. Ainsi, une même pratique physique peut être, en fonction des situations et des individus, un facteur de risque ou un moyen thérapeutique dans les TCA. Nous retiendrons ici que certaines activités physiques adaptées aux capacités de l’individu peuvent être envisagées comme un soin complémentaire à la prise en charge de l’anorexie mentale. Beumont, et al., (1994) stipulent notamment que la pratique du yoga, du Tai-chi ou du mouvement dansé, apparaissent comme les activités physiques les plus adaptées aux problématiques des patientes anorexiques. Par ailleurs, bien que les modalités de pratique soient peu renseignées par la littérature, nous pouvons préconiser qu’une mise en place d’activités physiques d’intensité faible à modérée, à raison de deux à trois séances d’une heure par semaine sur une durée minimum de trois à six mois et menée par un spécialiste des activités physiques adaptées, permettrait de constituer un complément au soin thérapeutique de l’anorexie mentale (Moscone, Leconte, & Le Scanff, 2011).
Bibliographie
- Afflelou, S., Duclos, M., & Simon, S. (2004). Quels liens entre pratiques sportives et troubles du comportement alimentaire ? Médecine du sport/Psychiatrie, 33, 1601–1605.
- American Psychiatric Association (1994). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (4th Eds DSM-IV TM). Washington DC, American Psychiatric Association.
- Arthuis, M., & Duche, D.J. (2002). Diagnostic et traitement des troubles des conduites alimentaires des adolescents : anorexie mentale et boulimie nerveuse. Bulletin de l’Académie National de Médecine. Paris, Académie de Médecine, 8 p.
- Augestat, L., Saether, B., & Gotestam, K. (1999). The relationship between eating disorders and personality in physically active women. Scandinavian Journal of Medicine Sciences in Sports, 12, 304–312.
- Beals, K.A., & Manore, M.M. (2000). Behavioral, psychological and physical characteristics of female athletes with subclinical eating disorders. International Journal of Sport Nutrition e4 Exercise Metabolism, 1, 128–143.
- Beim, G., Stone, D.A. (1995). Sports medicine issues in the female athlete. Orthopedic Clinics of North America, 2, 6, 443–448.
- Beumont, P.J., Arthur, B., Russell, J.D., & Touyz, S.W. (1994). Excessive physical activity in dieting disorder patients : Proposals for a supervised exercise program. International Journal of Eating Disorders, 15, 21–36.
- Biddle, S.J.H. & Mutrie, N. (2001). Psychology of physical activity : Determinants, well-being and interventions. London : Routledge.
- Biesecker, A., & Martz, D. (1999). Impact of coaching style on vulnerability for eating disorder : An analog study. Eating Disorders : Journal of Treatment and Prevention, 7, 235–244.
- Brustad, R., Babkes, M.L., & Smith, A.L. (2001). Youth in sport : Psychological considerations. In R.N., Singer, H.A., Hausenblas, & C.M., Janelle, Handbook of Sport Psychology (2nd ed.) (pp. 604–633). New York : Wiley.
- Byrne, S., & McLean, N. (2001). Eating disorders in athletes : A review of the literature. Journal of Science Medical in Sport, 4, 145–159.
- Carraro, A., Cognolato, S., & Bernardis, A.L. (1998). Evaluation of a program of adapted physical activity for ED patients. Eating Weight Disorders, 3 (3), 110–114.
- Carron, A., Hausenblas, H., & Mack, D. (1996). Social influence and exercise : a meta-analysis. Journal of Sport Exercise Psychology, 18, 1–16.
- Coelho, G.M., Farias, M.L., Mendonça, L.M., Mello, D.B., Lanzillotti, H.S., Ribeiro, B.G., & Soares, E.D. (2013). The prevalence of disordered eating and possible health consequences in adolescent female tennis players from Rio de Janeiro Brazil. Appetite, 11, 39–47.
- Creen, P, & Melchior, J.C. (2007). Bilan somatique et critères de gravité dans l’anorexie mentale. Nutrition clinique et métabolisme, 21, 155–158.
- Davis, C. (1997). Eating disorders and hyperactivity : A psychobiological perspective. Canadian Journal of Psychiatrie, 42, 168–175.
- Davis, C., & Fox, J. (1993). Excessive exercise and weight preoccupation in women. Addictive Behaviors, 18, 201–211.
- Davis, C., Kennedy, S.H., Ralevski, E., & Dionne, M. (1994). The role of physical activity in the development and maintenance of eating disorders. Psychological Medicine, 24, 359–367.
- Davis, C., & Kaptan, S. (2006). Anorexia Nervosa with excessive exercise : a phenotype with close links to obsessive-compulsive disorders. Psychiatry Research, 142, 209–217.
- Epling, W.F, & Pierce, W. (1988). Activity-based anorexia : a biobehavioral perspective. International Journal of Eating Disorders, 7, 475–485.
- Ferrand, C., Magnan, C., Rouveix, M., & Filaire, E. (2007). Disordered eating, perfectionism and body-esteem of elite synchronized swimmers. European Journal of Sport Science, 7 (4), 223–230.
- Festinger, L. (1954). A theory of social comparison. Human Relations, 7, 117–140.
- Filaire, E., Rouveix, M., & Bouget, M. (2008). Troubles du comportement alimentaire chez le sportif. Science & Sports, 23, 49–60.
- Filaire, E., Rouveix, M., Bouget, M., & Pannafieux, C. (2007). Prévalence des troubles du comportement alimentaire chez le sportif. Science & Sports, 22, 135–142.
- Fossati, M., Amati, F., Painot, D., Reiner, M., Haenni, C., & Golay, A. (2004). Cognitive-behavioral therapy with simultaneous nutritional and physical activity education in obese patients with binge eating disorder. Eating Weight Disorders, 9, 134–138.
- Furnham, A., Baldmin, N., & Sneade, I. (2002). Body image dissatisfaction : gender differences in eating attitudes, self-esteem, and reasons for exercise. The Journal of Psychology, 136 (6), 581–596.
- Garner, D.M., & Garfinkel, P.E. (1997). Handbook of treatment for eating disorders (2nd ed.) New York : The Guilford Press.
- Hausenblas, H.A., & Fallon, E.A. (2002). Relationship among body image, exercise behavior, and exercise dependence symptoms. International Journal of Eating Disorders, 32, 179–185.
- Hausenblas, H.A., Cook, B.J., & Chittester, N.I. (2008). Can exercise treat eating disorders ? Exercise and Sport Science Reviews, 36 (1), 43–47.
- Institut National de la Santé et Recherche Médicale (INSERM). (2008). Activité Physique. Contextes et effets sur la santé. Expertise collective (811 p.). Paris : ISERM.
- Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé (INPES). (2004). L’activité physique au quotidien protège votre santé http://www.inpes.sante.fr/70000/dp/04/dp0402111.pdf, page consultée le 03/12/2012.
- Jasper, K., & Maddocks S.E. (1992). Body image groups. In H., Mackenzie & K.R., Harper-Giuffre (Eds), Group psychotherapy for eating disorders (pp. 181–99). Washington DC : American Psychiatric Press.
- Johnson, C., Powers, P.S., & Dick, R. (1999). Athletes and eating disorders : the national collegiate athletic association study. International Journal of Eating Disorders, 26, 179–188
- Keery, H., van den Berg, P., & Thompson, J.K. (2004). The tripartite theory of body image and eating disturbance. Body Image : An International Journal of Research, 1, 237–251.
- Kiang, L. & Harter, S. (2006). Sociocultural values of appearance and attachment processes : An integrated model of eating disorders symptomatology. Eating Behaviors, 7, 134–151.
- Klein, A.D, Mayer, L.E.S., Schebendach, J.E., & Walsh, B.T. (2007). Physical activity and cortisol in anorexia nervosa. Psychoneuroendocrinology, 32, 539–547.
- Kohl, M., Foulon, C.,& Guelfi, J.D. (2004). Aspects comportementaux et biologiques de l’hyperactivité dans l’anorexie mentale. L’encéphale, 30, 492–499.
- Krantz, A.M. (1999). Growing into her body : Dance / movement therapy for women with eating disorders. American Journal of Dance Therapy, 21 (2), 80–103.
- Krueger, D.W., & Schofield, E. (1986). Dance-movement therapy of eating disordered patients : A model. Arts in Psychotherapy, 13, 323–331.
- Landers, D., & Arent, S. (2003). Physical activity and mental health. In R.N., Singer, H.A., Hausenblas, & C.M. Janelle, (Eds.), The Handbook of Sport Psychology (pp. 740–765). New York : John Wiley.
- Laumer, U. (1997). Therapeutic effects of the Feldenkrais method awareness through movement in patients with eating disorders. Psychotherapy, Psychosomatic Medicine and Psychology, 47, 170–180.
- Martinsen, E.W. (1994). Physical activity and depression : clinical experience. Acta Psychiatrica Scandinavica Suppl, 377, 23–27.
- Maugendre, M., Spitz, E., & Lanfranchi, J.B. (2009). Étude longitudinale des effets de la motivation sportive sur les troubles des conduites alimentaires chez les adolescentes. L’évolution psychiatrique, 74, 430–444.
- Ministère du travail de l’emploi et de la santé. (2011) Programme national nutrition santé 2011–2015, http://www.sante.gouv.fr/programme-national-nutrition-sante2011-2015.html, page consulté le 03.02.2013.
- Moscone, A.L., Leconte, P., & Le Scanff, C. (2011). Perception de soi et activité physique adaptée dans l’anorexie mentale. Science & Sports, 26, 225–228.
- Organisation Mondiale de la Santé (2010). Recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé, http://www.who.int, page consultée le 03/12/2012.
- Paluska, S.A, & Schwenck, T.L. (2000). Physical Activity and mental health : current concepts. Sport Medicine, 29 (3), 167–178.
- Pelletier, L.G., Dion, S., & Lévesque, C. (2004). Can self-determination help protect women against sociocultural influences about body image and reduce their risk of experiencing bulimic symptoms ? Journal of Social and Clinical Psychology, 23, 61–88.
- Petrie, T.A., & Greenleaf, C.A. (2007). Eating disorders in sport : From theory to research to intervention. In G., Tenenbaum (Eds), Handbook of Sport Psychology, (3rd ed.) (pp. 352–378). Hoboken, New Jersey : Wiley.
- Pope, H.G., Gruber, A.J., Choi, P.Y., Olivardia, R., Phillips, K.A. (1997). Muscle dysmorphia : an underrecognized form of body dysmorphic disorder. Psychosomatics, 38, 548–57.
- Portmann, L., & Giusti, V. (2009). Triade de la femme sportive. Revue Médicale Suisse, 5, 1555–1559.
- Powers, P., Schocken, D., & Boyd, F. (1998). Comparison of habitual runners and anorexia nervosa patients. International Journal of Eating Disorders, 23, 133–143.
- Probst, M. (2005). The body experience in eating disorders : Research & Theory. European Bulletin of Adapted Physical Activity, 4 (1).
- Rice, J.B., Hardenberg, M., & Hornyaak, L.M. (1989). Disturbed body image in anorexia nervosa : Dance– movement therapy intervention. In L.M., Hornyak & E.D., Baker (Eds.), Experiential therapies for eating disorders (pp. 252–278). New York : Guildford Press.
- Rousseau, A., Rusinek, S., Valls, M., & Callahan, S. (2010). Influences socioculturelles médiatiques et insatisfaction corporelle chez les adolescentes françaises. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 59 (3), 163–168.
- Scoffier, S., Maïano, C., & d’Arripe-Longueville, F. (2010). The Effects of Social Relationships and Acceptance on Disturbed Eating Attitudes in Elite Adolescent Female Athletes : The Mediating Role of Physical Self-perceptions. International Journal of Eating Disorders, 43, 65–71.
- Scoffier, S., & d’Arripe-Longueville, F. (2012). Facteurs psychosociaux des attitudes alimentaires déséquilibrées en contexte sportif : une revue de littérature. Science & Motricité, 76, 47–57.
- Shroff, H., Reba, L., Thornton, L.M., Tozzi, F., Klump, K.L., Berrettini, W.H., et al. (2006). Features associated with excessive exercise in women with eating disorders. International Journal of Eating Disorders, 39, 454–461.
- Stice, E. (2002). Risk and maintenance factors for eating pathology : A meta-analytic review. Psychological Bulletin, 128, 825–848.
- Stice, E., & Shaw, H. (2004). Eating disorder prevention programs : A meta-analytic review. Psychological Bulletin, 130, 206–227.
- Sudi, K., Öttl, K., Payerl, D., Baumgartl, P., Tauschmann, K., & Müller, W. (2004). Anorexia athletica. Nutrition, 20, 657–661.
- Sundgot-Borgen, J. (1993). Prevalence of eating disorders in elite female athletes. International Journal of Sport Nutrition, 3, 29–40.
- Sundgot-Borgen, J., & Torstveit, M.K. (2004). Prevalence of eating disorders in elite athletes is higher than in the general population. Clinical Journal of Sport Medicine, 14, 25–32.
- Sundgot-Borgen, J. (1996). Eating disorders, energy intake, training volume, and menstrual function in high-level modern rhythmic gymnasts. International Journal of Sport and Nutrition, 6, 100–109.
- Sundgot-Borgen, J. (1994). Risk and trigger factors for the development of eating disorders in female elite athletes. Medecine and Science in Sports and Exercises, 26, 414–419.
- Taylor, A. (2000). Physical activity, anxiety and stress. In : S., Biddle, K., Fox, & S., Boutcher, (Eds.), Physical activity and psychological well-being, (pp. 10–45). Routledge : London.
- Thien, V.A., Thomas, D. Markin, & Birmingham C. (2000). Pilot study of a graded exercise program for the treatment of anorexia nervosa. International Journal of Eating Disorders, 28, 101–106.
- Tolomio S. (2007). Retrouver l’estime de soi. Sciences et Recherche, 9 (5), 26–28.
- Tordeurs, D., Janne, P., Appart, A., Zdanowicz, N., & Reynaert, C. (2011). Efficacité de l’exercice physique en psychiatrie : une voie thérapeutique ? L’Encéphale, 37 (5), 345–352.
- Torstveit, M.K., & Sundgot-Borgen, J. (2005). The female athlete triad exists in both elite athletes and controls. Medicine Science in Sports and Exercises, 37 (9), 1449-1459.
- Vandereycken, W., Probst, M., & Meermann, R. (1988). An experimental video-confrontation procedure as a therapeutic technique and a research tool in the treatment of eating diosorders. In K.M. Pirke, W. Vandereycken, & D. Ploog (ed.), The psychobiology of bulimia nervosa (pp. 172–178). Berlin : Springer.
- Vandereycken, W., Depreitere, L., & Probst, M. (1987). Body-oriented therapy for anorexia nervosa patients. American Journal of Psychotherapy, 41 (2), 252–259.
- Varray, A. (1988). Rôle d’une pratique physique adaptée sur la problématique de la représentation de soi et de l’image du corps. STAPS, 18, 33–45.
- Warren, B.J., Stanton, A.L., & Blessing, D.L. (1990). Disordered eating patterns in competitive female athletes. International Journal of Eating Disorders, 9, 565–572.
Mots-clés éditeurs : activité physique adaptée, anorexie athlétique, anorexie mentale, hyperactivité, insatisfaction corporelle, santé
Date de mise en ligne : 20/08/2014
https://doi.org/10.3917/sm.084.0051