Article de revue

Sélection thématique

Pages 350 à 358

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(2005). Sélection thématique. Natures Sciences Sociétés, . 13(3), 350-358. https://stm.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2005-3-page-350?lang=fr.

« Sélection thématique ». Natures Sciences Sociétés, 2005/3 Vol. 13, 2005. p.350-358. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2005-3-page-350?lang=fr.

2005. Sélection thématique. Natures Sciences Sociétés, 2005/3 Vol. 13, p.350-358. URL : https://stm.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2005-3-page-350?lang=fr.

Agriculture

Agriculture dépendante et agriculture durable : la PAC et les plateaux du sud-est du Bassin parisien, Geneviève Pierre, Publications de la Sorbonne, 2004, 328 p., 32 €

1Dans le cadre de la « politique agricole commune », le livre analyse le devenir de l’agriculture pratiquée sur les plateaux de Bourgogne, de Langres et du Barrois. S’appuyant sur des études statistiques, des informations collectées auprès des différents organismes institutionnels, mais aussi sur des enquêtes menées auprès des agriculteurs eux-mêmes, l’auteur montre que, malgré une dépendance à la fois économique, politique et administrative d’un système de production longtemps rigide et limité dans ses rendements, des tentatives existent pour créer une « agriculture durable », raisonnée, davantage territorialisée et à plus forte valeur ajoutée, articulant les logiques du développement agricole et celles du développement rural local.

Agricultures et paysanneries des tiers mondes, Marc Dufumier, Karthala, 2004, 598 p., 32 €

2Contrairement à une idée trop souvent répandue, les systèmes de culture et d’élevage mis en œuvre aujourd’hui par les paysanneries du « Sud » ne sont ni « archaïques » ni condamnés à l’immobilisme. Cet ouvrage vise précisément à présenter et expliquer la diversité des conditions et modalités de transformation de l’agriculture dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Il s’attache à montrer comment les différentes agricultures pratiquées de nos jours sont chacune le produit d’une longue histoire, au cours de laquelle les paysans ont fait montre d’une grande capacité de création et d’innovation, dans des environnements écologiques et socio-économiques relativement hostiles.

Animal et société

L’Animal singulier, Dominique Lestel, Le Seuil, 2004, 144 p., 16 €

3Notre conception de la différence entre l’homme et l’animal est en train de changer radicalement, à la lumière des recherches les plus récentes. Des questions nouvelles émergent, iconoclastes autrefois, incontournables aujourd’hui : l’animal est-il un sujet ? Est-il une personne ? Contrairement à ce que croient les tenants de la thèse positive ou ceux de la thèse négative, la réponse ne va pas de soi. Se limiter à étudier les animaux à l’état naturel n’est pas suffisant ; il faut de surcroît se pencher – et c’est ce que fait ici Dominique Lestel – sur les communautés hybrides, qui rassemblent des animaux et des êtres humains unis par des intérêts complémentaires. L’expérience la plus étonnante à cet égard est celle des « singes parlants ». Si étonnante qu’il n’est pas facile de l’interpréter correctement, ni d’en mesurer les conséquences qui vont bien au-delà du cadre dans lequel elle a été pensée et pratiquée. Entre ces animaux qui deviennent des personnes et nos machines, sophistiquées, qui demain, à force de complexification, deviendront presque des animaux, c’est notre statut même d’homme qu’il nous faudra redéfinir.

Anthropologie

Nouvelles figures du sauvage, Sophie Bobbé (Ed.), Le Seuil, Communications, no 76, 2004, 220 p., 16 €

4Philippe Descola, « Le sauvage et le domestique » ; Lucienne Strivay, « Enfants-loups, enfant-mouton, enfants-ours, enfants seuls ... » ; Sergio Dalla Bernardina, « Boiteux, borgnes, et autres médiateurs avec le monde sauvage» ; Raphaël Larrère, «Les champignons sauvages » ; Patricia Pellegrini, « Le bison d’élevage ou le sauvage dans notre assiette » ; Eliane Del Col, «Un statut pour les oiseaux de cage ? » ; Antoine Nastasi, « Le passage et le monstre » ; Corinne Boujot, « La “découverte ” d’une nouvelle population de vipères en France » ; Sergio Dalla Bernardina, « L’obsolescence médiatique de Caulerpa taxifolia » ; Sophie Bobbé, « Gestions faunistiques, cultures des sauvages et brouillage des catégories ».

Anthropologie médicale

Ritualités, santé et sida en Afrique : pour une anthropologie du singulier, Laurent Vidal, IRD/Karthala, coll. « Hommes et sociétés », 2004, 216 p., 24 €

5Des recherches menées en Afrique – au Niger, en Côte d’Ivoire et au Sénégal – dans les champs religieux et sanitaires, sur la possession rituelle, les prises en charge sociales du sida et les pratiques des soignants, servent de fil conducteur à une anthropologie du singulier qui explore, aussi, le singulier de la démarche anthropologique. Se met alors en place un va-et-vient permanent entre, d’une part, les réponses à la maladie, les rapports au risque et à l’autre – qu’il soit proche, souffrant ou savant ... –, et, d’autre part, l’attitude du chercheur et les arguments de la discipline rendant possible ce regard-là.

Bioéthique

Je est un clone : l’éthique à l’épreuve des biotechnologies, Mark Hunyadi, Le Seuil, 2004, 224 p., 19 €

6On a l’habitude d’appliquer l’éthique au clonage, c’est-à-dire de demander à telle ou telle éthique d’exposer ce qu’elle pense du clonage et autres biotechnologies. Ici, c’est l’inverse qui est entrepris : on applique le clonage à l’éthique, on examine comment l’émergence d’un problème comme celui du clonage transforme la réflexion éthique elle-même. Les biotechnologies modifient certes l’homme, mais aussi l’éthique à partir de laquelle il les pense. Comment réfléchir sur l’homme et son avenir, si l’on renonce à tout concept dogmatique de nature humaine ? Et si l’homme est ce qu’il se fait, pourquoi ne pas le laisser se faire jusqu’au bout, jusqu’à devenir le constructeur biologique de lui-même ? Pour répondre à ces questions, ce livre propose un renversement radical de perspective en matière de réflexion morale. Contrairement à la démarche commune aux nombreux comités d’éthique, il part de la conviction que les réponses éthiques ne préexistent pas aux questions qui les suscitent. Les propriétés morales qui articulent notre univers normatif sont des propriétés émergentes du monde humain. Elles naissent des problèmes mêmes qu’elles doivent normer. Dans le cas du clonage et des autres biotechnologies de pointe, ce sont les notions mêmes d’autonomie du sujet humain et d’altérité qui sont appelées à être renouvelées en profondeur.

Catastrophes naturelles

La Mort collective : pour une sociologie des catastrophes, Gaëlle Clavandier, CNRS Éditions, 2004, 256 p., 27 €

7La mort d’un collectif d’hommes suscite des réactions et des pratiques spécifiques, dues à la nature sociale de ce phénomène. Cette recherche, construite sur un corpus d’une vingtaine d’accidents majeurs ayant eu lieu sur le territoire français au XXe siècle (mines de Courrières en 1906, rupture du barrage de Malpasset en 1959, inondations de Vaison-la-Romaine et incendie du tunnel du Mont-Blanc plus récemment), étudie les réactions émotionnelles, les ritualisations du deuil et la construction d’une mémoire collective générées à l’occasion de ces événements. La perspective adoptée incite à s’interroger sur des champs qui dépassent le cadre de la sociologie. Qu’en est-il, par exemple, de la responsabilité collective de l’homme ? Plus généralement, ce travail ouvre des pistes de réflexion qui peuvent amener à réévaluer la notion de « risque ».

Écologie de l’habitat

Santé et qualité de l’environnement intérieur dans les bâtiments, Claude-Alain Roulet, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2004, 368 p., 89 CHF, 65 €

8L’objectif principal de cet ouvrage est de faciliter l’expression et la création artistiques de bâtiments de haute qualité environnementale. L’auteur démontre qu’aumoyen d’une planification intelligente et multidisciplinaire, il est parfaitement possible d’assurer à la fois une bonne qualité architecturale, un excellent environnement intérieur et une très faible consommation d’énergie. À l’aide de modèles provenant de la physique et de la technique du bâtiment, il développe des méthodes permettant de garantir un bon confort thermique, une bonne qualité de l’air, une protection efficace contre les effets de l’humidité, notamment les moisissures, un éclairage optimal et un environnement acoustique agréable.

Écologie et écologisme

L’Écologisme est-il un humanisme? Frédéric Couston, L’Harmattan, 2005, 294 p., 25 €

9Cet ouvrage tente de répondre à un certain nombre de questions que tout citoyen inquiet du devenir de notre planète est amené à se poser. La préservation de la nature peut-elle être inscrite dans le cadre d’un élargissement des droits de l’homme ? L’écologisme est-il compatible avec le capitalisme ? Les termes du débat actuel sur l’environnement sont-ils bien posés ? Après une analyse des principaux courants de pensée écologistes, l’auteur propose ses propres pistes et nous invite à suivre la voie d’une réforme radicale de nos pensées et de nos actes.

Économie

La Gouvernance de la mondialisation, Jean-Christophe Graz, La Découverte, coll. « Repères », 2004, 128 p., 7,95 €

10Qui oserait encore nier l’impact de la mondialisation sur notre vie quotidienne, son opacité, le sentiment d’impuissance qui en découle ? Les mécanismes de régulation de la mondialisation sortent de l’environnement traditionnel de l’État et des organisations intergouvernementales. Il est désormais nécessaire de mieux connaître les transferts d’autorité en jeu, sur quoi ils portent, comment ils procèdent, au bénéfice de qui ils s’effectuent, sur la base de quelles garanties. L’ouvrage aborde ces questions sous l’angle historique, théorique et empirique. Après une présentation de la profondeur historique et des cadres d’analyse de la gouvernance de la mondialisation, l’étude porte sur ses grands domaines : monnaie, finance et développement ; production, travail et migrations ; commerce et harmonisation des conditions de l’échange ; santé, environnement et gouvernance du vivant. S’inscrivant dans le renouveau interdisciplinaire de l’économie politique internationale, ce livre dépasse l’approche traditionnelle des organisations internationales, fondée sur le droit et/ou la politique de puissance des États.

Économie et environnement

Environment, Information and Consumer Behaviour, Signe Krarup, Clifford S. Russel Edward Elgard, 2005, 320 p., £65.00

11Over the past decade there has been growing interest in the role of information in the promotion of environmentally friendly behaviour. This book examines how and why the provision of such information can affect individual decisions concerning buying or consuming a product or valuing a policy. The information can take the form of a product label or a statement in a survey questionnaire, and the decision can be what product to buy, what food to eat or how to answer a contingent valuation question. The chapters in this volume carefully explore the explanations for consumer behaviour in different scenarios where information is provided about the “public ” implications of individual decisions. The first set of chapters examines the prospects for eco-labelling as a tool of environmental policy from a variety of different perspectives. They also look at how this form of information provision compares with more familiar policy instruments in achieving efficiency goals. In the second and third sections the focus is on environmental and food labelling, in which a combination of private and public motives for purchase decisions is found. Finally, the role of information in contingent valuation surveys is considered, in particular the impact of information and time in altering stated value responses.

Environnement et développement

Environnement et sociétés rurales en mutation : approches alternatives, Michel Picouet,Mongi Sghaier, Didier Genin, Ali Abaab, Henri Guillaume, Mohamed Elloumi (Eds) IRD Éditions/Institut des régions arides, coll. « Latitude 23 », 2004, 400 p., 48 €

12Les interactions entre sociétés humaines et environnement constituent un défi majeur pour l’avenir de la planète. Les conférences internationales (Rio, Kyoto, Johannesburg, etc.) montrent toute l’ambiguïté et tous les enjeux économiques et politiques nationaux qui s’y exprimaient. Dans ce contexte hautement politique, comment créer des convergences qui répondent aux besoins des populations et à une gestion environnementale appropriée ? C’est bien là toute la difficulté du développement durable. L’une des réponses qu’apporte ce livre passe par la nécessité de renouveler en profondeur les problématiques scientifiques et par l’importance de développer des études au niveau local ; car c’est là où se trouvent confrontées les stratégies des sociétés et les réponses qu’elles apportent aux multiples contraintes auxquelles elles ont à faire face. Connaître et faire reconnaître, dans les processus de prise de décision, les capacités d’adaptation et d’innovation des sociétés locales, cerner de nouveaux modes de régulation pour l’usage des ressources naturelles, proposer des stratégies alternatives de développement durable : tels sont les enjeux fondamentaux des études développées dans ce livre, à partir d’exemples contrastés pris dans la zone bioclimatique méditerranéenne.

Environnement et politique

Contraintes environnementales et gouvernance des territoires, Helga-Jane Scarwell, Magalie Franchomme (Eds), Aube Nord, 2004, 468 p., 30 €

13Le colloque intitulé Contraintes environnementales et gouvernance des territoires, qui s’est tenu à Lille les 23 et 24 septembre 2004, apporte une contribution au débat d’idées engendré par des actions qui cherchent à concilier l’environnement et le développement des territoires. Dans la région Nord-Pas-de-Calais, le lourd héritage de ses activités économiques passées soulève de grandes questions environnementales : friches minières, sites et sols pollués, gestion des zones humides et inondables (notamment celles qui résultent de l’affaissement minier) et de la qualité des eaux, pollution atmosphérique. Ces questions, qui tendent à devenir universelles, interrogent la gouvernance en lui imposant des cadres territoriaux complexes et mouvants : la structure politico-administrative locale est appelée à les intégrer dans son champ d’analyse et d’action.

Environnement tropical

Espaces tropicaux et risques : du local au global, Gilbert David, IRD/Presses universitaires d’Orléans, 2004, 448 p., 19 €

14Pour le géographe, la notion de risque conduit à une nouvelle manière de voir le monde. Jusqu’au milieu des années 1990, la géographie tropicale a principalement traité du risque à l’échelle locale, et sous l’angle du risque naturel, souvent réduit à un aléa, dont il s’agissait avant tout de décrire les modalités de fonctionnement. Aujourd’hui, le champ spatial et thématique de l’analyse s’est considérablement élargi et enrichi. À l’emboîtement des échelles – du local au global –, répondent la grande diversité des problématiques d’étude concernées par le risque et une réflexion épistémologique sur les notions d’aléa, de vulnérabilité et d’enjeux, consubstantielles de la notion de risque.

15Les Xe Journées de géographie tropicale, qui se sont tenues à Orléans en septembre 2003, attestent de cette évolution et constituent une étape importante dans l’émergence du risque comme thème majeur de la géographie tropicale. Le présent ouvrage reprend 35 des 49 communications et conférences qui y ont été présentées. Le point de vue et les pratiques des communautés locales sont confrontés aux outils et méthodes de la géographie moderne que sont la télédétection et les systèmes d’information géographique.

Éthique

La Méthode, 6. Éthique, Edgar Morin, Le Seuil, 2004, 240 p., 20 €

16Voici le point d’arrivée, l’achèvement et la conclusion d’une immense réflexion engagée en 1977 avec le tome 1 de La Méthode. Cette œuvre monumentale d’Edgar Morin a été traduite dans de nombreux pays, reprise en poche un peu partout. Elle soutient dorénavant une thématique qui a fait école : celle de la complexité. Dans ce tome 6, le plus ramassé et aussi le plus accessible, l’auteur s’interroge sur l’éthique et la morale. Il le fait dans une optique à la fois anthropologique et philosophique. Cette courte réflexion se révèle lumineuse et apaisée. Ce dernier point est d’autant plus fascinant (et même enthousiasmant) qu’en ces domaines prévalent le plus souvent, comme on le sait, les polémiques, les « points de vue » dogmatiques ou dénonciateurs.

Penser l’euthanasie, Jean-Yves Goffi, PUF, coll. « Questions d’éthique », 2004, 192 p., 22 €

17L’euthanasie est-elle nécessairement criminelle ? Comment la définir au juste ? Doit-elle être inconditionnellement prohibée ? Les théories morales ont-elles quelque chose à nous apprendre sur l’euthanasie ? La vie humaine est-elle sacrée ? Peut-il être parfois bénéfique de recevoir la mort ? Et bienfaisant de la donner ? On considère souvent qu’une législation libéralisant l’euthanasie est le premier pas d’un chemin qui conduira inexorablement à des pratiques comparables à celles des nazis.D’un autre côté, certains pays se sont précisément dotés d’une telle législation, sans que cela ait semblé entraîner de telles conséquences. Penser l’euthanasie veut montrer que, sans négliger les leçons de l’histoire, c’est seulement à la lumière de théories morales articulées que l’on peut s’y retrouver dans ce débat. Aussi, cet essai expose de façon pédagogique les grandes lignes des éthiques déontologiques, conséquentialistes et arétaïques. Cet apport théorique est ensuite appliqué à la question de l’euthanasie.

Génétique

La Vie existe-t-elle ? Réconcilier génétique et biologie, John Stewart, Vuibert, 2004, 160 p., 18 €

18« En l’espace de quarante ans – le temps de ma vie de chercheur –, la relation entre la génétique et la biologie a changé dramatiquement. En 1963, quand je faisais mes études à l’Université de Cambridge, la génétique était une discipline tout à fait marginale. En 2004, les choses ont bien changé ; nous vivons à présent dans l’ère du “tout génétique ”, et François Jacob le dit clairement : “On n’interroge plus la vie dans les laboratoires. ” Or, dans le radicalisme même de ce basculement, tout s’est passé comme s’il y avait une relation profonde d’exclusion mutuelle entre la génétique et une biologie des organismes. Dans ce livre, je reviens sur les fondements épistémologiques de la génétique mendélienne pour identifier la racine de cette exclusion mutuelle. À mon avis, elle réside dans le fait que la génétique est foncièrement différentielle ; c’est pour cette raison qu’elle ignore tout ce qui est invariant, et en tout premier lieu le fait que les organismes sont auto poïétiques (ce sont des êtres qui se produisent eux-mêmes). Enfin, mon livre ne se contente pas de cette analyse critique. Dans la dernière partie, j’examine les possibilités pour une réconciliation entre une véritable biologie des organismes et une génétique ramenée à sa juste place par une reconnaissance explicite de ses limitations. » (J. S.)

Gestion de l’environnement

Boisements naturels des terres agricoles en déprise, Thomas Curt, Bernard Prévosto, Jean-Claude Bergonzini Cemagref Éditions, 2004, 120 p., 32 €

19Les boisements spontanés, conséquence de la diminution ou de l’abandon d’activités agricoles, restent une préoccupation forte pour les acteurs publics et privés chargés de la gestion des territoires ruraux et de leur environnement. Comment ces nouveaux espaces boisés se mettent-ils en place et avec quelles conséquences sur l’écosystème ? Comment peut-on les gérer : avec quels objectifs et quels outils ? Une première partie propose un état des lieux des boisements spontanés, une approche des mécanismes de développement, ainsi qu’un panorama des multiples enjeux paysagers, écologiques, forestiers, cynégétiques, récréatifs. Ensuite, dix fiches techniques traitent ces thématiques pour mieux appréhender la structure, la dynamique des boisements spontanés et les différentes possibilités de gestion. Cet ouvrage est destiné aux gestionnaires forestiers, aux gestionnaires d’espaces naturels et aux décideurs chargés d’aménagement et d’environnement, mais aussi aux scientifiques, historiens, sociologues et étudiants intéressés par l’écologie et la gestion de ces nouveaux espaces forestiers.

Gestion des ressources naturelles

Pour une gestion spatiale de l’eau : comment sortir du tuyau ? Jean-Baptiste Narcy, PIE-Peter Lang, coll. EcoPolis, 2004, 342 p., 46,90 €

20Depuis quelques années, en France, les gestionnaires de l’eau mettent en avant leur souhait de ne plus se contenter de gérer les flux d’eau et de pollutions qui s’écoulent « dans les tuyaux ». Pour diverses raisons – protection des zones humides, pollutions diffuses, inondations, etc. –, ils prétendent également orienter les usages des espaces. Cependant, la mise en œuvre de ce projet de gestion « spatiale » de l’eau les confronte inévitablement à d’autres filières de gestion publique déjà en place (politique agricole, protection des milieux naturels, urbanisme, etc.). Quelles conditions stratégiques leur faut-il alors réunir pour espérer imposer leurs vues ? Ce livre dégage des éléments de réponse à cette question, à partir d’une rétrospective des rapports entre gestion de l’eau et gestion des espaces au cours de l’histoire, puis de l’analyse fouillée de deux cas : la politique d’une agence de l’eau en matière de zones humides et l’action publique face aux inondations en vallée de l’Oise. Il souligne en particulier l’importance des enjeux et des processus de justification à l’ œuvre, et dégage les différentes conceptions de la nature que la gestion « spatiale » de l’eau doit concilier.

Histoire des sciences et des techniques

La Juste Mesure : quantifier, évaluer, mesurer, entre Orient et Occident (VIIIe-XVIIIe siècle), Laurence Moulinier, Line Sallmann, Catherine Verna, Nicolas Weill-Parot (Eds), Presses universitaires de Vincennes, 2005, 208 p., 22 €

21Au cœur de l’histoire des sciences et des techniques, de l’histoire économique, sociale et politique, l’art de mesurer est d’abord une pratique de l’échange compris dans son sens le plus large, servi par les savants, les gouvernants, les arpenteurs, les bâtisseurs ou les simples particuliers. Tour à tour objet de quête et instrument de domination, l’acte de mesurer représente diverses manières de lire le monde et de penser le réel. La Juste Mesure interroge et analyse les multiples relations nouées à des époques et dans des espaces variés – de l’Europe latine à Byzance, de l’Islam au Nouveau Monde – autour du geste qui rapporte des quantités sensibles à des étalons abstraits.

Histoire et philosophie des sciences

La Traversée des frontières Jean-Pierre Vernant, Le Seuil, 2004, 208 p., 18 €

22Dans l’œuvre de Jean-Pierre Vernant, actions scientifique, intellectuelle et sociale sont indissociables de ses choix politiques. Retraversant « son » XXe siècle, il l’éclaire d’un regard aussi lucide et critique que généreux. Entre passé et présent, réflexions et souvenirs, histoire ancienne et contemporaine, Jean-Pierre Vernant revisite des épisodes de sa vie intellectuelle, de ses engagements politiques : principalement ses années de Résistance (1940-1945). Que ce soit à propos des aspects mythiques de la mémoire en Grèce ancienne, des débats des « historiens du temps présent », des usages de la mémoire ou du témoignage au sujet de l’affaire Aubrac, Jean-Pierre Vernant rappelle que la mémoire, elle aussi, a une histoire. Sa vie et son œuvre se sont souvent « fabriquées » dans et par cette Traversée des frontières.

Hommes et milieux

La Moisson des marins-paysans : l’huître et ses éleveurs dans le bassin de Marennes-Oléron, Pascale Legué Dupont, INRA Éditions MSH, 2004, 308 p., 39 €

23Le bassin de Marennes-Oléron est, depuis plus d’un siècle, connu du grand public pour sa production d’huîtres. Au-delà des images festives qui accompagnent ces coquillages, que sait-on de leur histoire et de leurs caractéristiques ? Pour les mieux connaître, l’auteur nous invite à observer les hommes et les femmes qui les cultivent, ces ostréiculteurs charentais qui, entre mer et terre, échappent aux catégories socioprofessionnelles habituelles. Leur métier, à la fois traditionnel et moderne, s’inscrit dans une certaine marginalité. Ses espaces de travail, mi-aquatiques, mi-terriens, recèlent des valeurs culturales et culturelles qui le distinguent pareillement du monde de la terre et de celui de la mer. Ses rythmes professionnels, orchestrés par les lunaisons et les calendriers de commercialisation des fêtes de fin d’année, sont en décalage avec ceux de la société globale. En dépit de ces apparentes marginalités, la communauté ostréicole s’insère pleinement dans l’ensemble du système social et économique français. C’est ce qui en fait tout l’attrait pour l’observateur. Retraçant les évolutions d’une technique à travers le vécu de cette microsociété charentaise, l’ouvrage de Pascale Legué Dupont met en relief les dispositions d’une profession à se projeter dans le futur.

Un sentier pastoral, Jean-Pierre Deffontaines, Benoît Deffontaines, Jean Ritter DVD, Éducagri Éditions/INRA Éditions, 2004, 45 €

24Ce DVD est un cheminement dans un milieu pastoral (Prapic, Hautes-Alpes). Il est fondé sur l’observation du paysage et sur le croisement de trois regards : celui de l’agropastoraliste, orienté vers les activités du berger et de l’éleveur ; celui du botaniste, tourné vers la diversité des plantes et leur aptitude à intégrer tous les paramètres écologiques ; celui du géologue, dirigé vers les roches et la dynamique des reliefs. Ces trois regards se complètent pour fournir des clés de compréhension de l’activité pastorale en montagne. Par le témoignage de ses pratiques, un berger a guidé le croisement de ces regards. Deux éleveurs y ont également contribué. Le DVD se situe donc dans une démarche interdisciplinaire.

25Un sentier pastoral s’adresse à la recherche et à l’enseignement, aux praticiens et aux professionnels de la montagne, et plus particulièrement à tous ceux qui s’intéressent aux montagnes et s’interrogent sur leur développement durable.

Interdisciplinarité

Espaces, savoirs et incertitudes, Florian Charvolin, Cristina D’Alessandro-Scarpari, Valérie November, Élisabeth Rémy (Eds) Ibis Press, 2004, 206 p., 20 €

26L’idée centrale de ce livre est l’étude des transformations des espaces en situation d’incertitude. Le débat sur la démocratisation des techniques conforte l’idée que les problèmes échappent de plus en plus aux rationalités scientifiques et décisionnelles « traditionnelles ». Les auteurs s’intéressent aux agencements spatiaux produits par les normes pour la régulation des dangers et des problèmes environnementaux (découpages institutionnels, localisation des activités polluantes, appui sur leur site de référence par des collectifs locaux, etc.). En quoi l’attachement aux lieux influence-t-il les débats et les justifications des acteurs qui tentent de défendre leurs points de vue ? S’il est évident que les controverses contribuent à transformer la géographie des groupes concernés, quels sont effectivement leurs rôles ? Quels sont les processus de recomposition des collectifs et des « espaces » en situation d’incertitude ? Des controverses environnementales peuvent-elles produire de nouveaux arrangements et « faire place » à de nouveaux agencements ?

27Cet ouvrage collectif est le fruit d’une rencontre interdisciplinaire autour de questions relatives à la transformation des espaces en situation d’incertitude. Géographes, économistes, linguistes, ethnologues et sociologues se sont réunis régulièrement pendant deux ans, lors du séminaire Sogecer (« Sociologie et géographie des controverses sur l’environnement et les risques ») à l’Inra Sad-Apt (Paris).

Science et secrets – ciência e segredos Sigila, no 15, GRIS-France, printemps-été 2005, 256 p., 16 €

28La revue Sigila se propose de prendre en compte et de susciter des approches pluridisciplinaires du thème auquel elle se consacre : la figure du secret. Le secret, thème inépuisable de la littérature, des sciences humaines, sociales et exactes, de l’histoire, du droit, de l’art, de la vie quotidienne, intervient dans toutes les cultures. Aussi Sigila prétend-elle à une dimension interculturelle. Francoportugaise depuis sa création, elle accueille désormais des contributions en différentes langues. Publication semestrielle, Sigila est doublement thématique puisque chaque numéro s’attache à un aspect spécifique de la problématique du secret. Science et secret est le thème du numéro 15.

OGM

Les OGM : mesure de l’innovation et contrôle du risque, Philippe Metay (Ed.), PUR, coll. « Des Sociétés », 2004, 248 p., 18 €

29Devenu maître de la biologie moléculaire, l’homme s’affranchit de la reproduction sexuée et de la multiplication végétative ; corrélativement, ce sont les barrières naturelles entre variétés, espèces et règnes qui s’effacent. L’entreprise est techniquement couronnée de succès, mais la Cité s’agite. Le présent ouvrage est nourri de regards croisés portés par les spécialistes des OGM issus de disciplines diverses. Il ne se veut pas pamphlet ou éloge, mais simplement reflet d’une diversité d’opinions éclairées.

Paysage

Paysages en herbe : le paysage et la formation à l’agriculture durable, Monique Toublanc, Éducagri Éditions, 2004, 296 p., 27 €

30Les paysages ruraux contemporains ont été modelés, génération après génération, par une agriculture séculaire dont ils portent encore les marques. Ils sont aussi le résultat de l’évolution récente de l’agriculture. Si les enjeux de l’agriculture durable sont à peu près connus et reconnus, ceux de la prise en compte du paysage le sont beaucoup moins. Conçu comme une aide méthodologique, ce livre a pour objet le paysage et la formation à l’agriculture durable. Il présente des principes et une méthodologie enrichis de l’expérience d’un réseau d’établissements d’enseignement agricole. La méthode proposée, l’approche paysagère, a fait la preuve de sa valeur tant opérationnelle que pédagogique. Le paysage est pris en compte aux différentes étapes de la démarche d’élaboration d’un projet d’agriculture durable, telles qu’elles ont été définies dans le cadre des plans de développement durable : diagnostiquer (diagnostic du territoire et diagnostic agri-environnemental), faire un projet, suivre et évaluer.

Politiques d’environnement

Environmental Governance Reconsidered: Challenges, Choices, and Opportunities, Robert F. Durant, Daniel J. Fiorino, Rosemary O’Leary (Eds), The MIT Press, 2004, 536 p., US$ 70.00 (cloth), US$ 35.00 (paper)

31This survey of current issues and controversies in environmental policy and management is unique in its thematic mix, broad coverage of key debates and approaches, and in-depth analysis of concepts treated less thoroughly in other texts. The contributing authors, all distinguished scholars or practitioners, offer a comprehensive examination of key topics in environmental governance today, including perspectives from environmental economics, democratic theory, public policy, law, political science, and public administration. Environmental Governance Reconsidered is the first book to integrate these wide-ranging topics and perspectives thematically in one volume. Many are calling for a change in the bureaucratic, adversarial, technologybased regulatory approach that is the basis for much environmental policy – a move from “rule-based ” to “results-based ” regulation. Each of the thirteen chapters in Environmental Governance Reconsidered critically examines one aspect of this “second generation ” of environmental reform, assesses its promise-versus-performance to date, and points out future challenges and opportunities.

Principe de précaution

Les Usages de la précaution Mark Hunyadi (Ed.), Revue européenne des sciences sociales, XLII, 130, 2004, 386 p., 43,90 €

32« [Cet] ouvrage [... ] réussit le tour de force de présenter, de façon bien plus subtile que tout ce qui a été fait à ce jour, les raisons et les implications du principe de précaution, tout en le remettant à sa juste place, qui est loin d’être aussi grande que tout le bruit médiatique qui l’accompagne le donnerait à penser. [... ]. [... ] ce livre montre admirablement qu’il existe un objet digne d’être pensé sous le vocable de “précaution ”,mais qu’on se trompe en cherchant à en faire un principe d’action fondé sur la rationalité instrumentale, alors qu’il s’agit d’un mode de raisonnement pratique. Se distinguant de la déjà pléthorique littérature sur le sujet, ce livre restitue les débats sur la précaution dans leur juste contexte. [... ] » (J.-P. Dupuy, Préface.)

33Les Usages de la précaution se compose de trois parties : Théories de la précaution ; Les risques à l’ère de la précaution ; La précaution in vivo, suivies en annexe du rapport à la Commission fédérale d’éthique pour le génie génétique dans le domaine non humain (CENH) : « Les impacts des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement et les pays en transition ».

Science et société

Faut-il avoir peur de la chimie ? Bernardette Bensaude-Vincent Les Empêcheurs de penser en rond, 2005, 286 p., 20 €

34De toutes les sciences modernes, la chimie a le triste privilège d’être celle qui fait le plus peur. C’est sur elle que la crise de confiance du public envers la science semble se cristalliser. Quelle est l’origine de ce dés amour pour la chimie ? Ce livre soutient qu’on ne saurait mettre en cause « l’irrationalité du public », car cette peur prend racine non seulement dans les dangers des produits chimiques, mais, plus profondément, dans les valeurs que véhicule cette science. La chimie, par la manière dont elle s’invente, défie les grands partages qui fonctionnent comme repères dans notre culture : entre le naturel et l’artificiel, entre science et technique, entre nature et société … En rappelant quelques grands épisodes de controverses suscitées par les chimistes, en soulignant le lien indissoluble entre le faire et le connaître, en s’interrogeant sur la singularité de l’objet de la chimie, l’auteur montre que la chimie se place à bien des égards sous le signe de la transgression. Science rebelle, indomptable, elle dérange et perturbe l’ordre naturel comme l’ordre social. Mais, précisément parce qu’elle n’est pas une science au-dessus des intérêts humains, la chimie est paradoxalement celle qui pourrait le plus aisément se mettre en débat public et s’ouvrir à la société civile.

Sciences de l’univers

Et pourtant, elle tourne ! François Rothen, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2004, 304 p., 49,50 CHF, 37 €

35Les grandes étapes qui ont marqué l’histoire récente des sciences ont bouleversé notre conception de la naissance de l’univers et de la place qu’y occupe l’être humain. La découverte de la radioactivité et celle du noyau, la détermination de l’âge de la Terre et de celui de l’univers, l’identification de la source du rayonnement solaire ou de l’origine de la chaleur interne de la Terre, l’enquête sur la disparition des dinosaures, la découverte des planètes, des pulsars et des exoplanètes, chacune de ces étapes décisives a influencé notre vision du monde. Mais chacune de ces découvertes est aussi le couronnement d’une aventure unique à laquelle ont participé des hommes et des femmes pleins d’abnégation ou soucieux de leur seule gloire, avides de connaissances ou parfois pétris d’ambition.

Sociologie

Féminin, masculin, Michèle Ferrand, La Découverte, coll. « Repères », 2004, 128 p., 7,95 €

36L’écart entre les positions masculine et féminine s’est fortement réduit. Le quotidien des femmes de ce début de siècle n’a que peu de rapports avec celui de leur mère et encore moins de leur grand-mère. Elles ont acquis la capacité de décider de leur vie, individuellement et socialement. Des bastions masculins sont tombés, d’autres sont fortement menacés. Mais le maintien têtu de certaines discriminations sexuées, la reconstitution de nouvelles formes d’inégalités là où on ne les attendait pas, montrent que, si la domination masculine semble s’être atténuée, elle n’a pas disparu. Qu’il s’agisse des salaires ou des responsabilités professionnelles, des mandats électifs ou des charges parentales, de la visibilité dans la création ou de la liberté sexuelle, le masculin l’emporte encore sur le féminin. L’objectif de cet ouvrage est moins d’insister sur le maintien de ces inégalités que de comprendre comment elles se déplacent, se reconstituent, mais aussi s’atténuent. Et d’essayer de saisir la nature des forces qui œuvrent pour leur extinction comme de celles qui y font résistance.

Sociologie de la santé

La Condition f œtale. Une sociologie de l’engendrement et de l’avortement, Luc Boltanski, Gallimard, coll. «NRF Essais », 2004, 432 p., 22,50 €

37Pratique universellement répandue, l’avortement est légalisé en France. Introduit de ce fait dans l’espace public, il demeure néanmoins confiné dans l’espace de l’officieux, par suite d’une sorte de pacte tacite, de mauvaise foi sociale. S’appuyant sur une centaine d’observations recueillies à l’hôpital et quarante entretiens approfondis avec des femmes ayant connu l’expérience de l’avortement, sur des données empruntées à l’histoire et à l’anthropologie, Luc Boltanski explique ce refoulement. L’avortement reste dans l’ombre car il révèle une contradiction au foyer du contrat social, opposant le principe de l’unicité des êtres et le postulat de leur nature remplaçable sans lequel nulle société ne se renouvellerait démographiquement. Ce qui fait un être humain, ce n’est pas le f œtus, inscrit dans le corps, mais son adoption symbolique. Or, cette adoption suppose la possibilité d’une discrimination entre les embryons que rien ne distingue. Le caractère arbitraire de cette discrimination est au plan social, et parfois individuel, difficilement supportable. La contradiction est rendue vivable par une sorte de grammaire des catégories : au f œtus projet – adopté par les parents qui, grâce à la parole, accueillent l’être nouveau en lui donnant un nom – s’oppose le f œtus tumoral, embryon accidentel et qui ne sera pas l’objet d’un projet de vie. Grammaire, expérience mise en récit et perspective historique se nouent ici pour faire de l’avortement, rendu depuis des décennies politiquement légal, une expérience désormais socialement audible.

La Prévention du sida : les sciences sociales et la définition des risques, Marcel Calvez, PUR, coll. « Des Sociétés », 2004, 200 p., 16 €

38Les sciences sociales ont contribué de façon importante aux recherches sur la prévention du sida par les enquêtes sur le comportement sexuel, par la mesure régulière de l’état des connaissances et par des recherches sur les perceptions. Cet ouvrage analyse les recherches majeures qui ont été menées en lien avec des objectifs de prévention.

Sociologie de la santé : institutions, professions et maladies, Danièle Carricaburu, Marie Ménoret, Armand Colin, coll. « U », 2004, 240 p., 22 €

39Les questions de la maladie et de la santé sont parmi les plus vives aujourd’hui. Elles se posent au croisement des préoccupations individuelles et d’un débat public qui, outre une remontée assez faible des points de vue exprimés par les « clients » du système de soin, ne tend que trop à s’enclore dans des cadres soit biologiques et techniques, soit politiques et gestionnaires. Alors même que le système de santé est appelé à évoluer, il est essentiel, à l’appui des décisions à venir, de clarifier les diverses dimensions et implications sociales de ces questions majeures. C’est ce à quoi s’emploie, avec une ampleur inédite, le présent ouvrage. S’appuyant sur une très vaste littérature, principalement anglo-saxonne et française, il propose une lecture sociologique particulièrement éclairante, structurée autour de trois grands thèmes (institutions, professions, maladies) et fournit tout l’outillage conceptuel prescrit pour penser le lourd et complexe processus de médicalisation à l’ œuvre dans nos sociétés. Cette synthèse critique remet aussi en perspective le rôle des divers acteurs médicaux et paramédicaux, ainsi que celui des nouveaux protagonistes apparus dans l’arène sociale de la santé – qu’ils soient issus du monde politique, du journalisme ou de l’univers associatif.

40Cet ouvrage constituera une référence, un outil de travail et un support de réflexion pour les universitaires (enseignants, chercheurs et étudiants en sciences sociales et en médecine) comme pour l’ensemble du public soucieux d’affronter en connaissance de cause les mutations du monde de la médecine, de la maladie et de la santé.


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Date de mise en ligne : 01/08/2012