« La place des habitats marins et côtiers dans la gestion intégrée du littoral »
Compte rendu de colloque (Saint-Malo, 8-9 novembre 2005)
Pages 67 à 68
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- BONNOT-COURTOIS, Chantal,
- Bonnot-Courtois, Chantal.
- Bonnot-Courtois, C.
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- Bonnot-Courtois, C.
- Bonnot-Courtois, Chantal.
- BONNOT-COURTOIS, Chantal,
1Ce colloque se situe dans le cadre du projet InterReg Nord-Ouest MESH (« Mapping European Seabed Habitats »), d’où son appellation MESH-Malo. Il visait à réunir utilisateurs et producteurs de cartes d’habitats et à les faire réagir aux produits 1765-2979 de développement dans le projet. Il a réuni environ 120 participants issus, en nombre équilibré, du milieu de la recherche, du cadre institutionnel et du secteur privé. Les participants bretons et normands étaient bien sûr majoritaires, mais la façade méditerranéenne était également représentée. En outre, des collègues belges et irlandais et un chercheur québécois nous avaient fait l’honneur du déplacement. Le programme comportait dix communications orales et une douzaine de posters présentés lors des pauses. Au cours de cette rencontre, les discussions ont été intenses grâce à un large espace de pauses et à l’organisation d’un dîner en commun, qui ont montré que cette communauté était avide de se resserrer, notamment au travers de telles occasions.
2Le colloque a été conclu par une table ronde, durant laquelle il a été demandé aux participants de remplir un questionnaire à caractère technique assez exhaustif sur la cartographie des habitats marins. La discussion, que l’on espérait technique, s’est rapidement placée sur un plan plus politique et stratégique : comment faire face aux engagements de la France (Natura 2000, Ospar), alors que les effectifs de chercheurs sur le domaine marin sont largement insuffisants, que les connaissances fondamentales et structurantes sont loin d’être au niveau souhaitable et qu’enfin, au sein du ministère de l’Écologie, la direction Nature et Paysages n’a pas la place qu’elle mérite ? Il est apparu alors dommage qu’aucun décideur de haut niveau, ni de l’Ifremer ni des collectivités publiques, ne soit présent pour recevoir de vive voix ce message émanant de la salle. Il faut cependant remercier l’excellente participation et le support des DIREN de Bretagne et de Normandie.
3Plusieurs conclusions peuvent être dégagées de cette manifestation. Le Réseau de suivi benthique (REBENT, réseau qui réunit sept partenaires sous la coordination de l’Ifremer) est maintenant devenu incontournable. Son fonctionnement est reconnu efficace en Bretagne et les participants s’en réclament ; les Normands, en particulier, sont les plus actifs sur ce plan (avant-projet sommaire en cours de rédaction), tandis que les Méditerranéens semblent maintenant appeler de leurs vœux d’y être intégrés. Il serait par ailleurs possible de mieux en exploiter les résultats en faisant en sorte que la cartographie Natura 2000, dont les sites en Bretagne recouvrent largement ceux du réseau, puisse en profiter dès leur parution. Cela permettrait de rattraper le retard que la France a sur ce programme vis-à-vis de ses engagements européens.
4La communauté scientifique en général estime nécessaire une action de l’Ifremer vers l’ensemble des acteurs, notamment en matière de normes : normes de levé (problème en partie traité par MESH, mais à l’échéance de fin 2007), d’interprétation, de typologie, de diffusion de produits cartographiques avec métadonnées et caution scientifique. Dans ces conditions, les utilisateurs (et notamment les opérateurs privés) seraient plus efficaces et aussi plus facilement disposés à transmettre leur données pour le bien commun. En effet, il apparaît des redondances ou des manques de coordination, même sur des territoires proches, alors que les moyens, tous secteurs confondus, restent beaucoup trop limités.
5Les études sont assez souvent ponctuelles, étant le fait d’équipes ayant à traiter de problématiques locales (notamment des études de sites dans des domaines variés). Or, il est ressorti des discussions un intérêt pour des cartographies plus globales et aussi plus sommaires, dénominateur commun sur l’ensemble du territoire, qui sont nécessaires, par exemple, pour le secteur de l’halieutique, pour des études d’aptitude ou encore pour les plans Polmar.
6Enfin, les habitats (et, de manière connexe, les données de bathymétrie et de sédimentologie associées) ont souvent été remis en perspective dans la gestion intégrée du littoral ; cette perspective sous-tendait nombre de présentations, avec un fort accent mis sur les activités humaines. En effet, les projets d’aménagement du littoral ne peuvent plus se passer aujourd’hui d’études d’impact, dont l’un des aspects essentiels est la connaissance fine des habitats des fonds côtiers. C’est notamment le cas pour les licences d’extraction de matériaux et/ou pour la recherche de sites pour les énergies renouvelables. Par ailleurs, la pêche se place aujourd’hui sur un plan écosystémique où le benthos revêt une importance toute particulière.
7Les questions liées à la protection de la nature, renforcées par les grands enjeux tels que le changement climatique, sont de plus en plus présentes aujourd’hui et elles passent par la connaissance précise de la répartition des peuplements. Or, aucune évaluation sérieuse du milieu ne peut se passer d’une connaissance approfondie de la biologie et de la taxinomie. Le colloque a permis de constater que, face à ces besoins de connaissances et aux attentes qui en découlent, la communauté de recherche en matière de benthos est aujourd’hui en crise d’effectifs et de compétences.
Date de mise en ligne : 01/02/2012