L’improvisation comme résistance
- Entretien avec Bernard Lubat,
- Propos recueillis par Anne Perraut Soliveres,
- Françoise Acker
- et Lionel Leroi-Cagniart
Pages 4 à 9
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- Entretien avec LUBAT, Bernard,
- Propos recueillis par PERRAUT SOLIVERES, Anne,
- ACKER, Françoise
- et LEROI-CAGNIART, Lionel,
- Entretien avec Lubat, Bernard.,
- et al.
- Entretien avec Lubat, B.,
- Propos recueillis par Perraut Soliveres, A.,
- Acker, F.
- et Leroi-Cagniart, L.
https://doi.org/10.3917/prat.100.0004
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- Entretien avec Lubat, B.,
- Propos recueillis par Perraut Soliveres, A.,
- Acker, F.
- et Leroi-Cagniart, L.
- Entretien avec Lubat, Bernard.,
- et al.
- Entretien avec LUBAT, Bernard,
- Propos recueillis par PERRAUT SOLIVERES, Anne,
- ACKER, Françoise
- et LEROI-CAGNIART, Lionel,
https://doi.org/10.3917/prat.100.0004
Pratiques : Nous avons eu envie de confronter votre art de l’improvisation musicale et ce qu’il se passe dans le cadre du soin. Vous aviez fait une intervention à la clinique de La Borde ?Bernard Lubat : Ah, des souvenirs formidables ! Des souvenirs des ateliers qu’on y faisait, de la tentation de m’inscrire – je ne savais pas trop si j’étais du côté des soignants ou des soignés parce que j’avais des doutes ! Et puis, c’était le début des portes ouvertes, on essayait de faire des festivals là-bas – pas que la musique, d’ailleurs, du théâtre, en fait, de l’expression – et c’était passionnant parce que c’était avant « Uzeste musical ». Ça devait être en 1970-72. Dans cette idée le jazz, c’est-à-dire la musique improvisée, avait son rôle à jouer, puisque c’était cette idée de musique incertaine, d’incertitude et de non-fini. D’ailleurs, on ne se sait toujours pas si c’est commencé ! C’était intéressant pour les gens présents qui réfléchissaient. J’étais très jeune et je ne comprenais pas tout, mais je sentais que c’était un avant-goût, une avant-garde de ce que la société allait devenir, dans le sens où « on est tous fous ! » Sauf que ça rapporte. C’est devenu un métier, un commerce.Improviser dans le soin, ce n’est plus possible parce qu’il y a tout ce qui est « qualité », « process », « normes » et compagnie ! En fait, on ne soigne plus l’individu. On soigne la maladie et le malade, lui, on s’en fout !
Aujourd’hui l’éducation à la musique, c’est comme ça. L’individu, on s’en fout …
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