Article de revue

L’improvisation comme résistance

Pages 4 à 9

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  • Entretien avec Lubat, B.,
  • Propos recueillis par Perraut Soliveres, A.,
  • Acker, F.
  • et Leroi-Cagniart, L.
(2023). L’improvisation comme résistance. Pratiques, les cahiers de la médecine utopique, 100(1), 4-9. https://doi.org/10.3917/prat.100.0004.

  • Entretien avec Lubat, Bernard.,
  • et al.
« L’improvisation comme résistance ». Pratiques, les cahiers de la médecine utopique, 2023/1 N° 100, 2023. p.4-9. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/revue-pratiques-2023-1-page-4?lang=fr.

  • Entretien avec LUBAT, Bernard,
  • Propos recueillis par PERRAUT SOLIVERES, Anne,
  • ACKER, Françoise
  • et LEROI-CAGNIART, Lionel,
2023. L’improvisation comme résistance. Pratiques, les cahiers de la médecine utopique, 2023/1 N° 100, p.4-9. DOI : 10.3917/prat.100.0004. URL : https://stm.cairn.info/revue-pratiques-2023-1-page-4?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/prat.100.0004


Pratiques : Nous avons eu envie de confronter votre art de l’improvisation musicale et ce qu’il se passe dans le cadre du soin. Vous aviez fait une intervention à la clinique de La Borde ?Bernard Lubat : Ah, des souvenirs formidables ! Des souvenirs des ateliers qu’on y faisait, de la tentation de m’inscrire – je ne savais pas trop si j’étais du côté des soignants ou des soignés parce que j’avais des doutes ! Et puis, c’était le début des portes ouvertes, on essayait de faire des festivals là-bas – pas que la musique, d’ailleurs, du théâtre, en fait, de l’expression – et c’était passionnant parce que c’était avant « Uzeste musical ». Ça devait être en 1970-72. Dans cette idée le jazz, c’est-à-dire la musique improvisée, avait son rôle à jouer, puisque c’était cette idée de musique incertaine, d’incertitude et de non-fini. D’ailleurs, on ne se sait toujours pas si c’est commencé ! C’était intéressant pour les gens présents qui réfléchissaient. J’étais très jeune et je ne comprenais pas tout, mais je sentais que c’était un avant-goût, une avant-garde de ce que la société allait devenir, dans le sens où « on est tous fous ! » Sauf que ça rapporte. C’est devenu un métier, un commerce.Improviser dans le soin, ce n’est plus possible parce qu’il y a tout ce qui est « qualité », « process », « normes » et compagnie ! En fait, on ne soigne plus l’individu. On soigne la maladie et le malade, lui, on s’en fout !
Aujourd’hui l’éducation à la musique, c’est comme ça. L’individu, on s’en fout …


Date de mise en ligne : 12/09/2024

https://doi.org/10.3917/prat.100.0004

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