Hanche, genou et activités professionnelles, Sous la direction de Bernard Fouquet, Christian Hérisson, Issy-les-Moulineaux (France) : Éditions Elsevier Masson SAS, Collection Médecine de réadaptation et pathologies professionnelles ; 2011. 89 p.
Pages 56l à 66l
Citer cet article
- CORNILLE, Jean-Louis,
- Cornille, Jean-Louis.
- Cornille, J.-L.
https://doi.org/10.3917/pos.431.0056l
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- Cornille, J.-L.
- Cornille, Jean-Louis.
- CORNILLE, Jean-Louis,
https://doi.org/10.3917/pos.431.0056l
1 « L’impact des atteintes dégénératives de la hanche et du genou, chez une population vieillissante, devient de plus en plus important : le lien avec l’activité professionnelle est parfois important » ; cet ouvrage est consacré aux liens entre travail et pathologies articulaires des membres inférieurs.
2 Ce livre est le recueil des rencontres « Hanche et activité professionnelle » des 39es entretiens de médecine physique et de réadaptation à Montpellier. Il se veut donc l’actualisation pluriprofessionnelle du savoir concernant des affections du genou, quatrième localisation musculo-squelettique chez les salariés et de la hanche, moins sollicitée. On regrette que les statistiques citées, concernant l’assurance maladie, ne soient pas plus actuelles (2008).
3 L’ouvrage envisage d’abord les principaux facteurs intervenant dans la genèse de la coxarthrose et de la gonarthrose, puis le contexte professionnel, reprenant les tableaux des maladies professionnelles (p. 28 à 30), enfin l’évaluation et l’aspect thérapeutique. On regrettera l’absence de conclusion générale à l’ouvrage, l’absence de table des tableaux et des iconographies ; mais on remarquera une table des matières en anglais et en français, une liste de traduction des abréviations. Bien sûr, les références bibliographiques sont de bon niveau.
4 Parmi les tableaux on notera page 19 et 20 les tableaux 3.3, 3.4, 5.1, 5.2 et 5.3 concernant les maladies professionnelles ; on regrette que les concepts de durée d’exposition au risque et de liste limitative ne soient pas assez développés, introduisant la problématique du Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP). C’est un ouvrage actuel, circonstancié, réaliste ; il est clair, simple à lire, écrit dans un style hospitalo-universitaire classique et de référence. On note la coordination de l’école montpelliéraine de rééducation, rompue au travail synthétique et à la classification. Ce livre ouvre la voie en matière de relations patho-professionnelles ; on regrette que le versant pratique n’ait pas été développé au décours d’ateliers qui viendraient illustrer chaque concept. De même, l’absence de participation effective en la matière, de médecins du travail ou de médecins-conseils, au cours de ces journées, manque. On constatera que les derniers chapitres s’éloignent du sujet professionnel pour rester plus dans le champ de la rééducation et de l’analyse critique des prothèses de hanches actuelles ; ils n’en demeurent pas moins importants au praticien-conseil car ils illustrent les référentiels de prescription de kinésithérapie. Ils évoquent le rôle du médecin du travail ; ils donnent des pistes à la reprise du travail, notamment après complications. À ce titre, les tableaux 13.1 page 85 et 13.2 page 87, algorithmes de prise en charge médico-professionnels, devraient être connus de tous les praticiens-conseils car ils sont propédeutiques. Il existe, dans ce livre (p. 33), un chapitre singulier : « Le symptôme a-t-il une histoire ? », par le professeur Jean-Michel Vallat, qui introduit une étude des concepts de symptôme, d’histoire clinique racontée, de refoulement et d’image du corps en rhumatologie et rééducation, problèmes auxquels les praticiens-conseils sont souvent confrontés.
5 Le principe de l’ouvrage est de fournir aux lecteurs le must évolutif des concepts de rééducation et du relationnel des professionnels de santé avec le monde du travail au sujet des relations entre le salarié, sa pathologie et son travail. C’est un travail ardu car « pour les acteurs de santé, les principales barrières décrites sont le manque d’intérêt pour le sujet, l’absence de prise de conscience de la non-conformité des pratiques par rapport aux données de la science ou aux bonnes pratiques, le manque d’avancée scientifique dans le domaine justifiant de bonnes pratiques, la méconnaissance de la maladie, la difficulté de pouvoir appliquer en pratique quotidienne les recommandations, la résistance au changement, la simplification des modèles, l’absence d’adhésion… enfin des fausses croyances sur le sujet et des idées reçues ». Bref, un véritable vécu de notre quotidien ! Ce livre ouvre la voie, nous formons le souhait qu’il soit à l’origine d’un véritable courant de pensée.
6 Jean-Louis Cornille