Les réseaux de santé, une nouvelle médecine ?, R. Bercot, F. De Coninck, Collection Logiques sociales, L’Harmattan, Paris, 2006 : 148 p., ISBN : 2-296-01157-8
- Par Joëlle Kivits
Pages 599g à 605g
Citer cet article
- KIVITS, Joëlle,
- Kivits, Joëlle.
- Kivits, J.
https://doi.org/10.3917/spub.064.0599g
Citer cet article
- Kivits, J.
- Kivits, Joëlle.
- KIVITS, Joëlle,
https://doi.org/10.3917/spub.064.0599g
1 En se plongeant dans le quotidien de deux de réseaux de santé – une association de quartier et un service d’Hospitalisation à Domicile (HAD) en lien avec un service de cardiologie d’un CHU – cette enquête propose une réflexion globale sur l’évolution de la médecine contemporaine, tant au niveau de ses modes de fonctionnement que de sa philosophie de soins.
2 Les réseaux de santé sont le signe d’une nouvelle coopération entre professionnels de santé d’une part, entre ces mêmes professionnels et la société civile d’autre part. Si des raisons économiques peuvent motiver la création de ces réseaux, par exemple lors du suivi médical de patients hors structure hospitalière grâce à l’HAD, les auteurs montrent que les réseaux de santé sont avant tout le reflet de la prise de conscience, par les acteurs politiques et les professionnels de la santé, de la dimension sociale de la santé et des limites thérapeutiques qui appellent à des types nouveaux de prise en charge du patient.
3 L’enquête menée au cœur de ces deux réseaux met en avant le paradoxe de ces nouvelles coopérations. Les réseaux travaillent sur le fragile équilibre entre une autonomisation croissante du patient, invité à devenir acteur de sa santé que ce soit en termes de soins ou de prévention, et l’exercice d’un contrôle social par une médecine « experte » qui éduque à la santé. D’inévitables obstacles institutionnels, organisationnels et relationnels en sont la conséquence et exigent des intervenants et patients des réseaux, de permanents ajustements afin de trouver un terrain d’entente et de compréhension favorable à une prise en charge globale. Du côté des professionnels, il s’agit d’« inventer » de nouvelles formes de soins et de prévention adaptées à la particularité de chaque situation ; du côté des patients ou résidents de quartiers et de leur famille, il s’agit d’accepter, et de vivre avec, une présence médicale qui, si elle se veut partie intégrante du quotidien, constitue toujours un élément perturbateur et étranger.
4 À leur question initiale, « Les réseaux de santé, une nouvelle médecine ? », les auteurs répondent par l’affirmative. Tout en reconnaissant les dysfonctionnements qui traversent les deux réseaux étudiés et les divergences de points de vue qui persistent entre soignants et soignés, les auteurs mettent en avant l’innovation de la prise en charge médicale, mouvement qui est en marche et qui est appelé à se développer.
5 Joëlle Kivits
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Date de mise en ligne : 01/01/2008
https://doi.org/10.3917/spub.064.0599g