La publication scientifique : un impératif pour les acteurs de santé publique
- Par François Alla
Pages 97 à 98
Citer cet article
- ALLA, François,
- Alla, François.
- Alla, F.
https://doi.org/10.3917/spub.072.0097
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- Alla, F.
- Alla, François.
- ALLA, François,
https://doi.org/10.3917/spub.072.0097
Notes
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[1]
www.ucl.ac.uk/public-health/sphere/spherehome.htm (accédé le 16/04/2007).
-
[2]
Leguéré JP, Laurent-Beq A, Alla F, Douiller A, Ferron C, Lavielle C, Méheust C, Cormand MF. Écrire en santé publique - Guide d’aide à la rédaction en promotion de la santé. Nancy : SFSP ; 2006 (disponible à http:/ /www.sfsp.info/sfsp/infos/documents/pubguide.htm).
1Alors que le nombre de revues scientifiques dans le monde est pléthorique – la base Scopus recense plus de 3 400 revues dans les sciences de la vie, 5 300 dans les sciences de la santé et 2 800 dans les sciences sociales – bien peu de revues francophones couvrent le champ de la santé publique. Le projet européen SPHERE [1] n’en recense que sept, six françaises et une canadienne. De plus, une faible place est accordée dans ces revues aux professionnels non chercheurs et certains champs, particulièrement la prévention, y sont sous-représentés.
2Dans ce paysage de publications scientifiques, Santé Publique fait la différence. Revue scientifique généraliste de santé publique francophone, à comité de lecture, la diversité de ses rubriques – Études, Pratiques, Lettre de terrain ou encore Politique – permet d’accorder une voix importante tant aux chercheurs qu’aux professionnels en santé publique.
3Le besoin de publications scientifiques, notamment de publications provenant des acteurs qui font la santé publique au quotidien, est en effet réel. Les débats autour des expertises et recommandations le montrent : à l’heure d’une santé publique basée sur les preuves (evidence based public health), ce qui n’est pas publié n’existe pas ! La publication est un impératif d’utilité sociale, permettant de produire et de diffuser une connaissance exploitable de manière directe ou indirecte en vue de l’amélioration de l’état de santé de la population. Elle représente un outil de valorisation d’une activité professionnelle, de partage d’expériences. Elle permet surtout d’objectiver la validité d’une pratique. Ainsi la parole des acteurs de santé publique francophone, qui publient peu, n’a que peu de portée face aux « poids lourds » de la recherche, notamment anglo-saxonne. Cette situation pose la question de la prise en compte du point de vue, de la sensibilité et de l’expertise des professionnels de promotion de la santé.
4Les causes de cette sous-représentation sont multiples. Il est vrai que les revues scientifiques ont rarement une culture des approches de santé publique, il est parfois difficile de faire accepter de tels articles, hétérodoxes quant à la méthode ou au champ explorés, à l’exemple des analyses d’actions. Il faut aussi reconnaître la réelle difficulté pour les professionnels à écrire et publier de tels articles : la forme rédactionnelle est contraignante, « pas habituelle » et les professionnels ne sont pas formés à ce type d’écriture ; les délais de publication sont souvent longs, décourageants ; il y a peu ou pas de temps à y consacrer.
5Comment peut-on améliorer cette situation ? Les pistes d’action sont multiples et complémentaires. On pourrait citer :
- une meilleure intégration de la méthodologie de recherche et de communication scientifique dans la formation initiale et permanente des professionnels de santé publique ;
- une réelle prise en compte de l’activité de rédaction et de publication dans le temps de travail de ces professionnels (on peut toujours être optimiste !) ;
- une sensibilisation des revues pour accepter des articles « autres » (par le thème employé, la méthode, l’origine des articles…) ;
- un accompagnement des auteurs par les revues.
6C’est, j’en suis persuadé, par de telles initiatives, et en poursuivant et amplifiant cet effort commun, que la parole des acteurs de santé publique et promotion de la santé prendra la place qu’elle mérite dans les débats scientifiques et sociétaux.
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Date de mise en ligne : 01/01/2008
https://doi.org/10.3917/spub.072.0097