A Guided Tour through Inevitable Value Judgments. A Hastings Center Special Report, Adam M. Finkel, “Governance of Emerging Technologies”, 2018:30-45
- Par Jean Martin
Pages 429c à 430c
Citer cet article
- MARTIN, Jean,
- Martin, Jean.
- Martin, J.
https://doi.org/10.3917/spub.183.0429c
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- Martin, J.
- Martin, Jean.
- MARTIN, Jean,
https://doi.org/10.3917/spub.183.0429c
1 En santé publique, les problèmes sont de plus en plus complexes, multifactoriels, demandant des appréciations multicritères. Cet article étoffé de Adam M. Finkel est fort intéressant, à propos de jugements de valeur dans notre domaine. L’auteur a été aux États-Unis le patron du domaine Régulation de la Occupational Safety and Health Administration, conseillant le gouvernement sur les mesures à prendre – ou ne pas prendre– pour protéger la santé au travail (domaine où les analyses coût-bénéfice jouent un rôle important). Parmi les questions qui se posent :
- les dangers anthropogéniques sont-ils des cibles plus importantes pour la régulation que les dangers naturels ?
- la société devrait-elle réguler les actes du registre de la commission, de l’omission, ou les deux ?
- devons-nous envisager des régulations pertinentes, mais qui peuvent sembler futiles au vu de l’importance du problème ? (« goutte d’eau dans la mer ») ;
- le bénéfice sociétal net est-il toujours la bonne mesure, même si pour beaucoup de personnes le bénéfice individuel diminue ?
- cherchons-nous un résultat bon, meilleur qu’avant, ou le mieux qu’on puisse atteindre ? (question du mieux qui peut être l’ennemi du bien…) ;
- quelle définition d’optimal appliquons-nous parmi de nombreuses définitions ?
- cherchons-nous à améliorer le bien-être ressenti par les bénéficiaires – et/ou les payeurs – ou un mieux-être objectif ?
- considérons-nous comme bénéfique la réduction d’atteintes à l’environnement naturel même si la santé et le bien-être humain ne sont eux pas affectés ? (vers des droits de la nature ?) ;
- sur quel laps de temps (court, moyen ou long terme) nos analyses doivent-elles porter ?
- les analystes doivent-ils exclure les bénéfices (et les coûts) « non quantifiables » ?
- devons-nous envisager des actions qui transfèrent du bien-être au sein d’une population, entre différentes parties, mais n’entraînent pas de bénéfice net global ?
- les valeurs en question doivent-elles exclure les considérations d’altruisme ?
- devons-nous, s’agissant de maladies ou accidents fatals, considérer les vies perdues ou les années de vie perdues ?
- toutes les années de vie doivent-elles être considérées de manière équivalente ou faut-il utiliser la notion d’« années de vie ajustées pour la qualité » ?
- la longévité est à juste titre vue comme un bénéfice privé, mais doit-on en tenir compte comme un coût social ?
- qui est qualifié en tant que « partie prenante » (notion de stakeholder) ?
- les analystes devraient-ils surtout éviter de donner une impression erronée de confiance dans leurs résultats, ou doivent-ils éviter d’entourer leurs estimations de « il reste beaucoup d’incertitude » ?
- toutes les sources d’incertitude doivent-elles être mentionnées, notamment les théories scientifiques plausibles, mais mutuellement incompatibles ?
- comment les ressources doivent-elles être distribuées entre la prévention et la compensation après coup ? (les sociétés – trop –libérales tendent à attendre de constater les dégâts avant d’agir) ;
- est-ce à l’autorité publique d’apporter la preuve qu’un acte est/a été volontaire, ou est-ce à celui qui a violé la règle de prouver que ses actions n’étaient pas volontaires ?
2 En santé publique, sous des formes diverses, ces interrogations sont pertinentes à quelque niveau qu’on se place. Contrôler/réguler, oui ou non, combien, comment ? L’enjeu est, compte tenu des faits, de trouver le juste équilibre entre les intérêts en présence.
3 Jean Martin
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Date de mise en ligne : 09/09/2018
https://doi.org/10.3917/spub.183.0429c