Douleurs et émotions. Intégrer les émotions dans le traitement de la douleur, Anne-Françoise Allaz, Paris : Éditions Vigot ; 2021. 127 p.
- Par Jean Martin
Pages 465c à 466c
Citer cet article
- MARTIN, Jean,
- Martin, Jean.
- Martin, J.
https://doi.org/10.3917/spub.213.0465c
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https://doi.org/10.3917/spub.213.0465c
1 La professeure Anne-Françoise Allaz a travaillé pendant trente ans au Centre de la douleur des hôpitaux universitaires de Genève. Elle publie un ouvrage substantiel sur un domaine qui a beaucoup gagné en importance au cours des décennies récentes.
2 La première partie rappelle utilement, sans jargon, ce qu’on sait aujourd’hui de la douleur, de ses causes (quand on les connaît), de ses caractères, y compris sur le plan physiopathologique. Suit une immersion progressive, somatique/technique et psychologique/empathique dans l’expérience professionnelle et académique de l’auteure, assortie de vignettes cliniques. Son exposé est marqué par l’humanité toujours nécessaire, particulièrement devant des tableaux chroniques complexes.
3 Est soulignée l’importance d’une prise en charge multimodale intégrée, tant dans l’évaluation de la situation que dans le développement de la démarche thérapeutique – bien loin des notions de type « one size fits all » (un traitement standard) ou de la recherche de la « magic bullet » (balle miracle) – et, au-delà des aspects physiques, des composantes psychologiques et émotionnelles et de la relation avec le soignant. Choisir les possibilités de traitement correspondantes.
4 La nécessité de penser selon une logique multimodale s’étend à la diversité des méthodes qui peuvent être invoquées. Cela inclut les possibilités complémentaires ou alternatives, auxquelles A.-F. Allaz consacre une section. Cet intérêt, basé sur les bénéfices confirmés que peuvent apporter ces méthodes lorsqu’elles sont utilisées à bon escient se manifeste aujourd’hui également en milieu universitaire.
5 Le dernier chapitre propose une discussion sur l’intégration des dimensions émotionnelles dans la pratique du côté i) des thérapeutes, ii) des proches et iii) des personnes souffrantes.
6 Des notations fortes — « Pour que la rencontre thérapeutique soit féconde, l’intérêt pour le système de référence de l’autre est essentiel » – un axiome, peut-on dire. « L’accueil du patient et de sa souffrance est au centre de toute offre de soins […] Les expériences de vie des patients – dont leurs relations avec le système de santé – ont souvent renforcé leurs craintes de ne pas être crus, ou leur impression d’être rejetés. » On observe des réticences chez certains patients quand l’éventualité d’une prescription d’antidépresseurs est évoquée, en raison de la connotation psy de ces substances, alors même que certaines sont souvent utiles dans le traitement des douleurs (p. 76-77).
7 Un message majeur — « Il est important de savoir expliquer que, en médecine algologique, le modèle de soin est celui de la réhabilitation, ou la séquence linéaire traditionnelle diagnostic-traitement-guérison n’est pas applicable. »
8 À souligner l’importance, d’un point de vue de santé publique, de ce point : « Si des différences culturelles de perception et de réponse à la douleur sont observées, elles sont en réalité souvent battues en brèche par les déterminants sociaux. Les facteurs ethniques et culturels ont, en revanche, été associés à une prise en charge inégalitaire, sans doute en lien avec divers stéréotypes. » Rappel de ce que ces inégalités sont le problème majeur de nos systèmes de santé !
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Date de mise en ligne : 10/11/2021
https://doi.org/10.3917/spub.213.0465c