Les valeurs de la biodiversité dans les lois et conventions internationales
- Par Marion Gosselin
- et Frédéric Gosselin
Page 9
Citer cet article
- GOSSELIN, Marion
- et GOSSELIN, Frédéric,
- Gosselin, Marion.
- et al.
- Gosselin, M.
- et Gosselin, F.
https://doi.org/10.3917/set.003.0009
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- et Gosselin, F.
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- et GOSSELIN, Frédéric,
https://doi.org/10.3917/set.003.0009
1Souvent, les notions de biodiversité et de services écosystémiques sont confondues. Ainsi, on trouve fréquemment des articles scientifiques comportant le terme « biodiversité » dans le titre ou les mots-clefs, alors que l’article étudie, par exemple, un processus biologique ou un service écosystémique, et non la diversité du vivant au sein d’un écosystème.
2Il ne faut donc pas confondre ce qui relève de la diversité du vivant – et donc de la biodiversité au sens de la Convention sur la diversité biologique (cf. une synthèse des définitions, Gosselin et al., 2004) – avec ce qui relève du vivant ou des services écosystémiques, qui sont des concepts plus généraux. Cette confusion a d’autant moins de raison d’être que les services écosystémiques ne sont pas conditionnés uniquement par la biodiversité. En fait :
- la biodiversité est un des services rendus par les écosystèmes (en l’occurrence, fourniture d’une ressource élargie sensu Larrère et Larrère, p. 6-8 de ce numéro) ;
- des éléments de biodiversité contribuent aux services écosystémiques, mais rarement toute la biodiversité en tant que telle. Par exemple, la protection des sols contre l’érosion nécessite une couverture végétale, mais pas forcément très diversifiée.
- une valeur d’existence, en raison de laquelle la biodiversité doit être protégée pour elle-même. La valeur d’existence se justifie par des aspects immatériels, y compris dans une approche humaniste qui considère que toute la biodiversité mérite d’être conservée en tant que source d’émerveillement bénéfique à l’homme, pour les valeurs esthétiques, spirituelles ou culturelles qu’elle apporte, ou comme patrimoine à transmettre aux générations futures, toute perte d’espèce étant irréversible (Larrère et Larrère, p. 6-8 de ce numéro). La biodiversité est ici un service écosystémique rendu à l’homme ;
- une valeur que nous appellerons extrinsèque car, dans cette perspective, la biodiversité doit être conservée pour une autre fonction ou entité écologique qu’elle-même, par exemple sa participation aux services écosystémiques, actuels ou potentiels, matériels ou immatériels, fournis à l’homme : services d’approvisionnement (plantes médicinales, alimentation, source d’énergie, textiles), de régulation et d’auto-entretien (fonctionnement des écosystèmes, prédation…). Ici, la biodiversité rend service.
- d’une part, l’utilisation de la biodiversité comme unique norme des politiques des ressources naturelles (Larrère et Larrère, p. 6-8 ce numéro) ;
- d’autre part, l’affirmation de la valeur d’existence de la biodiversité comme objectif de nombreux textes législatifs la concernant (tableau 1).
Objectifs et valeurs sous-jacentes de la biodiversité dans les principales conventions internationales ou européennes concernant la biodiversité*,**,***
Objectifs et valeurs sous-jacentes de la biodiversité dans les principales conventions internationales ou européennes concernant la biodiversité*,**,***
* Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ;** Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction ;
*** Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement.
3Nous nous situons bien ici dans une approche anthropocentrée (ou humaniste) élargie, y compris lorsqu’on parle de valeur d’existence de la biodiversité – comme proposé par Gosselin (2008) comme base éthique de l’ingénierie écologique – principalement parce que les textes internationaux dont nous rendons compte semblent se situer dans cette optique.
Quelques références clés…
- GOSSELIN, M., FADY, B., LEFÈVRE, F., 2004, La biodiversité : définitions, enjeux et débats scientifiques, in : GOSSELIN, M., LAROUSSINIE O., Gestion Forestière et Biodiversité : connaître pour préserver – synthèse bibliographique, p. 15-40, Antony, Cemagref.
- GOSSELIN, F., 2008, Redefining ecological engineering to promote its integration with sustainable development and tighten its links with the whole of ecology, Ecological Engineering, n° 32, p. 199-205.
- RIDDER, B., 2008, Questioning the ecosystem services argument for biodiversity conservation, Biodiversity and Conservation, n° 17, p. 781-790.
- SCHWARTZ, M.W., BRIGHAM, C.A., HOEKSEMA, J.D., LYONS, K.G., MILLS, M.H., VAN MANTGEM, P.J., 2000, Linking biodiversity to ecosystem function : implications for conservation ecology, Oecologia, n° 122, p. 297-305.