Les deux Montagnais de Sept-Îles
- Par Guy Gauthier
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L’anthropologue doit pouvoir déterminer si une personne est morte noyée ou si la mort a été provoquée.
En 1977, deux Montagnais partis avec une embarcation sur la rivière Moïse sont retrouvés morts à proximité de la rivière, près de Sept-Îles, au Québec. À l’époque, une enquête révèle que les deux Montagnais se sont noyés. Mais plusieurs membres de la communauté autochtone pensent qu’ils auraient été tués après une altercation avec deux gardepêches et que ce ne sont pas leurs corps qui ont été enterrés.
En 1998, le gouvernement décide de mettre sur pied la commission d’enquête Roberge et demande que les deux corps soient exhumés. L’anthropologue judiciaire Kathy Reichs procède à l’analyse des corps (analyse ADN) et confirme qu’il s’agit bien des deux Montagnais. Mais on ne trouve aucune trace de blessures qui auraient pu être causées par l’altercation avec les garde-pêches.
L’anthropologue Rémi Savard, de l’université de Montréal, qui est également intervenu dans les différentes enquêtes menées, affirme que certains agents des forces de l’ordre de cette région ont la réputation de faire des arrestations « musclées ». Ainsi, lors d’une tentative d’arrestation des deux Montagnais et d’une altercation avec les agents, il pense qu’il est possible qu’ils aient basculé avec leur embarcation et se soient noyés. Les agents n’auraient pas été capables de porter secours aux deux jeunes Montagnais.
La commission d’enquête Roberge conclut que la mort est survenue par noyade et qu’aucun élément ne peut accréditer une autre thèse que celle de la noyade accidentelle…
Date de mise en ligne : 27/05/2024
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