Archaïsme et modernité : imaginaire et réalités de la transplantation entre Orient et Occident
Pages 27 à 34
Citer ce chapitre
- MOULIN, Anne-Marie,
- DELAPORTE, François,
- DEVAUCHELLE, Bernard
- et FOURNIER, Emmanuel,
- Moulin, Anne-Marie.
- Moulin, A.-M.
- F. Delaporte,
- B. Devauchelle
- et E. Fournier
https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2015.03.0027
Citer ce chapitre
- Moulin, A.-M.
- F. Delaporte,
- B. Devauchelle
- et E. Fournier
- Moulin, Anne-Marie.
- MOULIN, Anne-Marie,
- DELAPORTE, François,
- DEVAUCHELLE, Bernard
- et FOURNIER, Emmanuel,
https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2015.03.0027
Notes
-
[1]
R. C. Fox et J. P. Swazey, Spare Parts. Organ transplantation in America, Oxford University Press, 1992.
-
[2]
M. Mauss, « Essais sur le Don. Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques (1923-1924) », in Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1991, p. 146-279.
-
[3]
A.-M. Moulin, « La crise éthique de la transplantation d’organes. À la recherche de la “compatibilité” culturelle », Diogène, 172, 1995, p. 76-96.
-
[4]
M. S. Ben Ammar, Islam et transplantation d’organes, Paris, Springer, 2009.
- [5]
-
[6]
W. Fageeh, H. Raffa, H. Jabbad et A. Marzouki, “Case report. Transplantation of the human uterus”, International Journal of Gynecology and Obstetrics, 76, 2002, p. 245-251.
-
[7]
Elle ne mentionne pas que le prêt d’utérus est possible à l’intérieur d’une famille polygame.
-
[8]
M. S. Ben Ammar, op. cit., p. ix.
-
[9]
Ibid., p. 150-157.
-
[10]
Ibid., p. 7.
-
[11]
Catalogue d’exposition, À l’ombre d’Avicenne. La médecine au temps des califes, Institut du Monde arabe/Bibliothèque nationale, Paris, Snoeck-Ducaju, 1996.
-
[12]
Catalogue bilingue arabe-français de l’exposition Quand les Sciences parlent arabe, Le Caire, Musée d’art islamique, 2003.
-
[13]
Paris, Gallimard, 2011.
-
[14]
R. Eklund, Life between death and resurrection according to Islam, Uppsala, Almqvist, 1941.
-
[15]
Cité par M. S. Ben Ammar, op. cit., p. 56.
-
[16]
B. Krawietz, “Ethical versus medical values according to contemporary Islamic law”, Recht van de Islam, 16, 1999, p. 1-26.
-
[17]
Voir l’ensemble de fatwas citées : Organisation islamique des sciences médicales, 1996, Koweit ; Fatwa du Conseil de l’Académie des sciences islamiques, 1990, Jeddah ; Conseil de l’Académie des sciences du fiqh islamique, 1986, 1988, 1990 ; M. S. Ben Ammar, op. cit., p. 140-145. Aussi : S. Van Den Branden et B. Broeckaert, “The ongoing charity of organ donation. Contemporary English Sunni Fatwas on organ donation and blood transfusion”, Bioethics, 27, 2011, p. 167-175.
-
[18]
B. Krawietz, “Brain, death and islamic traditions”, American Journal of Islamic Social Sciences, 25, 2008, p. 194-213.
-
[19]
M. S. Ben Amar, op. cit., p. 111-125 et 157-171.
-
[20]
A. Varberg-Reisaeter, « Le modèle scandinave, l’expérience norvégienne », in M.-J. Thiel (éd.), Donner, recevoir un organe. Droit, dû, devoir, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2009, p. 51-57.
-
[21]
M.-C. Pouchelle, « Transports hospitaliers, extravagances de l’âme », in F. Lautman et J. Maitre (éd.), Gestion religieuse de la santé, Paris, L’Harmattan, p. 247-299.
-
[22]
C. Baudelot et O. Baudelot, Une promenade de santé. Histoire de notre greffe, Paris, Stock, 2008.
-
[23]
Voir la thèse de S. Houot, Sens et médiation : contribution du magistère du cheikh syrien Saïd Ramadân al-Bûtî à une compréhension de l’islam contemporain, Université de Paris I, 2008.
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[24]
M. Zeghal, Les gardiens de l’islam. Les oulémas d’Al Azhar dans l’Égypte contemporaine, Paris, Presses de Sciences Po, 1997.
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[25]
Voir par exemple sa communication à la Journée franco-égyptienne sur la transplantation présidée par Didier Sicard, Comité français d’éthique, et organisée par le Centre culturel français, Le Caire, 2005.
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[26]
S. Hamdy, Our bodies belong to God. Organ transplants, Islam, and the struggle for human dignity in Egypt, Ewing (NJ), University of California Press, 2012.
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[27]
A.-M. Moulin, « Comment se portent les Égyptiens ? Un diagnostic », in V. Battesti et F. Ireton (éd.), L’Égypte au présent : Inventaire avant Révolution, Paris, Sindbad, 2011, p. 577-610 ; « La santé est aussi un enjeu politique », L’Histoire, 52, « Les Révolutions arabes », 2011, p. 84.
-
[28]
A.-M. Moulin, “Defenceless bodies and violent afflictions in a global world. Blood, iatrogenesis and hepatitis C transmission in Egypt”, in T. Giles-Vernick et J. L. A. Webb (éd.), Global health in Africa. Historical perspectives on culture, epidemiology, and control, Athens (Ohio), Ohio University Press, 2013, p. 171-192.
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[29]
J. Elster et N. Herpin, Éthique des choix médicaux, Arles, Actes Sud, 1994.
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[30]
M. Gabolde et A.-M. Moulin, “French response to ‘innovation’. The return of the living donor in organ transplantation”, in J. Stanton (éd.), Innovations in Health and Medicine, London, Routledge, 2002, p. 188-208.
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[31]
S. Hamdy, op. cit.
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[32]
Dans un autre pays musulman, le Pakistan, le don d’organe est fréquent dans la famille, mais y revêt un sens de sacrifice au sens musulman (qorban) et peut conférer le statut de shahid (martyr) du donneur. Pour une analyse dans ce pays, voir F. Moazam, Bioethics and organ transplantation in a Muslim society : A study in culture, ethnography and religion, Bloomington (Ind.), Indiana University Press, 2006.
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[33]
A.-M. Moulin, « L’esprit et la lettre de la modernité égyptienne. L’enseignement médical de Clot bey. La France et l’Égypte à l’époque des vice-rois, 1805-1882 », Cahier des Annales islamologiques, 22, IFAO, Le Caire, 2002, p. 119-134.
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[34]
A.-M. Moulin, « Changeante modernité. L’État égyptien et la modernisation de la santé publique », in A.-M. Moulin et Y. I. Ulman (éd.), Perilous modernity. History of medicine in the Middle East, from the 19th century onwards, Istanbul, Isis, 2010, p. 157-175.
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[35]
M. Fintz, A.-M. Moulin et S. Radi (éd.), « Figures de la santé en Égypte », Égypte Monde arabe, 2007.
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[36]
A.-M. Moulin, “Silent bodies and strident diseases in a global world. Blood, iatrogenesis and hepatitis C transmission in Egypt”, in T. Giles-Vernice et J. L. A. Webb (éd.), Global Health in Africa. Historical perspectives on culture, epidemiology, and control, Athens (Ohio), Ohio University Press, 2013.
-
[37]
D. Tober et D. Budiani, “Facilitating organ transplants in Egypt : An analysis of doctors’ discourse, Islam, health and the body”, Body and Society, 13, 2007, p. 125-149.
-
[38]
D. Budiani-Saberi, “Human trafficking for organ removal : Evidence from Egypt”, [http://rightswork.org/2012/03/human-trafficking-for-organ].
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[39]
S. Hamdy, op. cit.
-
[40]
I. Abdel-Meguid, L’Autre Pays, Arles, Actes Sud, 1991.
-
[41]
Expression de Geneviève Bedoucha, L’eau, l’amie du puissant. Une communauté oasienne du Sud tunisien, Paris, 1987.
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[42]
Voir notamment la Fédération des Associations pour le Don d’Organes et de Tissus (ADOT).
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[43]
C’est la notion de rewarded gifting, telle que proposée par exemple par A. S. Daar, “Current practice and the legal, ethical, and religious status of post mortem organ donation in the Islamic world”, in W. Land et J. B. Dossetor (éd.), Organ replacement therap : Ethics, justice, commerce, Berlin, Springer, 1991, p. 294-295. Pour la situation actuelle, voir P. Steiner, La transplantation d’organes. Un commerce nouveau entre les êtres humains, Paris, Gallimard, 2010.
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[44]
Déclaration d’Istanbul, International summit on transplant tourism and organ trafficking, en 2008.
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[45]
P. Steiner, op. cit.
-
[46]
H. Chneiweiss, L’homme réparé. Espoirs, limites et enjeux de la médecine régénératrice, Paris, Plon, 2012.
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[47]
R. G. Wilkinson, Unhealthy societies. The afflictions of inequality, London, Routledge, 1996.
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[48]
J.-L. Nancy, « Postface : Don d’organes ou transmission de la vie ? », in M.-J. Thiel (éd.), Donner, recevoir un organe. Droit, dû, devoir, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2009, p. 373-377.
La transplantation d’organes est souvent célébrée comme l’archétype de la modernité et la preuve irréfutable d’un progrès scientifique et technique qui recule les échéances naturelles. En 1992, les sociologues américaines Renée Fox et Judith Swazey prédisaient qu’aux alentours du IIIe millénaire la chirurgie compterait un quart de transplantations et de remplacements d’organes défaillants . Mais la transplantation se rattache aussi à une histoire, voire une préhistoire de l’utilisation des corps humains et de la circulation de leurs substances entre les vivants comme entre morts et vivants. La transplantation, entendue comme « don », résonne avec la façon dont les individus vivent ensemble et perçoivent les liens entre eux dans l’espace et dans la durée. Le don, décrit par Marcel Mauss à propos des sociétés archaïques, peut faire de la greffe un « fait social total » – à savoir, un révélateur des multiples facettes des sociétés qui l’adoptent et la réglementent. Il est donc impossible d’opposer tout uniment l’archaïsme du « laisser mourir » au « faire survivre à tout prix » contemporain. On ne peut exalter les avancées scientifiques et techniques permises par la transplantation sans s’interroger sur l’atteinte à la sacralité du corps qu’elle représente, ses relations avec le sens du « sacrifice » et de la solidarité humaine qui lui est associée.
Sur le plan médical, la transplantation fait intervenir la recherche d’une proximité génétique optimale entre donneur et receveur, et de ce que les immunologistes appellent la « compatibilité biologique »…
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