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Quelques enjeux spécifiques aux pratiques sur et avec du vivant : quel est le rapport entre greffe végétale et greffe chirurgicale ?

Pages 97 à 105

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  • Durrive, B.
(2015). Quelques enjeux spécifiques aux pratiques sur et avec du vivant : quel est le rapport entre greffe végétale et greffe chirurgicale ? Dans
  • F. Delaporte,
  • B. Devauchelle
  • et E. Fournier
Transplanter : Une approche transdisciplinaire : art, médecine, histoire et biologie (p. 97-105). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2015.03.0097.

  • Durrive, Barthélemy.
« Quelques enjeux spécifiques aux pratiques sur et avec du vivant : quel est le rapport entre greffe végétale et greffe chirurgicale ? ». Transplanter Une approche transdisciplinaire : art, médecine, histoire et biologie, Hermann, 2015. p.97-105. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/transplanter--9782705689650-page-97?lang=fr.

  • DURRIVE, Barthélemy,
2015. Quelques enjeux spécifiques aux pratiques sur et avec du vivant : quel est le rapport entre greffe végétale et greffe chirurgicale ? In :
  • DELAPORTE, François,
  • DEVAUCHELLE, Bernard
  • et FOURNIER, Emmanuel,
Transplanter Une approche transdisciplinaire : art, médecine, histoire et biologie. Paris : Hermann. Colloques de Cerisy, p.97-105. DOI : 10.3917/herm.fourn.2015.03.0097. URL : https://stm.cairn.info/transplanter--9782705689650-page-97?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2015.03.0097


Notes

  • [1]
    On verra toutefois qu’un intérêt actuel du rapprochement analogique entre greffe végétale et greffe chirurgicale tient à ce qu’il permet de bien établir la distinction de cette dernière avec la transplantation d’organe.
  • [2]
    Comme le souligne Emmanuel Fournier, refuser de prendre littéralement cette assimilation ne doit pas faire perdre de vue la pertinence propre d’un raisonnement sur le mode du « comme si » : la métaphore de « replanter » exprime avec force l’enjeu vital pour le greffon (rameau ou organe) de réussir à se « ré-acclimater » à son nouveau milieu ; toute technique qu’elle soit, la greffe reste ainsi une certaine façon d’« être dans un lieu » et n’apparaît peut-être vraiment que dans un tel mode de penser.
  • [3]
    A. Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Le Robert, 2010, p. 975.
  • [4]
    « Car les formes végétales, tant intérieures qu’extérieures, résistent aux assimilations à des objets techniques. […] En anatomie animale, l’intérieur des corps se démêle aisément et les différents organes sont bien distingués. […] En revanche, le végétal offre une structure bien moins diversifiée et l’identification de ses parties n’est point aisée » (F. Delaporte, Le second règne de la nature. Essai sur les questions de la végétalité au xviiie siècle, Paris, Flammarion, 1979, p. 33).
  • [5]
    « La première idée de l’ensemencement et le principe de la greffe, c’est la nature elle-même qui les donna, elle, la créatrice de toutes choses » (Lucrèce, De natura rerum, V, 1361-1362).
  • [6]
    L. Daniel, Études sur la greffe, Rennes, Oberthur, 1927, t. I, p. 2.
  • [7]
    Précisons : cette frontière est bien maintenue ; seulement, au lieu d’être prise pour une question de fait, on y reconnaît une question de valeur. Si l’existence humaine et l’existence végétale ne peuvent pas être mises sur le même plan (ni les interventions sur elles assimilées par amalgame), c’est en vertu de « ce que signifie » vivre, de leur point de vue. Ainsi, la rhinoplastie mentionnée à l’instant ne peut être rapprochée du marcottage que métaphoriquement : l’existence animale excède celle des plantes, ne serait-ce que par la temporalité – comme l’illustre bien (dans le cas de la technique due à Tagliacozzi) l’inconfort de tenir la position quinze jours.
  • [8]
    Car n’est-ce pas cette vision schématique que trahit une représentation mythique de la greffe comme celle du miracle de saint Côme et saint Damien : prenant comme modèle ce qui apparaît généralement du greffage (un assemblage brut), l’idée se ferait jour qu’une jambe pourrait en remplacer une autre, sans conditions particulières à respecter ?
  • [9]
    Là encore, si contraire à la machine, la plante déroute tant notre modèle mécanique habituel que le concept même de fonction doit prendre en botanique une acception plus holiste, plus finaliste – peut-être plus organique : « Nul doute aussi que dans l’étude des plantes, à la différence de ce qui a lieu en physiologie animale, on n’observe aucune partie dont la forme éveille l’idée d’un organe, d’une fonction. Quelle attitude adopter ? […] Il n’y a qu’une seule issue possible : adopter la démarche inverse de celle que l’on suit en physiologie animale ; par conséquent, déduire les structures de l’examen des fonctions » (F. Delaporte, op. cit., p. 28 et 34).
  • [10]
    L’autonomie relative de l’organe transplanté autorise (en un sens, au moins immunologique) à le désigner comme un individu, dans la mesure où – si l’opération est un échec – le « rejet » peut être mutuel. 1 1. Cette affinité peut être assez distante : selon les espèces, il est possible de greffer deux plantes de genre différent pour peu qu’elles appartiennent à la même famille (un poirier sur un cognassier, par exemple).
  • [11]
    Cette affinité peut être assez distante : selon les espèces, il est possible de greffer deux plantes de genre différent pour peu qu’elles appartiennent à la même famille (un poirier sur un cognassier, par exemple).
  • [12]
    L. Fioravanti, Miroir universel des arts et sciences, Paris, Regnault Chaudiere, 1598, livre I, chap. v, p. 33.
  • [13]
    A. Trembley, Mémoires pour servir à l’histoire d’un genre de polypes d’eau douce, Leide, Verbeek, 1744, p. 300.
  • [14]
    H.-L. Duhamel du Monceau, « Recherches », in Histoire de l’Académie royale des sciences de Paris, 1746, p. 345.
  • [15]
    Ibid., p. 353.
  • [16]
    « Dans tous ces cas de greffe animale bien positifs, les choses ne se passent pas comme dans la greffe végétale. Le développement de la partie animale greffée n’est pas indéfini, parce que sans doute elle n’a pas conservé ses rapports avec son centre morphologique […]. En un mot, le lambeau du périoste d’un fémur, greffé sous la peau, n’y donne pas naissance à un fémur, comme on voit un bourgeon végétal donner naissance à un arbre » (C. Bernard, De la physiologie générale, Paris, Hachette, 1872, p. 175).
  • [17]
    Ou marginale – le cas de la greffe de foie devant sans doute être ici mis à part.
  • [18]
    G. Canguilhem, Idéologie et rationalité (1977), Paris, Vrin, 1988, p. 38.

Date de mise en ligne : 18/07/2024

https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2015.03.0097

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