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Chapitre 10. De la robustesse de l’ancrage à la versatilité des finitions, les trois temps de l’édification de la sexualité moderne

Pages 301 à 364

Citer ce chapitre


  • Génermont, J.
(2014). Chapitre 10. De la robustesse de l’ancrage à la versatilité des finitions, les trois temps de l’édification de la sexualité moderne. Une histoire naturelle de la sexualité : Plus d’un milliard d’années d’évolution (p. 301-364). Éditions Matériologiques. https://stm.cairn.info/une-histoire-naturelle-de-la-sexualite--9782919694754-page-301?lang=fr.

  • Génermont, Jean.
« Chapitre 10. De la robustesse de l’ancrage à la versatilité des finitions, les trois temps de l’édification de la sexualité moderne ». Une histoire naturelle de la sexualité Plus d’un milliard d’années d’évolution, Éditions Matériologiques, 2014. p.301-364. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/une-histoire-naturelle-de-la-sexualite--9782919694754-page-301?lang=fr.

  • GÉNERMONT, Jean,
2014. Chapitre 10. De la robustesse de l’ancrage à la versatilité des finitions, les trois temps de l’édification de la sexualité moderne. In : Une histoire naturelle de la sexualité Plus d’un milliard d’années d’évolution. Paris : Éditions Matériologiques. Sciences & philosophie, p.301-364. URL : https://stm.cairn.info/une-histoire-naturelle-de-la-sexualite--9782919694754-page-301?lang=fr.

Notes

  • [1]
    En voici quelques-uns : J. Bruslé & J.-P. Quignard, Éco-éthologie de la reproduction des poissons, Paris, Lavoisier, 2012 ; G. Guillot, La planète fleurs, Versailles, Quae, 2010 ; R. Kesseler & M. Harley, La vie sexuelle cachée des fleurs, Paris, SW Télémaque, 2010 ; T. Lodé, Les stratégies de reproduction des animaux : l’aventure évolutive de la sexualité, Paris, Dunod, 2001 ; idem, La guerre des sexes chez les animaux : une histoire naturelle de la sexualité, Paris, Odile Jacob, 2006 ; P. Picq, Les animaux amoureux, Paris, Chêne, 2007 ; M. Proctor, P. Yeo & A. Lack, The natural history of pollination, Londres, Harper Collins, 1996.
  • [2]
    Présence d’une enveloppe nucléaire et aptitude à la phagocytose sont en fait liées entre elles et liées à l’existence d’un réseau de membranes intracytoplasmiques.
  • [3]
    Algues communes sur les côtes rocheuses, en Bretagne par exemple.
  • [4]
    C. Combes, L’art d’être parasite. Les associations du vivant, Paris, Flammarion, 2003.
  • [5]
    Le terme paludisme (du latin palus = marécage) recouvre plusieurs maladies sévissant dans des pays à climat chaud et humide, dues à des espèces différentes du genre Plasmodium (lignée des apicomplexés), de cycles très semblables.
  • [6]
    Le cycle sexué est strictement haploïde, comme chez tous les apicomplexés.
  • [7]
    Les tritons appartiennent à un groupe d’amphibiens chez lesquels, à la différence des grenouilles et crapauds, la queue persiste à l’état adulte.
  • [8]
    Ceci n’est pas sans rappeler ce que j’ai décrit plus haut chez la souris (chapitre 8, section 1.3). Dans les deux cas, les odeurs sont dues à des substances dissoutes dans l’urine et les bases génétiques de leur diversité sont très semblables.
  • [9]
    Il arrive que deux cellules soient réveillées en même temps, voire, exceptionnellement sauf intervention médicale, davantage.
  • [10]
    Connu sous le nom de cycle sexuel, à ne pas confondre avec celui que j’ai désigné sous le nom de cycle sexué (chapitre 1, section 2.2).
  • [11]
    Cette expulsion est couramment dénommée « ovulation » d’après le nom « ovule » souvent donné au gamète femelle d’un animal, mais la cellule expulsée n’est pas encore un gamète, bloquée qu’elle est en pleine méiose !
  • [12]
    En fait cette succession n’est jamais complète dans les conditions naturelles, car la biche a toutes chances de s’accoupler lors d’un des tout premiers cycles avec au moins un mâle et d’entrer de la sorte en gestation !
  • [13]
    Les mâles sont sexuellement mûrs vers quatre mois mais doivent attendre une éventuelle ascension dans la hiérarchie sociale pour avoir des chances de se reproduire un jour.
  • [14]
    Bien que la longévité potentielle soit proche de dix ans, la longévité réelle moyenne ne dépasse guère trois ans, car le lapin est, surtout dans sa jeunesse, une proie facile pour des rapaces (chouettes et hiboux notamment) et de petits mammifères carnivores (belette, fouine, renard, etc.).
  • [15]
    Terme anglais désignant dans une de ses acceptions, éventuellement sous la forme must, l’odeur dégagée par la fermentation d’un moût.
  • [16]
    « Lek » signifie « jeu » en suédois. Peut-être le comportement des mâles a-t-il été dans le passé considéré comme un jeu.
  • [17]
    Le mot « chant » est en toute rigueur impropre, car l’appareil émetteur de sons d’une cigale n’a aucune ressemblance anatomique ou physiologique avec celui d’un être humain ou d’un autre vertébré aérien.
  • [18]
    Ce sont en fait des petites mouettes à queues fourchues évoquant celles des hirondelles sans traduire une particulière parenté avec elles.
  • [19]
    On nomme « mantes » des insectes, relativement proches des criquets, sauterelles et grillons, qui se nourrissent exclusivement de petits animaux, insectes principalement, qu’elles chassent à l’affût, se tenant alors dressées, immobiles, peu visibles de leurs proies possibles du fait de leur ressemblance avec des brins d’herbe. Cette attitude hiératique a été au IIIe siècle avant J.-C. comparée par le poète Théocrite à celle d’une prophétesse, soit en grec mantis, nom utilisé par Linné dans sa description de l’espèce Mantis religiosa, la mante religieuse, l’épithète indiquant que cette attitude, pattes antérieures serrées l’une contre l’autre, peut évoquer une prière, ce qui est aussi à l’origine de noms vernaculaires anciens tels que « prie-dieu ». J’ajoute qu’en zoologie le mot « mante » peut aussi désigner une très grande raie (envergure pouvant atteindre six mètres) du genre Manta, dont la forme très plate évoque un manteau (en bas latin mantus).
  • [20]
    Cette ressemblance au frelon, grosse guêpe aux piqûres redoutables, constitue une protection de l’araignée vis-à-vis des prédateurs potentiels.
  • [21]
    Ces oiseaux sont souvent désignés sous le nom de pingouins, terme proche de celui qui les désigne dans d’autres langues, notamment en anglais (penguins). Cependant, on utilisait en français dès le XVIe siècle, donc bien avant la découverte de la faune antarctique, le mot pingouins pour désigner deux espèces des côtes de l’Atlantique nord. Les explorateurs qui ont découvert les manchots des régions polaires ont été frappés par la ressemblance de ceux-ci à l’une de ces deux espèces, aujourd’hui disparue, le grand pingouin. Le caractère superficiel de cette ressemblance (de couleur et d’attitude au repos) et leur relatif éloignement sur l’arbre des oiseaux (voir figure 33) sont bien vite apparus, d’où la nécessité de donner aux deux catégories des noms différents. On a en français conservé le nom « pingouin » pour les formes auxquelles il s’appliquait déjà et adopté pour les autres le nom « manchot », qui fait allusion à l’absence d’ailes au sens ordinaire du terme. C’est l’inverse qui s’est produit en anglais, où notre pingouin est désigné sous le nom « auk » !
  • [22]
    C’est en fait souvent un mélange en proportions précises de plusieurs substances différentes
  • [23]
    Il existe toutefois quelques espèces d’orchidées qui ne possèdent jamais de chlorophylle et qui restent toute leur vie dépendantes d’un champignon.
  • [24]
    Nom plus savant : chiroptères, du grec cheir = main et pteron = aile (animaux volant au moyen d’ailes dont chacune est faite d’un repli de peau soutenus par le squelette du membre antérieur, particulièrement les os longs et grêles des doigts)
  • [25]
    Un appareil fonctionnant sur le même principe, le sonar, est utilisé par les navigateurs pour apprécier la profondeur des fonds et par les pêcheurs pour détecter les bancs de poissons.
  • [26]
    La récolte de nectar « au vol » est aussi pratiquée par les colibris (ou oiseaux-mouches), les sphinx (papillons crépusculaires) et les bombyles (mouches).

Il est clair à ce point de mon exposé que la sexualité a une histoire longue et complexe. Je veux ici, sans en donner une reconstitution détaillée, en dégager quelques aspects qui me semblent essentiels. Je considère la sexualité dans son état actuel comme un édifice de trois étages, résultat d’une édification en trois temps. Le premier, celui des fondations, s’étend des prémices de la sexualité à sa genèse proprement dite. Le second est celui de l’installation, très précoce et très rapide, de caractères fondamentaux et permanents de la sexualité, conditionnant son évolution ultérieure, dont je dis qu’ils constituent son architecture. Vient enfin le temps des finitions, qui couvre tout le reste de l’histoire jusqu’à nos jours, appelé même à se prolonger dans l’avenir, et qui voit les modalités de la sexualité se diversifier en liaison plus ou moins étroite avec les autres aspects de la diversification du domaine eucaryote : je lui consacrerai une large part de ce chapitre, néanmoins sans espoir d’exhaustivité, en décrivant et commentant quelques-uns de ses aspects les plus saillants, regroupés autour de deux thèmes, celui des colonisations de nouveaux habitats, avec pour exemple les adaptations au parasitisme, et celui du problème de la rencontre entre gamètes aptes à participer ensemble à une fécondation, chez les animaux d’une part et les végétaux d’autre part, en renvoyant pour plus amples informations et discussions aux nombreux ouvrages qui traitent de ces points de façon plus approfondie et/ou avec des éclairages différent…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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