Épilogue
- Par Claude Gudin
Pages 167 à 169
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- GUDIN, Claude,
- Gudin, Claude.
- Gudin, C.
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- GUDIN, Claude,
Conclure eût été difficile, résumer pas facile ; il m’a semblé qu’avec les sens, il y avait matière à épiloguer. En ce sens, les cinq sens nous ouvrent des pistes que le cerveau a explorées, suivies, défrichant au passage son environnement pour le transformer par la culture dans les deux sens du mot.
N’est-ce pas par exemple en suivant les pistes de nos papilles, celles du salé, du sucré, de l’acide, de l’amer, que nous avons construit le jardin planétaire où nous logeons ?
Cette recherche de nourriture idéale, compatible avec le programme génétique de nos papilles, nous a amenés à créer des monstres au milieu desquels nous vivons aujourd’hui en leur donnant le nom de nature. Sauf à de rares exceptions où la nature peut encore être considérée comme sauvage, celle qui nous entoure est plantée, jardinée, et sent la sueur et la matière grise de l’homme, tout comme une cathédrale gothique ou un viaduc.
Depuis le néolithique, nous avons hybridé, cloné, greffé, bouturé, pollinisé, fait voyager les espèces d’un continent à l’autre en modifiant profondément leur génétique, doublant, quadruplant ou plus leur nombre de chromosomes pour en faire des géants ou des nains, des gros ou des maigres. Ainsi sont les arbres qui nous entourent, les fruits et légumes que nous consommons. Quant aux animaux, inutile d’épiloguer plus longtemps, l’homme a manipulé génétiquement ce qui, sans lui, aurait pu s’appeler la nature pour satisfaire les besoins que lui révèlent ses sens. À une époque où le « tout-écologique » est en train de rattraper le « tout-neurologique », il est bon de le rappeler…
Date de mise en ligne : 11/01/2024
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