Chapitre d’ouvrage

Chapitre 6. Entrepreneuriat wallon, identité et capital social

Pages 209 à 243

Citer ce chapitre


  • Guyot, J.-L.
  • et Italiano, P.
(2005). Chapitre 6. Entrepreneuriat wallon, identité et capital social. Dans
  • J. Houard
  • et M. Jacquemain
Capital social et dynamique régionale (p. 209-243). De Boeck Supérieur. https://doi.org/10.3917/dbu.houar.2005.01.0209.

  • Guyot, Jean-Luc.
  • et al.
« Chapitre 6. Entrepreneuriat wallon, identité et capital social ». Capital social et dynamique régionale, De Boeck Supérieur, 2005. p.209-243. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/capital-social-et-dynamique-regionale--9782804149420-page-209?lang=fr.

  • GUYOT, Jean-Luc
  • et ITALIANO, Patrick,
2005. Chapitre 6. Entrepreneuriat wallon, identité et capital social. In :
  • HOUARD, Jean
  • et JACQUEMAIN, Marc,
Capital social et dynamique régionale. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur. Économie, Société, Région, p.209-243. DOI : 10.3917/dbu.houar.2005.01.0209. URL : https://stm.cairn.info/capital-social-et-dynamique-regionale--9782804149420-page-209?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dbu.houar.2005.01.0209


Notes

  • [1]
    Pour faciliter la lecture, nous utiliserons ce terme générique pour viser la création et la reprise d’entreprise et le « self-employment ».
  • [2]
    Néanmoins, plusieurs auteurs, dont Gill L. (1988) et Storey D. (1994), insistent sur l’importance des politiques éducatives en milieu scolaire en vue de stimuler ce qu’il est convenu d’appeler l’esprit d’entreprise et de créer un climat culturel propice à l’entrepreneuriat. L’enseignement ne faisant pas partie des compétences régionales, nous nous limiterons donc à considérer la population en âge d’activité.
  • [3]
    Ceci présuppose que attitudes et pratiques s’articulent. Certaines situations de fait peuvent cependant se caractériser par une non congruence entre attitudes et pratiques, comme par exemple dans le cas de travailleurs salariés contraints par leur employeur d’adopter un statut de travailleur indépendant. C’est sans doute une des limites de ce modèle.
  • [4]
    La situation statistique des différents éléments présentés ici sera examinée par la suite, lors de l’analyse des résultats de l’enquête.
  • [5]
    L’identité est entendue ici dans un sens large et non uniquement en termes de sentiment d’appartenance à une région ou autre entité géographique.
  • [6]
    Nous visons ici uniquement la composante identitaire dans sa dimension sociologique, en laissant de côté la dimension psychologique, qui renvoie plutôt au concept de personnalité. Ce faisant, nous n’aborderons pas les très nombreux travaux portant sur les traits de personnalité (supposés être) caractéristiques de l’entrepreneur. Parmi les très nombreuses tentatives d’identification d’un (ou de plusieurs) traits psychologiques qui caractériserai (en) t le groupe des entrepreneurs par rapport au groupe des non-entrepreneurs, on peut citer, par exemple, celle de Timmons J. A. et al. (1999), qui listent pas moins de vingt caractéristiques différenciant les entrepreneurs des non-entrepreneurs. Dans cet ouvrage (1999 : 220-225), ils retiennent six thèmes dominants relatifs aux attitudes et comportements ( « desirable and acquirable ») caractérisant l’entrepreneur : « commitment and determination ; leadership ; opportunity obsession ; tolerance of risk, ambiguity, and uncertainty ; creativity, self-reliance, and ability to adapt, motivation to excel ».
  • [7]
    Le lecteur intéressé par la discussion des différentes dimensions de ce concept du point de vue de l’entrepreneuriat peut consulter Guyot J. L. (2004).
  • [8]
    Le lecteur désireux de mener une réflexion plus poussée sur la question de la construction identitaire peut consulter l’ouvrage de Lahire B. (1998), dont le propos est d’examiner comment la pluralité des appartenances sociales et des expériences s’incorpore au sein de chaque acteur.
  • [9]
    Une tentative de systématisation de l’identification de ces expériences et apprentissage est proposée par Bowen D. et Hisrich R. (1986). Ces deux auteurs tentent d’inventorier les éléments qui peuvent générer une carrière entrepreneuriale et en influencer les orientations. Leur modèle repose sur un découpage en trois étapes interdépendantes, du moins dans les limites de leur enchaînement temporel, de la trajectoire biographique (enfance, situation adulte passée et situation adulte actuelle) et une conception du passage à la création en termes de cycle de vie.
  • [10]
    Ce concept renvoie à la capacité acquise par l’individu social au cours des processus de socialisation d’adopter le comportement, au sens large du terme, adéquat face aux diverses situations qu’il est susceptible de rencontrer. Cette adoption ne s’effectue pas de manière réfléchie mais comme s’il s’agissait de la réponse naturelle qui s’impose, de la réaction instinctive face à l’environnement. L’habitus est donc le résultat d’un long travail inconscient de socialisation et d’apprentissage social contribuant à l’élaboration de l’identité sociale de l’individu. L’habitus s’avère nécessaire à la fois au groupe et à l’individu car il assure à celui-ci un code de conduite « naturel » et non figé permettant de poser devant la multitude des différents événements de la vie sociale le bon choix, c’est-à-dire celui respectueux du système culturel et normatif du groupe. Il n’est cependant pas réductible à l’habitude car il incorpore, à la différence de cette dernière, les principes d’invention et d’adaptation pratique à des situations inédites. C’est pourquoi le concept d’habitus est pensé en termes dynamiques : les ajustements des réponses à la nouveauté et à l’imprévu de ces situations peuvent engendrer des modifications durables de ce dernier.
  • [11]
    Cette identité et ce positionnement ne sont pas ici considérés comme un donné définitif. Ils sont un acquis en recomposition constante en fonction des interactions et des événements jalonnant le parcours de l’acteur.
  • [12]
    Le concept de disposition s’entend, lui aussi, dans son acception boudieusienne. Il désigne les inclinations à percevoir et à agir d’une certaine façon, acquises et intériorisées, le plus fréquemment inconsciemment, par chaque individu, du fait de ses conditions objectives d’existence. Les dispositions sont durables, c’est-à-dire fortement enracinées dans l’individu, et transférables d’une sphère d’expérience à une autre.
  • [13]
    Hisrich R. et Peters M. (1998) développent largement l’idée de la double condition – faisabilité et désirabilité – du passage au self-employment.
  • [14]
    Ces résultats, de même que ceux qui suivront, sont obtenus après correction, sur la base de la variable âge, du biais d’échantillonnage. Les tableaux qui suivent porteront sur ces 2456 individus.
  • [15]
    Ce traitement est réalisé par simple sommation des scores indiqués par le répondant à chaque question. La variable ainsi construite est une échelle allant de 5 (intensité minimale) à 15 (intensité maximale).
  • [16]
    Ce traitement est réalisé par simple sommation des scores indiqués par le répondant à chaque question. La variable ainsi construite est une échelle allant de 3 (degré minimal) à 12 (degré maximal).
  • [17]
    Le capital temporel n’est pas identifié par Bourdieu comme structurant l’espace social et le positionnement des agents sociaux dans celui-ci mais une réflexion sur le sujet serait sans doute utile, notamment dans le cadre de l’examen des stratégies d’accumulation et de rentabilisation des différents types de capitaux et de l’analyse des processus de conversion d’un type de capital en un autre type.
  • [18]
    Dans un autre cadre, Bourdieu (1984) a montré, au sein du corps académique français, que certains professeurs palliaient un déficit de capital scientifique (basé sur la détention de ressources intellectuelles) par un investissement marqué en capital social grâce au développement de réseaux de relations, notamment par la participation à de nombreuses instances académiques.
  • [19]
    Ces résultats reposent sur l’application d’un modèle probit.
  • [20]
    Ne sont considérés ici que les individus âgés de 18 à 60 ans, soit 1857 répondants. C’est également le cas pour le tableau 11.
  • [21]
    Ce classement est obtenu en attribuant un score de 1 à 4 aux quatre modalités et en multipliant celui-ci par les effectifs de chaque modalité.

Dans le cadre de ses missions, l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) développe un programme de recherche sur l’entrepreneuriat en Région wallonne. Ce programme s’articule avec une réflexion plus large menée sur la lutte contre le sous-emploi et le développement économique. Il fait écho à la nécessité exprimée par le Conseil européen, notamment, dans sa définition des lignes directrices pour l’emploi en 1997, de s’interroger sur les mesures susceptibles de dynamiser la demande de main-d’œuvre. La création d’entreprises d’initiative privée et le développement du « self-employment » sont sans doute des voies privilégiées pour atteindre cette dynamisation (OCDE, 1998 ; Bögenhold D., 2000). Dans cette perspective, l’étude des créateurs d’entreprise et de l’esprit d’entreprise revêt une importance indéniable.
Un des objectifs du programme est de comprendre les conditions et le processus de la création d’entreprise en apportant un éclairage sur les mécanismes structurels, institutionnels et personnels qui l’influencent. Afin d’atteindre cet objectif et de répondre aux questions qui mobilisent l’IWEPS (qui sont les créateurs d’entreprise, quels sont les mécanismes économiques, sociaux et culturels qui les amènent à se lancer dans le développement et la réalisation d’un projet d’entreprise, quelles sont leurs motivations, leurs mobiles, quelles sont les difficultés auxquelles ils doivent faire face, quels appuis rencontrent-ils, quels sont leurs besoins lors du processus de création …


Date de mise en ligne : 01/04/2010

https://doi.org/10.3917/dbu.houar.2005.01.0209

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter ce chapitre

5,00 €

35 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?