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Chapitre 2. Comment on faisait de la recherche dans les années soixante

Pages 21 à 51

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  • Collin-Zahn, S.
(2009). Chapitre 2. Comment on faisait de la recherche dans les années soixante. Des quasars aux trous noirs (p. 21-51). EDP Sciences. https://stm.cairn.info/des-quasars-aux-trous-noirs--9782759803347-page-21?lang=fr.

  • Collin-Zahn, Suzy.
« Chapitre 2. Comment on faisait de la recherche dans les années soixante ». Des quasars aux trous noirs, EDP Sciences, 2009. p.21-51. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/des-quasars-aux-trous-noirs--9782759803347-page-21?lang=fr.

  • COLLIN-ZAHN, Suzy,
2009. Chapitre 2. Comment on faisait de la recherche dans les années soixante. In : Des quasars aux trous noirs. Les Ulis : EDP Sciences. Sciences & Histoire / Sciences & History, p.21-51. URL : https://stm.cairn.info/des-quasars-aux-trous-noirs--9782759803347-page-21?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ce qui me rappelle le commentaire ironique d’un chercheur : « le nombre d’articles scientifiques publiés va croître au point que la vitesse de remplissage des rayonnages dans les bibliothèques atteindra la vitesse de la lumière, mais il n’y a pas de contradiction avec la physique car la quantité d’informations transportée sera nulle ».
  • [2]
    Il est possible que les étudiants ou les jeunes chercheurs actuels ignorent totalement ce que sont les règles à calcul. Elles sont basées sur les propriétés des logarithmes : le logarithme de a × b égale le logarithme de a + le logarithme de b. Donc, exprimée en logarithme, une multiplication devient une addition, et une division, une soustraction. La règle à calcul reprend ce principe : ses graduations ne sont pas espacées régulièrement mais suivent une échelle logarithmique.
  • [3]
    Par manque de postes, mais également parce que les salaires sont plus faibles que ceux qui sont proposés dans le privé à niveau égal.
  • [4]
    Ce télescope, inventé dans les années trente par un opticien estonien, a la propriété de pouvoir prendre en une seule photo une très grande portion de ciel sans pratiquement aucune distorsion de l’image. De nombreux observatoires s’en sont dotés par la suite, comme celui de Calern, près de Grasse, dans le Midi.
  • [5]
    Les ondes de chocs sont bien connues sur Terre, par exemple dans le sillage des avions supersoniques où se crée une surpression due à l’accumulation des ondes sonores devant l’avion. Ce phénomène est semblable aussi à ce qui se produit lorsque la vitesse d’un bateau dépasse celle des vagues qu’il crée. Dans le cas des atmosphères des étoiles pulsantes, les ondes de choc sont tellement puissantes qu’elles engendrent un rayonnement qui peut être observé et qui modifie les ondes elles-mêmes.
  • [6]
    On peut maintenant observer en permanence la couronne solaire grâce aux observatoires spatiaux, comme la mission SOHO.
  • [7]
    Lorsqu’on dit que l’explosion a eu lieu en 1054, il faut être conscient qu’elle s’est produite en fait trois mille ans avant, mais qu’elle n’a été perçue sur Terre qu’après que la lumière ait parcouru les 3 000 années-lumière qui représentent la distance de la supernova au Soleil !
  • [8]
    Ces thèses se passaient en général en deux ans, mais n’étaient pas indispensables pour présenter une « thèse d’État ».

Revenons maintenant aux travaux pratiques dont j’avais la charge à l’Institut d’astrophysique. Ils consistaient en une série d’expériences imaginées et réalisées par Jean-Paul Zahn. Évry l’avait recruté après son agrégation pour mettre sur pied des travaux pratiques ayant pour but de montrer en laboratoire ce qu’était le travail d’un astronome. Il était en effet exclu de faire à Paris de véritables observations à heures fixes car la plupart des nuits se seraient passées à attendre que le ciel veuille bien se dégager. Par la suite, Jean-Paul installa un télescope sur les toits de l’IAP et les fanatiques purent y observer la nuit leurs astres préférés, lorsque le temps le permettait.
Je me lançais avec délectation dans ce travail ; je le partageais avec un collègue, Bruno Morando, qui commençait une thèse sur les mouvements des satellites artificiels. Il fallait en effet être capable de les prédire avec une grande précision pour l’astronomie spatiale en plein essor. C’était la première année que ces travaux pratiques fonctionnaient, il y avait donc de nombreux problèmes à régler. Il fallait rédiger une brochure, répondre aux questions d’une trentaine d’étudiants, surveiller les séances quasi quotidiennes, corriger les copies, améliorer les expériences, bref on pouvait y consacrer une grande partie de son temps si on le désirait.
Pratiquement tous les astronomes de plus de cinquante ans ont transpiré sur ces travaux pratiques, qui leur ont sans doute donné une image étrange de leur métier futur… Évidemment ils prêtent à sourire, surtout lorsqu’on les compare à ce que l’on fait actuellement…


Date de mise en ligne : 01/06/2022