I
- Par Marcel Jaeger
Pages 201 à 223
Citer ce chapitre
- JAEGER, Marcel,
- Jaeger, Marcel.
- Jaeger, M.
https://doi.org/10.3917/dunod.jaege.2020.01.0201
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- JAEGER, Marcel,
https://doi.org/10.3917/dunod.jaege.2020.01.0201
Pendant longtemps, l’expression d’enfance inadaptée a servi à désigner l’ensemble des domaines d’intervention des professionnels de l’action sociale. On la retrouve dans l’intitulé de la convention collective du 15 mars 1966. Le terme d’inadaptation s’emploie aujourd’hui pour les enfants et pour les adultes, avec un adjectif : inadaptation scolaire, sociale, professionnelle, pour désigner un processus et non un état (à la différence de l’expression « cas social », utilisée dans le jargon professionnel).
Cette notion a été adoptée en 1943 par le Conseil technique de l’enfance déficiente ou en danger moral pour synthétiser un vocabulaire hétérogène : enfance coupable, en danger moral, débile, déficiente, anormale, malheureuse… Elle est présente dans le sigle de la première grande association de professionnels de l’éducation spécialisée : l’Association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés (ANEJI). Cette notion était si large qu’elle incluait le handicap, dans la mesure où ce dernier était une cause d’inadaptation sociale. Ainsi, la première annexe XXIV du décret du 9 mars 1956 englobait-elle sous l’intitulé « enfants inadaptés » les enfants atteints de déficiences intellectuelles et ceux présentant des troubles du caractère et du comportement. En 1967, le rapport Bloch-Lainé avait pour titre « Étude du problème général de l’inadaptation des personnes handicapées ». Il donnait la définition suivante : « Sont inadaptés à la société dont ils font partie, les enfants, les adolescents et les adultes qui, pour des raisons diverses, plus ou moins graves, éprouvent des difficultés plus ou moins grandes à être et à agir comme les autres…
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