Ombre et lumière
Pages 377 à 401
Citer ce chapitre
- LUMINET, Jean-Pierre,
- Luminet, Jean-Pierre.
- Luminet, J.-P.
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- Luminet, J.-P.
- Luminet, Jean-Pierre.
- LUMINET, Jean-Pierre,
Notes
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[1]
Conférence donnée le 25 novembre 2004 en Avignon, lors du colloque « Paysages, ombres et lumières » (Association Volubilis).
Je me réjouis d’être revenu, ne serait-ce que brièvement, tout près de ma région natale pour vous parler d’un sujet qui m’a toujours remué, c’est-à-dire le rapport entre la lumière et l’ombre. En écoutant l’intervention précédente, j’ai été très sensible à la description littéraire faite par cette jeune aveugle du xixe siècle, une description extrêmement tactile d’un ciel bleu ou noir qu’elle n’a jamais vu. Pour moi, il s’agit là d’une sorte de cécité voyante, parce que l’œil humain doué de la vue, lorsqu’il regarde le ciel nocturne, voit essentiellement du noir parsemé çà et là des quelques petites taches lumineuses que sont les étoiles.
Le fond de ciel que vous pouvez voir cahier 2, figure 9 ne peut pas être perçu par l’œil humain. Seuls en sont capables les très grands télescopes d’aujourd’hui, qui ont la capacité de sonder les immensités cosmiques. Vous voyez quelques étoiles brillantes, mais surtout les milliers de petits points qui sont des objets extraordinairement lointains, en l’occurrence des galaxies à part entière, chacune contenant des centaines de milliards d’étoiles et que l’œil humain ne peut pas distinguer. Cette toile de fond ressemble bien, finalement, à ce tissu d’espace pailleté de taches de lumière qui était si bien décrit par cette jeune aveugle. Nous ressentons quasiment une impression tactile, comme s’il s’agissait d’une tapisserie que l’on a envie de toucher avec les doigts.
Cette image me renvoie aussi à ma propre expérience de jeunesse. Je suis né à vingt kilomètres de là, à Cavaillon…
Date de mise en ligne : 01/06/2022
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