6. Âge héroïque, temps relatif
- Par Pascal Richet
Pages 141 à 171
Citer ce chapitre
- RICHET, Pascal,
- Richet, Pascal.
- Richet, P.
Citer ce chapitre
- Richet, P.
- Richet, Pascal.
- RICHET, Pascal,
Tout spécialement à partir de la deuxième moitié du xviiie siècle, de nouvelles générations de naturalistes s’en étaient allés explorer les plaines et les montagnes afin d’observer de près strates et roches. Pour ces hommes de terrain, l’époque était bien révolue où l’on remontait à l’origine du monde sans sortir d’un cabinet de travail; assises sur d’improbables hypothèses, les grandes synthèses n’avaient assuré que des succès de salon avant de se briser sur l’étonnante complexité qui se dévoilait sous leurs yeux. En dépit d’un respect sincère pour ses devanciers, ce fut d’une plume trempée d’ironie que Cuvier, par exemple, passa en revue les théories de la Terre en 1812. Whiston subit particulièrement son humeur narquoise : il « créa la Terre avec l’atmosphère d’une comète, et la fit inonder par la queue d’une autre, résuma le célèbre paléontologue. La chaleur qui lui restait de sa première origine fut ce qui excita tous les êtres vivants au péché; aussi furent-ils tous noyés, excepté les poissons, qui avaient apparemment les passions les moins vives ». D’un tour de force astro-théologique ce fut tout ce que le protestant convaincu Cuvier trouva à dire…
Le temps des inductions osées était passé. L’important n’était plus de spéculer, mais d’aller découvrir sur le terrain les bonnes questions à poser. Cette exploration fut contemporaine des débuts de la révolution industrielle. A travers toute l’Europe, la recherche de charbon faisait prospecter des zones restées à l’écart des districts miniers traditionnels, leur exploitation conduisait à fouiller le sous-sol avec une ardeur fébrile, et l’examen de la houille à découvrir de surprenantes flores fossiles…
Date de mise en ligne : 09/01/2024
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
15,99 €