Chapitre d’ouvrage

Chapitre 11. La fin de l’innocence : l’ombre de la guerre froide

Pages 215 à 229

Citer ce chapitre


  • Belot, R.
(2015). Chapitre 11. La fin de l’innocence : l’ombre de la guerre froide. L’Atome et la France : Aux origines de la technoscience française (p. 215-229). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/l-atome-et-la-france--9782738133465-page-215?lang=fr.

  • Belot, Robert.
« Chapitre 11. La fin de l’innocence : l’ombre de la guerre froide ». L’Atome et la France Aux origines de la technoscience française, Odile Jacob, 2015. p.215-229. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/l-atome-et-la-france--9782738133465-page-215?lang=fr.

  • BELOT, Robert,
2015. Chapitre 11. La fin de l’innocence : l’ombre de la guerre froide. In : L’Atome et la France Aux origines de la technoscience française. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.215-229. URL : https://stm.cairn.info/l-atome-et-la-france--9782738133465-page-215?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Allocution prononcée par F. Joliot au déjeuner de la presse anglo-américaine du 5 janvier 1949. AMC, FJC, F 36.
  • [2]
    La traduction de l’article se trouve dans le Fonds Pierre Biquard, ESPCI, carton 12.
  • [3]
    Lui-même était très lié à la CIA.
  • [4]
    Cité par Stéphane Courtois et Marc Lazar, Histoire du Parti communiste français, PUF, Thémis, « Histoire », 2000 (2e édition), p. 289-290.
  • [5]
    Lettre de C. L. Sulzberger, responsable du New York Times à Paris, à F. Joliot, 4 mars 1949. AMC, FJC, F 161.
  • [6]
    Voir : Thierry Wolton, Le KGB en France, Grasset, 1986, p. 182-184 ; Yves Santamaria, Le Parti de l’ennemi ? Le Parti communiste français dans la lutte pour la paix (1947-1958), Armand Colin, 2006.
  • [7]
    Pascal Ory, Jean-François Sirinelli, Les Intellectuels en France, de l’affaire Dreyfus à nos jours, Armand Colin, 1986, p. 179.
  • [8]
    Le Kominform est l’organisme de liaison des délégués européens des partis communistes. Il est créé en septembre 1947 en Pologne.
  • [9]
    Jacques Fauvet, Histoire du Parti communiste français, 1920-1976, Fayard, 1977, p. 417.
  • [10]
    Message du 24 mars 1949, cité par Frances Stonor Saunders, Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, Denoël, 2003, p. 77.
  • [11]
    Voir Robert Belot, Henri Frenay. De la Résistance à l’Europe, Seuil, 2003, p. 573-600.
  • [12]
    À la suite du soutien qu’il apporte à Victor Kravchenko et à sa dénonciation du « goulag » (le premier à utiliser le terme), David Rousset est diffamé par Les Lettres françaises, ce qui le conduit à attaquer en justice l’hebdomadaire. Déporté résistant, il avait publié en 1946 un livre majeur : L’Univers concentrationnaire, qui reçut le prix Renaudot.
  • [13]
    A. Koestler, « Immediate tasks for the transition period », 4 juillet 1950 (IB/GMC), cité par Frances Stonor Saunders, Qui mène la danse ?, op. cit., p. 100.
  • [14]
    Pierre Grémion, Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la liberté de la culture à Paris, 1950-1975, Fayard, 1995, p. 100.
  • [15]
    Thierry Wolton, La France sous influence, Grasset, 1997, p. 112.
  • [16]
    Thierry Wolton, Le KGB en France, op. cit, p. 207.
  • [17]
    Voir, entre autres : Jeannine Verdès-Leroux, Au service du Parti. Le Parti communiste, les intellectuels et la culture (1956-1985), Fayard, 1983 ; Stephen Koch, La Fin de l’innocence. Les intellectuels d’Occident et la tentation stalinienne. Trente ans de guerre secrète, Grasset, 1995 ; Frédérique Matonti, « Les intellectuels et le Parti : le cas français », in Michel Dreyfus et al. (dir.), Le Siècle des communismes, Éditions de l’Atelier, 2000, p. 405-42.
  • [18]
    Pour prendre congé.
  • [19]
    Cité par Philippe Roger, L’Ennemi américain. Généalogie de l’antiaméricanisme français, Seuil, 2002, p. 421.
  • [20]
    Fadeïev est le fondateur de l’Union des écrivains soviétiques, qu’il préside de 1946 à 1954. Il est surtout connu pour avoir insulté Sartre, qu’il traita publiquement de « hyène dactylographe ».
  • [21]
    Frances Stonor Saunders, Qui mène la danse ?, op. cit., p. 79.
  • [22]
    Les Lettres françaises, 21 avril 1949.
  • [23]
    Professeur, député à la Chambre des représentants en Belgique.
  • [24]
    Louis de Villefosse, L’Œuf de Wyasma. Dossier « Lettres nouvelles », Julliard, 1962. Voir aussi du même : « Et maintenant ? Dossier d’une rupture », Preuves, septembre 1957.
  • [25]
    Le titre original est Conspiracy of Silence.
  • [26]
    Dominique Desanti et Charles Haroche, Bombe ou paix atomique ?, Éditions sociales, 1950, p. 10.
  • [27]
    Ibid., p. 13.

1949 est l’année d’un improbable et incroyable paradoxe qui va profondément bouleverser le monde occidental pour longtemps. L’URSS cherche à couvrir et à désamorcer l’événement que constituent sa maîtrise et sa possession de l’arme atomique. Le 29 août 1949, c’est la première expérience atomique soviétique que le président Truman décide de révéler au monde le 23 septembre. L’URSS lance une remarquable (par son efficacité) campagne d’intoxication pacifiste qui vise à culpabiliser l’Amérique et à mobiliser les opinions contre les tentations des pays européens qui envisageraient de s’engager dans le nucléaire militaire. Il s’agit de diaboliser l’Amérique pour fragiliser son lien avec l’Europe. Une Europe qui commence à émerger en tant qu’institution, au moment où la République fédérale d’Allemagne est créée, entérinant la bipartition du continent européen. La création de l’OTAN, en cette même année, arrime l’Europe de l’Ouest à l’Amérique et l’inféode à la sphère atlantique. Bien sûr, la France, seule puissance indépendante d’Europe possédant la technologie nucléaire (l’Angleterre étant sous la coupe géostratégique des États-Unis), est particulièrement visée. Les pionniers de l’atome français se retrouvent en première ligne. L’apparition d’un nouveau contexte géopolitique va peu à peu entamer le consensus ambiant et provoquer, avec la mise en cause de Frédéric Joliot, une profonde évolution du CEA et de la politique française de l’atome.
La France se veut un modèle. Elle refuse l’arme atomique mais plaide en faveur des « applications pacifiques » du nucléaire…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

18,00 €

332 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

5,00 €

15 pages format électronique (HTML et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?