Chapitre d’ouvrage

Prologue

Divorce

Pages 9 à 21

Citer ce chapitre


  • Diu, B.
(2010). Prologue Divorce. La mathématique du physicien (p. 9-21). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/la-mathematique-du-physicien--9782738124487-page-9?lang=fr.

  • Diu, Bernard.
« Prologue : Divorce ». La mathématique du physicien, Odile Jacob, 2010. p.9-21. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/la-mathematique-du-physicien--9782738124487-page-9?lang=fr.

  • DIU, Bernard,
2010. Prologue Divorce. In : La mathématique du physicien. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.9-21. URL : https://stm.cairn.info/la-mathematique-du-physicien--9782738124487-page-9?lang=fr.

Notes

  • [1]
    « Le livre de la nature est écrit en langage mathématique. »
  • [2]
    « Oui, mais il faut le lire en langage physique. »
  • [3]
    D. L. Goodstein, States of Matter, Prentice Hall, 1975, p. 246.
  • [4]
    Mike Guidry, Gauge Field Theories, Wiley, 1991.
  • [5]
    Chapitre 23.
  • [6]
    Épilogue.
  • [7]
    Chapitre 13 pour des explications plus précises.
  • [8]
    Chapitres 1 et 2.
  • [9]
    « Comment mentent les lois de la physique. »
  • [10]
    Orgueil et préjugé.
  • [11]
    Chapitre 23.
  • [12]
    Chapitre 16, p. 201.
  • [13]
    Chapitre 16.
  • [14]
    Bulletin de l’APMEP, n° 377, 1991, p. 29.
  • [15]
    La Pensée physique contemporaine, Fresnel, Paris, 1982, p. 327.

« Il libro della natura è scritto nella lingua matematica. » « Si, ma deve essere letto nella lingua fisica. » L’aphorisme de Galilée – le premier (1623) – marque pour la physique une étape cruciale : son émergence, pourrait-on dire, d’une longue enfance obscure et confuse ; elle savait désormais s’exprimer dans une langue précise, et lire dans le texte, par son truchement, la Grande Bible bariolée et multiple des Choses. La seconde maxime, bien postérieure (1975), émane d’un physicien américain, David Goodstein, pétri d’humour et féru de culture italienne. Elle n’en revendique pas moins le droit, pour la physique, d’inventer sa langue propre, de l’appliquer à une véritable lecture de la réalité, et d’édifier sur son socle une culture autonome. Cette revendication décisive a trop longtemps tardé à se faire jour puis à s’affirmer ; elle est, encore aujourd’hui, combattue et rejetée comme absurde et sans fondement par la corporation solidaire et puissante des mathématiciens. Ils ne veulent y voir que symptôme d’une incapacité, incapacité des physiciens, dans leur ensemble, à saisir et à appréhender les notions les plus générales – seules pourtant pertinentes, selon eux –, et à développer une argumentation sans concession ni faille – seule pourtant qui vaille, selon eux – : de fieffés mauvais élèves, s’il est permis d’appeler « chat » un chat.
Face à cette attitude assurée et inflexible des mathématiciens, maint physicien préfère louvoyer et courber l’échine : il évoque en public, à pleine voix, comme talismans et sésames, des concepts et résultats qu’il ignore pour l’essentiel et que du reste il n’utilise jamais, mais qui lui vaudront la bienveillance des dieux…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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