4. Faire de la physique dans une boîte
- Par Lee Smolin,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) par Morvan Salez
Pages 70 à 78
Citer ce chapitre
- SMOLIN, Lee,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) par SALEZ, Morvan,
- SMOLIN, Lee,
- Smolin, Lee.,
- et al.
- Smolin, L.,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) par Salez, M.
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- Smolin, L.,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) par Salez, M.
- Smolin, Lee.,
- et al.
- SMOLIN, Lee,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) par SALEZ, Morvan,
- SMOLIN, Lee,
Notes
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[1]
NdT : « insight-through-claustrophobia ».
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[2]
Sara Diamond et al., Code Zebra Habituation Cage Performances, Rotterdam : Dutch Electronic Arts Festival, 2003.
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[3]
Merci à Saint Clair Cemin pour les discussions sur ce point.
-
[4]
Considérons un système d’étoiles se déplaçant sous l’effet de leur influence gravitationnelle mutuelle. L’interaction de deux étoiles peut être décrite exactement ; Newton a résolu ce problème. Mais il n’y a aucune solution exacte au problème de la description de l’interaction gravitationnelle de trois étoiles. Tout système de trois corps ou plus doit être traité de manière approchée. De tels systèmes offrent un large choix de comportements, incluant le chaos et une sensibilité extrême aux conditions initiales. Bien que ceci soit le système le plus simple juste après le problème à deux étoiles, que Newton résolut au xviie siècle, ces phénomènes ne furent découverts qu’au xxe siècle, par le mathématicien français Henri Poincaré. Comprendre le fameux problème à trois corps a nécessité l’invention de toute une branche nouvelle des mathématiques : la théorie du chaos. Plus récemment, des systèmes de milliers ou de millions de corps ont pu être traités dans des simulations effectuées grâce à de super-ordinateurs. Ils nous ont fourni des aperçus sur le comportement des étoiles dans les galaxies, et même sur les interactions de galaxies dans les amas. Mais les résultats obtenus, bien qu’utiles, sont basés sur des approximations des plus grossières. Les étoiles consistant en vastes nombres d’atomes sont traitées comme si elles étaient des points, et l’influence de toute chose située hors du système est généralement négligée.
Au lycée, on m’a fait jouer dans Huis Clos, la pièce de Jean-Paul Sartre. J’y interprétais Joseph Garcin, cet homme enfermé dans une petite pièce avec pour seule compagnie deux femmes, tous trois étant morts. L’œuvre était une version extrême de société dans une boîte ; elle permettait à l’auteur d’examiner les conséquences de nos choix moraux. Dans la scène paroxysmique, je devais cogner contre la porte de la salle de classe en criant la phrase légendaire, « L’enfer, c’est les autres ! », mais le panneau vitré explosa, m’éclaboussant de verre brisé et mettant là un terme à ma carrière d’acteur.
Jouer de la musique, comme faire du théâtre, nous permet de mieux examiner les émotions humaines en nous isolant dans un environnement contrôlé. Adolescent, il me fut donné d’assister à un terrifiant concert du groupe de mon cousin, Suicide, au sous-sol du Mercer Arts Center dans Greenwich Village. Le chanteur ferma les portes, et hypnotisa son auditoire d’un long aria de meurtre gratuit, chanté sur la répétition envoûtante des accords de « 96 larmes », un classique du rock garage. L’atmosphère devint claustrophobe alors que le chanteur se faisait de plus en plus menaçant. Mais, comme ces personnages dans Huis Clos, nous étions coincés. Plus récemment, la méthode de claustrophobie intuitive* a été adoptée par des artistes conceptuels qui enferment des couples improbables – par exemple, un artiste et un scientifique – dans une même pièce pour vingt-quatre heures non-stop et filment tout ce qui se passe…
Date de mise en ligne : 04/07/2025
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