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Chapitre 8. « Dirigeant » du PCF

Pages 211 à 225

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  • Kindo, Y.
(2026). Chapitre 8. « Dirigeant » du PCF. Le labo et la faucille : Marcel Prenant (1893-1983), biologiste et communiste (p. 211-225). Éditions Matériologiques. https://stm.cairn.info/le-labo-et-la-faucille--9782373615197-page-211?lang=fr.

  • Kindo, Yann.
« Chapitre 8. “Dirigeant” du PCF ». Le labo et la faucille Marcel Prenant (1893-1983), biologiste et communiste, Éditions Matériologiques, 2026. p.211-225. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/le-labo-et-la-faucille--9782373615197-page-211?lang=fr.

  • KINDO, Yann,
2026. Chapitre 8. « Dirigeant » du PCF. In : Le labo et la faucille Marcel Prenant (1893-1983), biologiste et communiste. Paris : Éditions Matériologiques. Histoire des sciences et des techniques, p.211-225. URL : https://stm.cairn.info/le-labo-et-la-faucille--9782373615197-page-211?lang=fr.

Notes

  • [1]
    La cérémonie est organisée par le Conseil national de la Résistance, l’Union française universitaire, l’Association des amis des FTPF ; et l’Union nationale des intellectuels. Le programme de cette cérémonie est disponible dans Apap ou aux archives de la station de Roscoff. Claude Lévi était présent et rapporte que « la Sorbonne était pleine à ras bord, c’était assez extraordinaire » (entretien avec l’auteur).
  • [2]
    Le PC atteint un pic historique de 800 000 adhérents à la fin de 1946, et il contrôle alors un réseau de presse puissant et diversifié. L’Humanité tire à 400 000 exemplaires et Ce soir est le premier quotidien du soir du pays.
  • [3]
    « Hommage enthousiaste à Marcel Prenant », L’Humanité du 22 juin 1945.
  • [4]
    Marcel Prenant, « Souvenirs de la saison des héros », France d’Abord, 28 juin 1945 (AN, 20080095/85, dossiers biographiques des services Premier ministre).
  • [5]
    Julian Mischi, Le Parti des communistes. Histoire du parti communiste français de 1920 à nos jours, Hors d’atteinte, 2020, p. 362.
  • [6]
    Philippe Robrieux, Maurice Thorez, vie secrète et vie publique, Fayard, 1975, p. 288. Cet épisode est également analysé dans Annette Wieviorka, Maurice et Jeannette. Une biographie du couple Thorez, Fayard, 2010, p. 238. Prenant y est présenté comme « l’étoile montante du Parti » en ce mois de juin 1945.
  • [7]
    Toute une vie à gauche, Encre, 1980, p. 274.
  • [8]
    Marcel Prenant, « Réflexions sur le stalinisme », Unir-Débat, n° 1٨, 1٠ juin 196٨, p. 2٠. Le Xe congrès au cours duquel Thorez est maquillé en « premier des FTP » et endosse les habits d’un petit Staline français est aussi celui où, dans le cadre de la « bataille de la production », il condamne des grèves en cours dans le nord de la France.
  • [9]
    Le 28 juin 1946, il prononce un discours dans le grand amphi de la Sorbonne à l’occasion des célébrations du 150e anniversaire de l’ENS (Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle. Khâgneux et normaliens dans l’entre-deux-guerres, PUF, 1994, p. 546). En 1948, il part un mois en Roumanie et en Tchécoslovaquie pour y donner des conférences dans des universités. En février 1949, il est l’un des quatre Français invité à New York pour un congrès des intellectuels pour la paix, mais il renonce finalement à s’y rendre. En octobre 1950, il participe à la semaine franco-hollandaise de l’Université de Leyde, et un mois plus tard il se rend aux célébrations du 125e anniversaire de l’académie de Budapest (AN, AJ/16/5744 et F/17/28775).
  • [10]
    Un décret le nomme officier de la Légion d’honneur le 27 juillet 1946 et son grade de colonel est validé en janvier 1949 (courrier du secrétariat d’État aux forces armées du 21 février 1949, Apap).
  • [11]
    Entretien avec Jacques Taxi, alors membre de la même cellule.
  • [12]
    Le 11 novembre 1945, il est un des principaux orateurs lors de la soirée d’ouverture de l’Université nouvelle, qui succède à l’Université ouvrière. (Annie Kriegel, Ce que j’ai cru comprendre, Robert Laffont, 1991, p. 330). Le 28 janvier 1947, il est présent à la Sorbonne aux côtés de l’équipe de La Pensée pour une soirée organisée à l’occasion du 80e anniversaire du Capital (Georges Cogniot, Parti pris, Éditions Sociales, 1976, p. 181). Il préside le 21 avril suivant à la Mutualité une conférence de Georges Cogniot sur le thème « Démocratie ou pouvoir personnel » (Kriegel, Ce que j’ai cru comprendre, op. cit., p. 447).
  • [13]
    Kriegel, Ce que j’ai cru comprendre, op. cit., p. 381.
  • [14]
    Toute une vie à gauche, op. cit., p. 275. Prenant insiste sur ce point car quelques années plus tard, lorsqu’il a été exclu de l’instance dirigeante, L’Humanité s’efforce de le présenter comme ayant été membre suppléant – ce qui d’après les archives du comité central est effectivement erroné.
  • [15]
    Mischi, Le Parti des communistes, op. cit., p. 377.
  • [16]
    Fiche du comité central des 22 et 23 février 1949 dans Guillaume Nahon (dir.), Les Réunions du comité central 1921-1977. État des sources et des instruments de recherche, conseil général Seine-Saint-Denis/Fondation Gabriel Péri, t. II : 1944-1953. Ce silence de Prenant est confirmé par les notes manuscrites de Thorez lors des réunions de comité central (AN, fonds Thorez, 626 AP /4).
  • [17]
    Prenant, « Réflexions sur le stalinisme », op. cit., p. 2٠.
  • [18]
    Notes de Maurice Thorez au comité central du 1-2 juillet 1949 (AN, fonds Thorez, 626 AP /4).
  • [19]
    Interview de Marcel Prenant par Robert Brécy et Denis Woronoff, p. 35.
  • [20]
    Ibid.
  • [21]
    Note biographique de Marcel Prenant sur le site de l’Assemblée nationale, consultation en 2009.
  • [22]
    Toute une vie à gauche, op. cit., p. 279-282.
  • [23]
    C’est la période de l’élaboration du plan Langevin-Wallon de réorganisation progressiste du système éducatif.
  • [24]
    Toute une vie à gauche, op. cit., p. 283.
  • [25]
    Note biographique de Marcel Prenant sur le site de l’Assemblée nationale, consultation en 2009.
  • [26]
    Toute une vie à gauche, op. cit., p. 282.
  • [27]
    Selon lui, pour présenter un rapport au nom de la commission de la Défense nationale, dont il est également membre. (Toute une vie à gauche, op. cit., p. 284). Selon sa notice biographique sur le site de l’Assemblée nationale, c’était plutôt dans le cadre d’un débat sur le budget de l’Éducation.
  • [28]
    Philippe Buton, Les Lendemains qui déchantent. Le Parti communiste français à la Libération, Presses de la FNSP, 1993 p. 224. En novembre 1946, le PCF connaît le plus grand succès de son histoire électorale avec 28,3 % des voix aux législatives de novembre 1946, et Thorez revendique même sans succès la présidence du Conseil. De janvier 1946 à mai 1947, le PC participe au gouvernement dans le cadre d’un tripartisme avec le MRP et la SFIO. MISCHI Julian, Le parti des communistes, op. cit., p. 372-374.
  • [29]
    Kriegel, Ce que j’ai cru comprendre, op. cit., p. 330.
  • [30]
    Selon le mot retrouvé par Annie Kriegel dans ses notes de 1945. Ibid.
  • [31]
    Ibid.
  • [32]
    Jacques Duclos cité dans Jean-Marie Goulemot & Paul Lidsky, Heil de Gaulle ! Histoire brève et oubliée du stalinisme en France, Vuibert, 2011, p. 63. Le premier numéro de La Pensée, en octobre-décembre 1944, est consacré à Voltaire, et le PCF fait campagne pour la célébration du 250e anniversaire de la naissance de celui-ci.
  • [33]
    Roger Garaudy (1913-2012) adhère au PC en 1933 malgré sa conversion au protestantisme, ce qui suscite l’intérêt d’un Thorez engagé dans la politique de la « main tendue » aux chrétiens. Professeur de philosophie et protégé du secrétaire général, il devient pour un temps le philosophe « officiel » du PCF dans les années 1950.
  • [34]
    L’ensemble de cette présentation générale est emprunté à Marc Lazar, « Le Parti Communiste Français et la Culture », Les Cahiers de l’animation, n° 57/58, décembre 1986, p. 57-72.
  • [35]
    Michel Pinault, Frédéric Joliot-Curie, Odile Jacob, 2000, p. 430.
  • [36]
    Lettre à en-tête de l’Encyclopédie de la renaissance française, 31 mai 1945 (ADSSD, fonds Marcel et Marguerite Cohen, 336 J 6).
  • [37]
    ADSSD, fonds Le Goas, 374 J 13.
  • [38]
    Cogniot, Parti pris, op. cit., p. 88.
  • [39]
    Pinault, Frédéric Joliot-Curie, op. cit., p. 430.
  • [40]
    Cogniot évoque « les fragiles épaules et les convictions incertaines du principal responsable, Roger Garaudy », qui lorsque ces lignes sont rédigées, a été exclu du PCF quelques années auparavant, en 1976 (Cogniot, Parti pris, op. cit., p. 88). Un rapport d’André Voguet à Maurice Thorez au nom de la section des intellectuels, daté du 2 janvier 1947, accusait déjà Garaudy de ne pas s’occuper « de ce travail qu’il néglige à peu près complètement depuis des mois » (expression soulignée par Thorez) (AN, Fond Thorez, 626 AP/53).
  • [41]
    Rapport d’André Voguet à Maurice Thorez du 2 janvier 1947 au nom de la section des intellectuels (AN, fonds Thorez, 626 AP/53).
  • [42]
    Prenant reprend ici une habitude prise par Langevin, qui tenait les réunions du « Cercle d’études matérialistes » dans son propre laboratoire, à l’École de physique et chimie. Au moment où Prenant reprend sa direction, l’Encyclopédie dispose pourtant d’un siège à la maison de l’Université, boulevard Saint-Michel, avec une permanence assurée tous les matins – signe de l’ampleur que le Parti voulait donner au projet.
  • [43]
    Musée Curie, fonds Joliot Curie, F154 (correspondance avec les scientifiques).
  • [44]
    Ibid.
  • [45]
    Ibid.
  • [46]
    Ibid.
  • [47]
    Ibid. Courrier à en tête de l’Encyclopédie, du 30 mars 1948, signé de Olga Wormser et adressé aux contributeurs.
  • [48]
    Ibid.
  • [49]
    Marcel Prenant, « L’Encyclopédie de la renaissance française va paraître », La Pensée, septembre 1948, p. 3-8.
  • [50]
    Fascicule de présentation de l’Encyclopédie de la renaissance française, (musée Curie, fonds Joliot Curie, F154).
  • [51]
    Le jdanovisme est le nom donné aux thèses exposées par le dirigeant soviétique Andréi Jdanov en septembre 1947 dans le contexte du début de la guerre froide. Elles insistent sur la coupure du monde en deux sur tous les plans, non seulement d’un point de vue économique ou géopolitique, mais aussi dans tous les domaines culturels et intellectuels.
  • [52]
    La Pensée, n° 21, novembre-décembre 194٨.
  • [53]
    Courrier du 13 novembre 1948 de l’éditeur Jean Varloot au linguiste Georges Mounin (La Contemporaine, fonds Jeannine Verdès-Leroux, F/DELTA/RES/0789).
  • [54]
    Lettre de Marcel Prenant « au camarade François Billoux (section idéologique) », du 24 février 1949 (Apap VI).
  • [55]
    Entretien avec Alain Bussard le 9 mai 2009 ; entretien avec Georges Cohen le 3 juin 2009.
  • [56]
    Pinault, Frédéric Joliot-Curie, op. cit., p. 431.
  • [57]
    Opinion d’Alain Bussard, entretien avec l’auteur. Dans le rapport de la section des intellectuels à Maurice Thorez du 2 janvier 1947, il est précisé que quelle que soit la décision organisationnelle prise pour se relever du décès de Langevin, « le problème d’une direction des intellectuels se pose » (AN, fonds Thorez, 626 AP/53).
  • [58]
    Philippe Robrieux, Maurice Thorez, vie secrète et vie publique, Fayard, 1975, p. 332.
  • [59]
    Jeannine Verdès-Leroux, Au service du Parti. Le Parti communiste, les intellectuels et la culture (1944-1956), Fayard-Minuit, 1983, p. 85.
  • [60]
    Lazar, « Le Parti Communiste Français et la Culture », op. cit.
  • [61]
    Frédérique Matonti, « Les intellectuels et le Parti : le cas français », in Michel Dreyfus, Le Siècle des communismes, Éditions de l’Atelier, 2000, p. 405-424.

à la Libération, les rapports entre Marcel Prenant et le PCF ont été transformés par l’expérience de la guerre, de la Résistance et de la déportation. Prenant passe du statut de sympathisant particulièrement proche de la direction thorézienne à celui de membre actif à qui sont confiées des responsabilités qu’il accepte désormais.
Le 22 mai 1945, lorsque L’Humanité annonce en une que « le Professeur Marcel Prenant est vivant », le journal parle à son propos d’« un des maîtres de la science française » et d’« un héros de la Résistance » : deux facettes prestigieuses, celle du scientifique et celle du résistant déporté, dont le Parti veut tirer avantage.
Le 21 juin 1945, deux semaines après son retour en France, une cérémonie en son l’honneur est organisée dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Radiodiffusée et présidée par Louis Saillant, président du Conseil national de la Résistance, elle voit défiler à la tribune le recteur Roussy, le général Dassault au nom du Front national, Georges Teissier pour l’Union française universitaire, Marcel Cachin pour le Parti communiste, Henri Malherbe de l’Union nationale des intellectuels, ainsi que Charles Tillon, alors ministre de l’Air. Cette succession témoigne de l’atmosphère d’union nationale mais aussi de la place centrale qu’occupe le Parti communiste à la Libération, ce que le compte rendu de L’Humanité met en lumière en déclinant la liste des présents, considérés comme « les représentants les plus éminents de la pensée, de l’art, de la politique, de l’armée, de tout le monde du travai…


Date de mise en ligne : 30/04/2026

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