Chapitre 9. Une fidélité conflictuelle
- Par Yann Kindo
Pages 227 à 274
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Notes
- [1]Cet épisode de l’exclusion et plus généralement l’affaire Lyssenko font l’objet de développements détaillés dans la troisième partie de cet ouvrage.
- [2]Jean Chaintron, Le Vent soufflait devant ma porte, Seuil, 1993, p. 292. Jean Chaintron est alors responsable de l’organisation de ces célébrations.
- [3]Apap. La date de la brochure, non indiquée, est incertaine. La contribution d’Aragon au recueil est un poème nationaliste qui relie le PCF à Jeanne d’Arc et à Roland de Roncevaux. Celle de Pablo Picasso fait face à celle de Prenant et se résume à un « Je suis venu au Parti communiste comme on va à la fontaine », suivi de sa signature manuscrite plus grosse que tout le reste. Le texte de Prenant est l’un des plus longs, des plus militants et des plus consciemment inscrits dans la tradition socialiste française.
- [4]Julian Mischi, Le Parti des communistes, Hors d’atteinte, 2020, p. 392-394.
- [5]Ibid., p. 409.
- [6]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 311.
- [7]Cité dans Denis Buican, Histoire de la génétique et de l’évolutionnisme en France, PUF, 1984, p. 375.
- [8]En témoignent quelques-unes de ses publications au cours de la décennie : « Aspects de la planification scientifique en Hongrie », La Pensée, n° 35, mars-avril 1951 ; « Qui donc tend le rideau de fer entre les savants ? », La Pensée, n° 37, juillet-août 1951 ; « L’Encyclopédie et les origines de la science moderne », La Pensée, n° 39, novembre-décembre 1951 ; « Mendès-France, la science et les trusts », La Nouvelle critique, n° 61, janvier 1955 ; « Responsabilités civiques de l’homme de science », La Nouvelle critique, n° 65, mai 1955.
- [9]La Pensée, n° 33, novembre 1950, p. 14-18.
- [10]Les courriers de Marcel Prenant et de Jeannette Colombel dans la correspondance de Cogniot témoignent d’une proximité personnelle au-delà des stricts rapports politiques (ADSSD, fonds Georges Cogniot, 292 J 9).
- [11]MNHN, lettre de Marcel Prenant à Paul Rivet du 21 avril 1956 (archives de Paul Rivet, 2 AP1C).
- [12]Michel Pinault, Frédéric Joliot-Curie, Odile Jacob, 2000, p. 407.
- [13]C’est notamment au cours de ce discours que Fadeïev traite Jean-Paul Sartre de « hyène dactylographe ». La journaliste Dominique Desanti doit s’employer à convaincre Irène Joliot-Curie de ne pas imiter Julian Huxley et de rester au congrès. Dominique Desanti, Les Staliniens. Une expérience politique 1944-1956, Fayard, 1975, p. 115-116.
- [14]Autorisation d’absence dans AN, AJ/16/5744.
- [15]« Le professeur J. Huxley, la science et la paix », La Pensée, n° 30, mai-juin 1950, p. 37-43.
- [16]Thomas Henry Huxley (1825-1895) est un biologiste anglais, parmi les plus ardents défenseurs de Darwin après 1859, ce qui lui a valu le surnom de « bouledogue de Darwin ».
- [17]Comité de rédaction, « Appel aux Français », La Pensée, mai-juin 1952.
- [18]Le 28 mai 1952, le PCF, à travers le Mouvement de la paix, appelle à une manifestation à Paris contre la venue du général Ridgway, le nouveau dirigeant des forces de l’OTAN en Europe. Les affrontements avec la police provoquent la mort de deux manifestants ainsi que des centaines de blessés des deux côtés. Le siège du PCF est ensuite perquisitionné, et le dirigeant Jacques Duclos arrêté et emprisonné pendant un mois.
- [19]Marcel Prenant, « Il faut vouloir et gagner la Paix », La Pensée, n° 5٨, novembre-décembre 1954, p. 3-7.
- [20]« C’est un fait que, dans le passé récent, les Français ont été plus malmenés par les envahisseurs allemands que les Allemands par les Français, et que les blessures faites ne sont pas guéries. Sera-t-il permis à l’instituteur, à l’éducateur, de parler quelquefois aux enfants des fusillés du village, ou devra-t-il se soumettre aux nazis qui, aussitôt, verront là une “appréciation à caractère passionnel” ? »
- [21]Il est présent en Tchécoslovaquie au début du mois de février, soit peu avant le « Coup de Prague » qui voit le PC s’emparer du monopole du pouvoir. Il y est invité par l’ambassade, en application d’un accord culturel franco-tchèque. Sa présence en Roumanie est favorisée par l’Institut français de Roumanie (AN, AJ/16/5744). À Bucarest, il croise Charles Tillon venu représenter le PCF au congrès du Parti communiste roumain.
- [22]Autorisation d’absence donnée par le ministère de l’Éducation nationale (AN, AJ/16/5744).
- [23]Blessé, il ne peut finalement pas s’y rendre. Lettre de Marcel Prenant au doyen du 26 septembre 1952 (AN, AJ/16/5744).
- [24]Courrier de l’Académie de la République populaire roumaine de mars 1957 (Apap).
- [25]Pinault, Frédéric Joliot-Curie, op. cit., p. 512.
- [26]Marcel Prenant, De l’affaire Teissier à quelques autres, éditions Sociales, 1950.
- [27]Cette institution est le symbole du maccarthysme et de la chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis.
- [28]Pinault, Frédéric Joliot-Curie, op. cit., p. 740.
- [29]Frédéric Joliot-Curie, pourtant initialement assez prudent au sein de la mouvance prosoviétique, se voit cloué au pilori par une dizaine de prix Nobel qui pétitionnent contre lui, ainsi que dans un article du New York Times qui proclame la « mort d’un savant ». Frédérique Matonti, « La colombe et les mouches. Frédéric Joliot-Curie et le pacifisme des savants », Politix, vol. 15, n° 58, 2002, p. 139.
- [30]« De Frédéric Joliot-Curie à M. Tréfouël », L’Humanité des 22, 24 et 25 avril 1952.
- [31]Marcel Prenant et Georges Teissier, « La guerre bactériologique a-t-elle commencé ? », La Pensée, n° 42-43, mai-août 1952, p. 5-12.
- [32]Marcel Prenant et Georges Teissier, « Oui, la guerre bactériologique a commencé », La Pensée, n° 45, novembre-décembre 1952, p. 25-33.
- [33]Prenant et Teissier, « La guerre bactériologique a-t-elle commencé ? », op. cit.
- [34]Marcel Prenant, « Nous ne serons pas complices », La Nouvelle critique, n° 64, avril 1955, p. 6-9. Étant donné d’une part son appartenance politique et d’autre part sa spécialité – la zoologie marine –, Prenant ne risquait pas d’être contacté pour participer à la production d’armes bactériologiques. Il n’est donc pas dans la même situation que Joliot-Curie (ou Albert Einstein) vis-à-vis de l’arme atomique.
- [35]Pour une bonne synthèse sur le sujet, écouter l’épisode de la regrettée émission de France Inter Rendez-vous avec X, du 6 juin 2021 : « La guerre bactériologique américaine contre la Corée : info ou intox ? ».
- [36]Pierre Daix cité dans David Caute, Les Compagnons de route, Robert Laffont, 1979, p. 358. En 1949, le trotskyste David Rousset, ancien déporté et auteur du livre L’Univers concentrationnaire, s’efforce de mettre en place une commission d’enquête sur les camps soviétiques. Pierre Daix, dans les Lettres françaises, le traite alors de faussaire, ce qui vaut à l’hebdomadaire communiste un procès en diffamation de la part de Rousset.
- [37]Ibid.
- [38]Joliot-Curie écrit dans une lettre de 1952 : « A ceux qui douteraient de la possibilité d’un crime aussi monstrueux, il faut leur rappeler qu’il s’ajoute au crime non moins monstrueux qui est la destruction en quelques secondes, par la bombe atomique, de centaines de milliers de civils à Hiroshima. Quand on a été capables de faire une chose pareille, on est bien capables d’en faire d’autres aussi terribles » (cité par Pinault, Frédéric Joliot-Curie, op. cit., p. 740).
- [39]Ibid.
- [40]Revue de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, bulletin du SNESRS, n° spécial juin 1947.
- [41]Un texte de l’écrivain communiste Jean Kanapa intitulé Critique de la culture cite d’ailleurs la famille Prenant comme exemple de cette paupérisation absolue : « Appliquant la théorie de la paupérisation croissante énoncée par Thorez, et, en l’occurrence, conformément aux faits, Kanapa citait l’exemple du professeur Auguste Prenant, qui touchait un traitement de 15 000 francs par an en 1914, ce qui équivalait à 300 000 francs par mois en 1957, alors que son fils, le professeur de biologie Marcel Prenant, communiste, touchait exactement 172 000 francs par mois en exerçant la même profession, ceci sans tenir compte de l’énorme accroissement des impôts directs. Et pourtant les tâches de l’enseignement s’étaient accrues : Auguste Prenant ne supervisait dans son laboratoire que cinq ou six chercheurs, tandis que Marcel Prenant en avait trente-cinq sous sa charge » (David Caute, Le Communisme et les intellectuels français 1914-1966, Gallimard, 1967).
- [42]Revue de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, n° 2, mars-avril 1952.
- [43]Marcel Prenant, « Mendès-France, la science et les trusts », La Nouvelle critique, janvier 1955, p. 61-٨1.
- [44]« Carte blanche » à Marcel Prenant dans Les Lettres françaises, 9 décembre 1948, p. 5.
- [45]Revue de l’enseignement supérieur et recherche scientifique, articles dans les numéros de mars-avril 1952, juin-juillet 1953, février 1955 et août-septembre 1955.
- [46]La Fédération de l’Éducation nationale refuse en 1948 de se rallier à FO ou à la CGT après la scission entre elles et se maintient en tant que Fédération indépendante des deux confédérations.
- [47]Numéro de janvier 1953. Il parle de « décrets-lois de fascisation » à propos d’un droit de regard donné aux préfets sur les nominations de tous les fonctionnaires dans leur département (numéros d’octobre-novembre 1953 et de janvier 1954).
- [48]Curriculum Vitae, AN, F/17/28775.
- [49]Des courriers du doyen Peres au recteur datés du 23 avril 1956 et du 18 février 1958 indiquent que Marcel Prenant a en 1956 été élu avec 41 voix sur 68 votants (le deuxième candidat, Pierre-Paul Grassé, en a obtenu seulement 5 !), et en 1956 avec 74 voix sur 83 votants. Dossier à l’académie de Paris, AN, AJ/16/5744.
- [50]Notes de Guy Besse pour Georges Cogniot du 13 juin 1953, ADSSD, Fond Cogniot 292 J9. Guy Besse est alors un lieutenant de Laurent Casanova à la section idéologique. Les plaignants sont Léopold Vigneron, Raymond Chastel, Michel Langevin, Jean Yoccoz et Georges Charpak.
- [51]Cédric Grimoult, Sciences et politique en France. De Descartes à la révolte des chercheurs, Ellipses, 2008, p. 49.
- [52]Georges Teissier a d’abord été l’adjoint de Joliot-Curie au CNRS, puis a pris sa place quand il a été nommé au Haut-Commissariat à l’énergie atomique.
- [53]Russian Archive Series, 579.3.51.
- [54]Revue de l’enseignement supérieur et recherche scientifique, n° 2, mars-avril 1952, p. 5.
- [55]Prenant, « Mendès-France, la science et les trusts », op. cit., p. 66. Voir aussi Revue de l’enseignement supérieur et recherche scientifique, n° de février-avril 1956.
- [56]Éditorial de la Revue de l’enseignement supérieur et recherche scientifique, n° 7-8 de juillet-août 1952. Voir aussi Prenant, « Mendès-France, la science et les trusts », op. cit., p. 61- 81.
- [57]Revue de l’enseignement supérieur et recherche scientifique, n° de décembre 1954.
- [58]Jean-François Picard, La République des savants. La recherche française et le CNRS 1939-1989, Flammarion, 1990, p. 95. L’historien résume ainsi le profil de Prenant parmi les intellectuels français : « Marcel Prenant nous paraît représentatif de certains grands universitaires français paradoxalement aussi convaincus par les idées progressistes que leur magistère semble être resté mandarinal. Ainsi, pour lui, nul doute que l’université était la seule et unique garante de la science pure et désintéressée en face d’un CNRS dirigé par ses amis Joliot et Teissier, mais portant l’opprobre d’être resté sous l’emprise du patronat, voire de fonctionner sous la coupe des grandes fondations scientifiques nord-américaines (dont on doit signaler qu’il fut pourtant le bénéficiaire) – Jean-François Picard, « PRENANT (Marcel) 1893-1983 », in Jacques Julliard et Michel Winock (dir.), Dictionnaire des intellectuels français, Seuil, 1996 p. 915. »
- [59]Musée Curie, Archives Frédéric Joliot, F35, document 128 : « L’homme devant la biologie, Présentation de la conférence de Marcel Prenant », 29 avril 1948. Les témoignages de ses proches indiquent par ailleurs que lors de l’affaire Lyssenko, Joliot fondait son opinion sur celle de Prenant.
- [60]Entretien avec André Beaumont.
- [61]Pinault, Frédéric Joliot-Curie, op. cit., p. 514.
- [62]Entretien avec Hélène Langevin-Joliot. Son frère Pierre Joliot rapporte la même chose : « J’ai beaucoup entendu parler de Marcel Prenant, au moment où mon père a redémarré le CNRS, et où s’est posé le problème de la nécessité de la création d’un établissement comme le CNRS, et de la compétition relative que cela représentait vis-à-vis de l’Université. Et Prenant, effectivement, apparaissait quand même comme le défenseur de l’Université. Mon père disait que c’était un personnage d’une très grande intelligence et d’une très grande valeur, mais qui sur la question de l’organisation de la recherche en France était à côté de la plaque. Je pense que mon père avait beaucoup d’estime pour Prenant, qu’il était en conflit avec lui et énervé par cette situation. Mais je n’ai jamais entendu mon père critiquer Prenant pour autre chose » (entretien avec Pierre Joliot).
- [63]Entretien avec Hélène Joliot-Curie.
- [64]Il s’y comporte d’ailleurs en parfait stalinien et participe à la répression brutale ou même sanglante des opposants de gauche.
- [65]Julian Mischi, Le Parti des communistes, op. cit., p. 407.
- [66]Voir sur tous ces épisodes le film de Mosco Boucault Mémoires d’Ex (1991).
- [67]Georges Guingouin (1913-2005) dirige pendant la Résistance le maquis du Limousin, parfois en opposition aux directives de la direction. Les actions de son maquis sont parmi les plus importantes de cette époque.
- [68]Auguste Lecœur (1911-1992) est un dirigeant du Nord de la France qui joue un rôle important dans l’organisation des mineurs, puis pendant la guerre dans la structuration de l’appareil clandestin du parti. À la Libération, il devient maire de Lens, sous-secrétaire au charbon, député, et de fait « dauphin » officieux de Thorez au sein du Parti. Il est en 1953 victime du même type de cabale qu’il avait lui-même contribué à mettre en œuvre en 1952 contre Marty et Tillon, et il est exclu du PCF en 1954.
- [69]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 312.
- [70]En février 1956, lors de ce XXe congrès, le nouveau dirigeant Nikita Khrouchtchev entame un processus de « déstalinisation » : il remet en cause le « culte de la personnalité » et dénonce des crimes de Staline. À l’ouest, le PCF apparaît comme l’un des partis communistes les plus rétifs à cette réorientation : Maurice Thorez tente d’abord de dissimuler le rapport secret de Khrouchtchev, puis, face aux révélations publiques, s’efforce d’équilibrer mérites et erreurs de Staline.
- [71]En octobre-novembre 1956, un soulèvement populaire à Budapest chasse le gouvernement en place, qui est restauré par une intervention des troupes soviétiques. Le PCF dénonce en interne les manifestants comme des fascistes et approuve publiquement la répression du mouvement par les chars russes. Le 7 novembre, une manifestation devant le local du PCF dégénère en affrontement entre assaillants et défenseurs, et provoque un décès de chaque côté.
- [72]Michel Dreyfus, PCF. Crises et dissidences de 1920 à nos jours, Complexe, 1990, p. 120-122.
- [73]Frédérique Matonti, Intellectuels communistes, La Découverte, 2013, p. 42.
- [74]Caute, Le Communisme et les intellectuels français, op. cit., p. 272.
- [75]En 1964, le Débat communiste évoque l’exclusion de Pannequin du PCF. L’acte d’accusation lui reproche d’avoir collaboré avec Marcel Prenant, qui est présenté comme ayant été exclu du PCF en 1956 pour « attitude antisoviétique » lors des événements de Hongrie. L’article rappelle que Marcel Prenant est parti de lui-même en 1958 et précise : « S’il a déploré comme tous les communistes véritables et comme le PCUS le comportement du gouvernement Rakosi qui avait désorienté le peuple hongrois, il a considéré comme indispensable l’action menée par l’Union Soviétique vis-à-vis de la contre-révolution soutenue par les impérialistes » (n° 28, 15 juin 1964, p. 15). André Prenant confirme que son père n’a pas été choqué par la répression en Hongrie (entretien avec l’auteur).
- [76]Dans son autobiographie (non publiée), Robert Manaranche rapporte une anecdote d’après le départ de Prenant du PCF : « Il restait foncièrement communiste et je me souviens d’un incident lors d’un déjeuner chez nous à Villejuif avec lui et Madame Prenant au cours duquel j’avais imprudemment attaqué Staline et le stalinisme et où il menaça de partir immédiatement si je m’en prenais au Petit Père des Peuples. Je pense que comme beaucoup d’intellectuels de cette génération il ne voulait pas “décourager Billancourt”, car évidemment il était trop intelligent pour ne pas avoir vu que Lyssenko était directement un produit du stalinisme. »
- [77]L’Humanité publie le 14 mai 1925 un appel contre la colonisation et pour la fraternisation des soldats français avec les insurgés, et le PCF tente même en octobre de lancer une grève générale contre la guerre. Stéphane Courtois et Marc Lazar, Histoire du Parti communiste français, PUF, 1995, p. 92.
- [78]Jusque-là, ses analyses se situaient dans la continuité d’un jugement de Thorez qui en 1936 parlait pour l’Algérie d’une « nation en formation ».
- [79]Lettre de Marcel Prenant à André Prenant, 2 décembre 1951 (Apap).
- [80]Marcel Prenant, « Libérez Henri Martin ! », La Pensée, janvier 1952, p. 3-7.
- [81]Entretiens avec André Prenant et Franssou Prenant, témoignage écrit (non publié) de Robert Manaranche.
- [82]Mischi, Le parti des communistes, op. cit., p. 445.
- [83]« Gérard Spitzer se déclare victime d’un procès d’opinion », Le Monde, 1er juin 1960. Gérard Spitzer (1927-1996) s’engage à 15 ans dans les FTP puis rejoint le Parti communiste. Il est exclu en 1956 pour avoir protesté contre la répression en Hongrie et critiqué l’orientation du PCF dans la guerre d’Algérie. Il rejoint alors les oppositionnels du bulletin L’Étincelle puis Voie communiste. Arrêté par la DST en septembre 1959, il effectue 18 mois de prison pour son activité de « porteur de valises » au service du FLN.
- [84]Courtois et Lazar, Histoire du Parti communiste français, op. cit., p. 299-300.
- [85]Le PCF recule en n’obtenant plus que 18,9 % des suffrages, et son groupe parlementaire, défavorisé par le nouveau mode de scrutin, fond de 150 à 10 députés (Mischi, Le Parti des communistes, op. cit., p. 444).
- [86]Robrieux, Maurice Thorez, vie secrète et vie publique, op. cit., p. 507.
- [87]Archives du Bureau politique, relevé de décisions de la réunion du BP du 29 septembre 1958 consacrée à analyse des résultats du référendum. ADSSD 2 NUM_4/3 BP_19580929_01.
- [88]La lettre est reproduite dans les mémoires de Jean-Pierre Vernant, Entre mythe et politique, Seuil, 1996, p. 553. Un exemplaire original est présent dans le fonds Cogniot, ADSSD 292 J 45.
- [89]Mischi, Le Parti des communistes, op. cit., p. 442.
- [90]Lettre de Marcel Prenant du 17 août 1958, adressée à un collectif [« chers camarades »], à propos de sa démission du PCF (Apap). Marcel Prenant semblait avoir l’habitude de garder une copie des courriers qu’il envoyait, d’où la présence de ce document dans ses propres archives.
- [91]Ce texte est accessible grâce à une copie (archives de la commission de contrôle du Parti) envoyée par Gaston Plissonnier aux membres du Bureau politique le 13 octobre 1958. À cette date, Maurice Thorez a déjà longuement évoqué cette lettre dans son discours de clôture au Comité central des 3 et 4 octobre. Il est reproduit en annexe de cet ouvrage.
- [92]L’Humanité du 10 octobre 1958.
- [93]Au cours de l’été 1958, Georges Cogniot comptait en réalité encore sur Marcel Prenant pour rédiger dans La Pensée un article sur « La Résistance devant le pouvoir personnel » de De Gaulle. Depuis sa retraite estivale à Roscoff, Prenant décline la proposition sans manifester de désaccords politiques mais en arguant amicalement de son incompétence. Lettre manuscrite de Marcel Prenant à Georges Cogniot du 14 septembre 1958, ADDSD Fond Cogniot, 292 J 67.
- [94]Intervention d’Auguste Gillot (maire de Saint-Denis) et intervention de Marcel Dufriche (futur maire de Montreuil), Cds d’enregistrement des réunions du CC, session du 3 et 4 octobre 1958 à Ivry. CD n° 77 (support cassette) ADSSD 4AV/186, plage 6 et plage 7.
- [95]CD n° 79, ADSSD 4AV/188, plage 1.
- [96]Entretien avec Michel Gaudichon.
- [97]Le 13 mai 1958, dans le contexte du soulèvement en Algérie des partisans de l’Algérie française le dirigeant du MRP Pierre Pflimlin est investi Président du Conseil, pour former ce qui aura été le dernier gouvernement de la IVe République avant la prise du pouvoir par de Gaulle. Pflimlin obtient à la Chambre une large majorité, le groupe communiste ayant choisi de s’abstenir pour ne pas entraver la mise sur pied de ce gouvernement de défense des institutions. Très conciliant, le PCF a accepté au nom de la défense de l’ordre républicain l’interdiction par le gouvernement de ses propres manifestations.
- [98]En novembre, alors que la commission du PCF chargée de la recherche scientifique voulait solliciter l’expertise de Marcel Prenant, Laurent Casanova intervient : « Je suis d’accord, sauf qu’une discussion avec Prenant pourrait poser certaines questions qu’il faut envisager et évaluer. » Ce que Gaston Plissonnier traduit plus clairement : « Ne rien demander à Marcel Prenant (Laurent Casanova) » (lettre de Gaston Plissonnier à Georges Cogniot du 17 novembre 1958. ADSSD, Fond Cogniot, 292 J 67).
- [99]Jeanine Verdes-Leroux, « La guerre d’Algérie dans la trajectoire des intellectuels communistes », in Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli (dir.), La Guerre d’Algérie et les intellectuels français, Complexe, 1991, p. 307-236.
- [100]En janvier 1953, peu avant la mort de Staline, le NKVD accuse des médecins soviétiques d’avoir assassiné et préparé l’assassinat de dirigeants communistes. La plupart des accusés étant juifs, le « complot des blouses blanches » est considéré comme le révélateur d’un climat antisémite en URSS après-guerre.
- [101]Pinault, Frédéric Joliot-Curie, op. cit., p. 552.
- [102]Dreyfus, PCF. Crises et dissidences de 1920 à nos jours, op. cit., p. 127.
- [103]François Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF. Genèse, structure et stratégie du groupe « Unir pour le socialisme », 1952-1974, thèse de sciences politiques, Clermont I, 1984.
- [104]Jean Chaintron (1906-1989) adhère au PCF en 1931 et se voit confier la mission en 1935 d’aider à la constitution du Parti communiste algérien. Son activité anticoloniale l’oblige à basculer dans la clandestinité pour échapper à la prison, et il part en Espagne en 1937 combattre aux côtés des Brigades internationales. Arrêté en France en 1941, il est libéré en 1944 par un coup de force de résistants et rejoint les FTP. Sénateur de la Seine après-guerre, il s’oppose à la direction du PCF en 1956 en demandant une réelle déstalinisation. Il est exclu en 1962 et milite alors dans le cadre d’Unir-Le débat communiste.
- [105]Maurice Gleize (1907-2003) exerce le métier d’imprimeur dès ses 12 ans. Pendant l’Occupation, c’est de son imprimerie du XVIIIe arrondissement de Paris que sortent les numéros clandestins de L’Humanité, de la Vie ouvrière, de France d’abord, etc. Arrêté en 1943, il est déporté à Neuengamme où il fait la rencontre de Marcel Prenant, dont il avait imprimé les manuels de formation des FTP. Il quitte le PCF en 1952 au moment de l’affaire Marty-Tillon, et travaille alors pour Unir pour le socialisme. Il refait de la prison en 1956 pour son action d’opposition à la guerre d’Algérie.
- [106]Tillon, Charles Tillon. Le chef des FTP trahi par les siens, op. cit., p. 270.
- [107]Fils du peuple est le titre de l’autobiographie de Maurice Thorez. Parue en 1937, ses différentes rééditions aménagent des réécritures de l’Histoire en fonction des besoins du moment.
- [108]Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 225.
- [109]Témoignage de Madeleine Rébérioux dans Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 265. Maurice Kriegel-Valrimont a été accusé en 1961 par un article de L’Humanité d’être lié au groupe Unir, ce dont il s’est vigoureusement défendu jusque dans ses Mémoires (Mémoires rebelles, Odile Jacob, 1999 p. 150).
- [110]Lettre de Marcel Prenant à Charles Tillon du 9 décembre 1959, fonds Tillon à l’IEP de Paris, CT 9.
- [111]Lettre de Marcel Prenant à Robert Simon du 6 mars 1962 citée dans Jean Chaintron, Le Vent soufflait devant ma porte, Seuil, 1993, p. 384 et dans Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 267.
- [112]Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 370, notes 18 et 19.
- [113]Chaintron, Le Vent soufflait devant ma porte, op. cit., p. 414.
- [114]Ibid., p. 384.
- [115]Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 345.
- [116]Roger Pannequin (1920-2001) : Entré au PCF en 1941, il combat dans les FTP et devient par la suite permanent du Parti dans le réseau d’Auguste Lecœur. Il est la cible d’une campagne interne à partir de 1951 et perd son emploi de permanent. Il reste membre du PCF jusqu’en 1968, tout en collaborant avec les groupes oppositionnels Le Débat communiste et Unir.
- [117]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 319. Marcel Servin et Laurent Casanova sont parmi d’autres écartés par la direction dans un contexte de demandes diffuses d’une déstalinisation plus profonde au sein du PCF.
- [118]Lorsqu’Unir annonce la création de l’Amicale, il met en avant la figure de Prenant en tant que gage de crédibilité : « La parution au grand jour de militants comme Marcel Prenant, ancien chef d’état-major des FTPF, ex-membre du comité central, professeur à la faculté des sciences de Paris, éliminé pour refus d’admettre les thèses fausses de “savants” imposés comme “guides” par Staline démontre assez clairement la valeur des calomnies de l’appareil bureaucratique de la direction du Parti contre nous » (« Aux côtes d’Unir et à découvert : L’Amicale des anciens militants du PCF demeurés fidèles aux principes marxistes-léninistes », Unir pour le Socialisme, n° 110, janvier 1962).
- [119]Marcel Prenant, « Le débat communiste », Le Débat communiste, n° 1, 15 mars 1962, p. 2.
- [120]Article non signé cité dans « Unir répond… à Beria », Unir pour le Socialisme, n° 113, avril 1962.
- [121]Ce commentaire fait par exemple écho à l’article « Il avait refusé de célébrer Lyssenko : M. Prenant fonde l’“Amicale des anciens et des exclus du PCF” » paru dans Paris presse le 11 janvier 1962.
- [122]Disponible sur demande au siège du PCF, place du Colonel-Fabien.
- [123]Lettre anonyme à Maurice Thorez du 25 septembre 1962, postée à Marseille.
- [124]Lettre de André Perdon à Marcel Prenant du 30 mars 1962.
- [125]Entretien avec Gabriel Gohau. Celui-ci précise qu’Ernest Kahane était loin d’être le plus sectaire des staliniens, ce qui donne une idée de l’ampleur du rejet provoqué par le départ de Prenant.
- [126]Deux lettres manuscrites de Guy Besse à Georges Cogniot en mars 1959. ADSSD, Fonds Cogniot, 292 J 67.
- [127]« Beria continue », Unir pour le socialisme, n° 113, avril 1962.
- [128]La lettre d’interrogation de Marcel Prenant au président de l’Association, restée sans réponse malgré une relance, est reproduite dans « Au dossier du stalinisme prolongé : Unir ou diviser les anciens Résistants ? », Unir pour le socialisme, n° 123, février 1963.
- [129]« Une vingtaine de communistes – parmi lesquels M. Marcel Prenant – demandent leur réintégration dans le PCF », Le Monde, 14 janvier 1966. Jean Chaintron et Maurice Gleize figurent aussi dans la liste des signataires.
- [130]Dans un échange de correspondances avec des dirigeants d’Unir, Marcel Prenant commente en janvier 1968 le livre de David Caute sur les intellectuels communistes : « L’ensemble est un ouvrage sérieux et, après tout, même lorsqu’il nous met, nous, un peu en boîte, à propos de la demande de réintégration “petite comédie”, il n’a pas tort » (fonds Tillon à l’IEP de Paris, CT 34, dossier 1).
- [131]« À propos d’une soi-disant demande de réintégration », L’Humanité du samedi 15 janvier 1966. Cet encart figure en une du journal.
- [132]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 319.
- [133]Marcel Prenant propose des articles, et souvent des éditos, dans les sept premiers numéros du Débat communiste, de mars à septembre 1962. Puis ses interventions sont moins systématiques, mais il écrit parfois des textes, notamment fin 1963 début 1964, à un rythme de 4 ou 5 contributions par an. Fin 1965 puis en 1966, il n’écrit pratiquement plus rien.
- [134]Si avec ses milliers d’abonnées Le Débat communiste peut jouer un rôle dans les débats de la mouvance communiste, le bilan n’est pas bon du point de vue des effectifs de l’Amicale. Éditorial de Marcel Prenant : « Numéro cinquante ! », Le Débat communiste, n° 50, 15 juin 1966.
- [135]Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 441.
- [136]Contrairement à Jean-Pierre Vernant, Madeleine Réberioux, Albert Soboul ou Charles Tillon. Unir-Débat, n° 19-20, juillet-août 1968.
- [137]Unir-Débat, n° 23, novembre 1968. Il n’est pas non plus parmi les signataires de la « Déclaration du 5 janvier 1970 », pétition de membres et d’anciens membres du PCF affirmant leur soutien au Printemps de Prague et s’opposant à la « normalisation » en Tchécoslovaquie (Unir-Débat, n° 37, 10 janvier 1970). Il figure finalement dans une troisième liste de signataires publiée plus tard au milieu de gens beaucoup moins prestigieux que lui. On peut donc supposer qu’il a fallu argumenter pour le convaincre de ce positionnement. En mars 1972, il n’est plus signataire de l’appel « Solidarité Tchécoslovaquie » (Unir-Débat, n° 63, 10 mars 1972.)
- [138]Unir-Débat, n° 45, 10 septembre 1970.
- [139]Unir-Débat, n° 49, 10 janvier 1971.
- [140]Marcel Prenant, « Réflexions sur le stalinisme », Unir-Débat n° 1٨,1٠ juin 196٨, p. 2٠.
- [141]Ibid.
- [142]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 320-321.
- [143]Sean B. Carroll, Brave Genius : A Scientist, a Philosopher, and Their Daring Adventures from the French Resistance to the Nobel Prize, Broadway Books, 2013, p. 12.
- [144]Jean Chaintron, Le vent soufflait devant ma porte, Seuil, 1993, p. 407.
- [145]Tillon, Charles Tillon. Le chef des FTP trahi par les siens, op. cit., p. 277.
- [146]Préface à Paul Pirlot, Morphologie évolutive des Chordés, Presses de l’Université de Montréal, 1969. La préface est datée du 20 mai 1968.
- [147]Entretien avec René Heller.
- [148]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 327.
- [149]Lors de l’élection de Marc Zamansky, Georges Teissier soutient son adversaire marqué à gauche, alors que Prenant soutient Zamansky. Cette divergence aurait été l’occasion d’une brouille entre les deux amis. Entretien avec Jacques Taxi.
- [150]Entretien avec René Heller. Par exemple, lorsqu’en 1962 le doyen Zamansky n’est pas en mesure de présider un bureau de vote, il demande à Prenant de le faire à sa place (lettre du doyen Zamanksy à Marcel Prenant du 6 mars 1962. AN, AJ/16/5744). Selon André Beaumont, c’est Marc Zamansky qui remet un insigne de la Légion d’Honneur à Prenant au cours des années 1970. La proximité entre les deux hommes est aussi évoquée par Jeannette Colombel et Françoise Glucksmann (entretiens avec l’auteur).
- [151]Ce rejet de la révolte étudiante est exposé par Marc Zamansky en 1969 dans son livre Mort et résurrection de l’Université. Selon Françoise Glucksmann, Marcel Prenant a conseillé à son ami Zamansky la fermeté face aux contestations, contribuant peut-être ainsi paradoxalement au développement de ces contestations réprouvées (entretien avec l’auteur).
- [152]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 328.
- [153]Entretien avec Michèle Matricon.
- [154]Ibid., p. 329.
- [155]Entretiens unanimes avec les enfants et petits-enfants de Marcel Prenant.
- [156]Entretien avec Françoise Glucksmann.
- [157]Entretien avec Franssou Prenant.
- [158]En 1975, Jeannette Colombel publie chez UGE 10/18 Les Murs de l’école, une critique des lycées issus de la IIIe République, où beaucoup de passages apparaissent comme des charges contre ce que représente son père.
- [159]La loi Edgar Faure votée en novembre 1968 bouleverse l’organisation universitaire française, et surtout parisienne, puisque l’Université de Paris est éclatée en 13 structures différentes.
- [160]Toute une vie à gauche, op. cit., p. 330.
- [161]Ibid., p. 331. À la page suivante, Marcel Prenant rajoute une louche supplémentaire de complotisme : « Bien d’autres questions troublantes peuvent encore se poser, par exemple quant aux tergiversations apportées par l’autorité à l’expulsion et à l’interdiction de séjour du provocateur Cohn-Bendit, alors même que sa responsabilité ne faisait aucun doute et que son identité étrangère avait été constatée par la police dès le 3 mai. Sans doute ce personnage était-il nécessaire à la poursuite de l’agitation quelque temps encore » (Toute une vie à gauche, op. cit., p. 232).
- [162]Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 503.
- [163]Ibid., p. 518-523.
- [164]Unir-Débat, n° 37, 10 janvier 1970, p. 26-28.
- [165]À la même époque, Charles Tillon accepte en sens inverse de participer à la création du Secours rouge aux côtés des organisations issues du mouvement de Mai. Millon, Charles Tillon, op. cit., p. 279.
- [166]Entretiens avec Jeannette Colombel et Françoise Glucksmann, mais aussi lettre de Marcel à Lucy Prenant du 28 mars 1971.
- [167]Philippe Robrieux, Notre génération communiste, Robert Laffont, 1977, p. 339.
- [168]Roger Pannequin, Adieu, camarades, Le Sagittaire, 1977, p. 366. Dans sa propre autobiographie, Les Tribulations d’un idéologue (Galaade, 2006), Victor Leduc rapporte la manière dont, intrigué par le profil de Courtois, il avait participé à la filature qui l’avait démasquée.
- [169]Dans ses mémoires Jean Chaitron continue d’estimer que le dossier d’accusation était « absurde », et l’historien François Chouvel émet les plus grandes réserves quant à sa véracité.
- [170]Voir sur ce sujet une série d’articles sur Unir publié sur son blog « Caillou tendre » à partir de 2011 par un ancien sympathisant du groupe : cailloutendre.fr. Il s’appuie notamment sur un chapitre du livre du journaliste Frédéric Charpier La CIA en France (Seuil, 2008), qui détaille le parcours de Fernand Tocco/Jacques Courtois en tant qu’agent de l’officine anticommuniste Paix et Liberté. De nombreux aspects de ce récit sont confirmés par Guy Barbier qui, alors qu’il travaillait à L’Humanité, avait rejoint Unir en 1968 et y avait sympathisé avec Jacques Courtois, qu’il fréquentait quotidiennement (entretien de l’auteur avec Guy Barbier).
- [171]Selon Pannequin, Robrieux et Leduc, il aurait également pu être « retourné » par la direction du PCF, ce qui est plus difficile à corroborer.
- [172]Voir le dernier billet sur cailloutendre.fr : « Le groupe Unir 11e : et Fernand Tocco… », du 1er avril 2012. L’un de ces pseudonymes est Stan Olera et ses « œuvres » concernent les très sexuelles aventures de… « Socco » !
- [173]Lettre de Marcel à Lucy Prenant du 31 mars 1971 (Apap). La militante communiste américaine Angela Davis, sympathisante des Black Panthers, est alors emprisonnée et inculpée pour complicité d’assassinat.
- [174]Lettre de Marcel Prenant à Pierre Paulet du 29 décembre 1976 (Apap).
- [175]Chouvel, Des oppositionnels dans le PCF, op. cit., p. 271, note 16.
- [176]Lettre de Lucien Gibou du 14 janvier 1977 à L’Humanité dimanche. Mention manuscrite « Affaires Guingouin Marcel Prenant Pour C.C. ». Dossier de Marcel Prenant à la commission de contrôle du PCF.
- [177]Arnaud Spire, « Une vie droite », L’Humanité du 23 mai 1980, p. 8.
- [178]« M. Marcel Prenant est mort », L’Humanité, 20 juillet 1983, p. 1 et 5.
- [179]Sous le titre « Une vie de droiture », il s’agit de l’article principal, qui jusque dans le titre repose essentiellement sur son propre compte rendu de Toute une vie à gauche.
- [180]« Le souvenir de Marcel Prenant ». André Wurmser rapporte avoir connu Prenant au CVIA : « Marcel Prenant était sans doute le plus virulent. Son crâne, lorsque les attaques contre Paul Langevin se faisaient trop odieuses, s’empourprait et il élevait très fort la voix. »
- [181]« M. Marchais rend hommage à Marcel Prenant », article signé « P.J. », Le Monde du 21 juillet 1983.
- [182]Le dossier ne semble pas déboucher sur une annonce formelle, mais les éléments qu’il contient sont ceux qui ont servi de point d’appui à la déclaration de repentance et à l’hommage prononcés par Georges Marchais.
En avril 1950, au congrès de Gennevilliers, Marcel Prenant est exclu du comité central du PCF pour n’avoir pas voulu défendre avec assez d’ardeur les thèses de Lyssenko et les vertus de la « science prolétarienne ». Pour autant, il ne démissionne pas du Parti, et continue pendant encore près d’une décennie à vigoureusement défendre les thèses du PCF. Il ne le quitte qu’en 1958, pour adopter alors une position ambiguë d’amical opposant.
Même s’il ne donne pas satisfaction à la direction dans le cadre de l’affaire Lyssenko et qu’il est finalement exclu du comité central, Marcel Prenant est loin de faire figure de paria au sein du Parti. En 1949, alors qu’il manque d’enthousiasme à l’égard du lyssenkisme, il fait malgré tout partie du comité de patronage des célébrations françaises du 70e anniversaire de Staline. En mai 1950, il représente la revue La Pensée à la cérémonie d’hommage aux fusillés du Mont-Valérien. La même année, il fait partie des intellectuels mis en avant dans la brochure « Pourquoi je suis communiste » aux côtés d’Aimé Césaire, Louis Aragon, Paul Éluard, Frédéric Joliot-Curie, Pablo Picasso, etc.Le PCF n’est alors plus dans la situation favorable qui était la sienne aux lendemains immédiats de la Libération : le rejet en 1946 du projet constitutionnel qu’il portait marque la fin de sa progression, et il n’est plus la force dominante du nouveau gouvernement tripartite, dont les ministres communistes sont même exclus en mai 1947. En septembre, les partis français et italiens se voient accusés de « crétinisme parlementaire » par Jdanov lors d’une réunion du Kominform, et le PCF entre alors dans une seconde phase de stalinisatio…
Date de mise en ligne : 30/04/2026
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