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Texte 8. Réaliser une action raisonnée ne requiert pas qu’on raisonne (1737)

David-Renaud Boullier (1699-1759)

Pages 65 à 70

Citer ce chapitre


  • Hoquet, T.
(2018). Texte 8. Réaliser une action raisonnée ne requiert pas qu’on raisonne (1737) David-Renaud Boullier (1699-1759) Le sexe biologique. Anthologie historique et critique : Les comportements sexuels (Volume 3, p. 65-70). Hermann. https://stm.cairn.info/le-sexe-biologique-anthologie-historique-et-critique-volume-3--9782705684297-page-65?lang=fr.

  • Hoquet, Thierry.
« Texte 8. Réaliser une action raisonnée ne requiert pas qu’on raisonne (1737) : David-Renaud Boullier (1699-1759) ». Le sexe biologique. Anthologie historique et critique Les comportements sexuels, Hermann, 2018. p.65-70. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/le-sexe-biologique-anthologie-historique-et-critique-volume-3--9782705684297-page-65?lang=fr.

  • HOQUET, Thierry,
2018. Texte 8. Réaliser une action raisonnée ne requiert pas qu’on raisonne (1737) David-Renaud Boullier (1699-1759) In : Le sexe biologique. Anthologie historique et critique Les comportements sexuels. Paris : Hermann. Hors collection, p.65-70. URL : https://stm.cairn.info/le-sexe-biologique-anthologie-historique-et-critique-volume-3--9782705684297-page-65?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Cf. supra, texte précédent.
  • [2]
    David-Renaud Boullier, Essai philosophique sur l’âme des bêtes où l’on trouve diverses réflexions sur la nature de la liberté, sur celle de nos sensations, sur l’union de l’âme et du corps, sur l’immortalité de l’âme, 2e éd. revue et augmentée, Amsterdam, François Changuion, 1737, t. I, p. xviii.
  • [3]
    Ibid., t. I, p. xxxi et le chapitre vi de la deuxième partie.
  • [4]
    Cf. Leibniz, Monadologie, 1715, § 28.
  • [5]
    Cf. la lettre 121 de Sénèque à Lucillius (« Que tout animal a la conscience de sa constitution »).
  • [6]
    Cf. Fontenelle (« Éloge de M. Des Billettes », Histoire de l’Académie, 1720) : « La plupart des espèces d’animaux comme les abeilles, les araignées, les castors, ont chacune un art particulier mais unique et qui n’a point parmi eux de premier inventeur. Les hommes ont une infinité d’arts différents qui ne sont point nés avec eux et dont la gloire leur appartient. » [TH]
  • [7]
    Sur les castors, cf. par exemple la lettre de M. Sarrasin, « Médecin du Roy en Canada » à Joseph Pitton de Tournefort, datée de 1700 et donnant la dissection d’un castor. Elle est évoquée dans le Journal des savants, 1707, p. 142, qui commente : « Ceux qui aiment à fatiguer les Cartésiens sur leur sentiment touchant l’âme des bêtes par le récit de quantité d’actions surprenantes des animaux, trouveront dans cette histoire de quoi les accabler, et si ces philosophes n’étaient pas tout à fait endurcis, les castors les convertiraient. À voir de quelle manière ces animaux choisissent leur demeure, avec quelle adresse ils construisent leurs chaussées et bâtissent leurs cabanes, etc., il est impossible de n’être pas convaincu qu’ils ont plus d’esprit que les sauvages mêmes du Canada. » [TH]

Les performances animales permettent-elles de trancher la question de leur âme ou de leur mécanisme ? La philosophie de Leibniz montre que le terme de « machine » est plus compliqué qu’il n’y paraît et que ne semblait le penser Réaumur. Leibniz désigne l’âme par l’expression « automate spirituel », une apparente contradiction dans les termes, qui réconcilie le spirituel et le mécanisme. Ainsi, dans les termes de son disciple, David-Renaud Boullier : « par libre, lorsque l’on parle de l’action d’un automate spirituel, on entend la même chose qu’exprime le mot de nécessaire lorsqu’il s’agit du mouvement d’une roue de moulin. »
S’avançant sans crainte sur le terrain métaphysique, Boullier propose une défense de l’âme des bêtes qui entend réfuter deux autres positions : la thèse attribuée à Descartes de leur entière matérialité et la thèse scolastique d’une âme mortelle des bêtes. À travers la question des bêtes, c’est véritablement la question de la nature humaine qui est posée. Là où les libertins utilisent le cartésianisme pour déclarer que les humains sont aussi automates, Boullier entend prouver au contraire que les « brutes ont une âme immatérielle » mais celle-ci est essentiellement différente de l’âme humaine et pour tout dire, d’un rang inférieur, « un esprit uniquement susceptible de perceptions confuses ». À l’appui de cette conjecture vraisemblable, Boullier utilise la philosophie de l’harmonie préétablie de Leibniz pour discuter de la liberté des animaux humains et non humains…


Date de mise en ligne : 27/07/2025

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