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Chapitre 4. L’âge du gras

Pages 63 à 78

Citer ce chapitre


  • Peuteuil, P.
(2014). Chapitre 4. L’âge du gras. Les corps malmenés : Anorexie, boulimie, obésité (p. 63-78). Armand Colin. https://stm.cairn.info/les-corps-malmenes--9782200283186-page-63?lang=fr.

  • Peuteuil, Pierre.
« Chapitre 4. L’âge du gras ». Les corps malmenés Anorexie, boulimie, obésité, Armand Colin, 2014. p.63-78. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/les-corps-malmenes--9782200283186-page-63?lang=fr.

  • PEUTEUIL, Pierre,
2014. Chapitre 4. L’âge du gras. In : Les corps malmenés Anorexie, boulimie, obésité. Paris : Armand Colin. Regards psy, p.63-78. URL : https://stm.cairn.info/les-corps-malmenes--9782200283186-page-63?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders : manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), publié par l’APA (Société Américaine de Psychiatrie), est un ouvrage de référence qui classifie et caractérise des critères diagnostiques et des recherches statistiques de troubles mentaux spécifiques. La version évoquée ici (DSM IV, 1994) n’est pas la plus récente mais correspond à la version en cours pendant ma période d’activité professionnelle.
  • [2]
    La notion de binge est aujourd’hui le plus fréquemment associée, sous le terme de binge drinking, aux alcoolisations aiguës, aux conséquences parfois dramatiques, particulièrement chez les adolescents.
  • [3]
    Binge Eating Disorder. DSM IV-R. Voir en Annexes.
  • [4]
    Pascal Bruckner, La tyrannie de la pénitence, op. cit.
  • [5]
    Martin Suter, Le temps, le temps, Christian Bourgois, 2012.
  • [6]
    Bruch Hilde, Les yeux et le ventre. L’obèse, l’anorexique, Payot, 1984.
  • [7]
    Les adipocytes sont les cellules constituantes du tissu graisseux.
  • [8]
    Éliane Ferragut, Émotion et mémoire. Le corps et la souffrance, Masson, 2004.
  • [9]
    J.-D. Nasio, Mon corps et ses images, Payot, 2007.
  • [10]
    À propos de la valeur adaptative du gros corps, voir Bernard Waysfeld, Le poids et le moi, 2e éd., Armand Colin, 2014.
  • [11]
    J’assigne l’italique à prétention pour souligner que ce mot se situe ici « quelque part » entre ses deux acceptions de « complaisance vaniteuse » et de « revendication » mais qu’également, et en dépit de son étymologie (droit que l’on a ou que l’on croit avoir, de prétendre, d’aspirer à une chose), il est tout entier voué à l’anticipation, serait-ce à l’anticipation… magique !
  • [12]
    Souvenir d’une patiente qui, dès qu’elle dépassait un poids jugé intolérable, ressortait de son placard un battle-dress de camouflage acheté dans un magasin de surplus militaire.
  • [13]
    De la même manière, l’anorexique tient sa maladie « au secret » derrière les murailles d’une activité mentale qui prend des allures de forteresse (forteresse vide pour reprendre l’expression de Bruno Bettelheim).
  • [14]
    Joyce McDougall, Théâtres du corps, Gallimard, 1989.
  • [15]
    Consulter à ce sujet Claude Bouchard (1998), « L’obésité est-elle une maladie génétique ? » revue L’Obésité, vol. 4, n° 4.
  • [16]
    Référence est faite ici aux écrits de Melanie Klein, en particulier à Deuil et dépression, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2004.
  • [17]
    François Coupry, Éloge du gros, Robert Laffont, 1989.
  • [18]
    Danielle Bourque, À dix kilos du bonheur, Les Éditions de l’Homme. réédition 2004.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    Giselle Harrus Revidi, Psychanalyse de la gourmandise. Payot, 1994.
  • [21]
    Ibid.
  • [22]
    David Le Breton. L’adieu au corps, Métailié, 2000.
  • [23]
    Maria Michela Marzano Parisoli, Penser le corps, PUF, 2002.
  • [24]
    Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique, thèse de médecine 1943 et PUF, 1966.
  • [25]
    J.-J. Courtine (sous la dir. de), Histoire du corps. Tome 3 : Les mutations du regard. Le xxe siècle, Point Seuil, 2011.

Avec l’anorexie et la boulimie, nous avons jusqu’à maintenant évoqué des troubles du comportement. Si, à ces deux perturbations majeures, je n’ai pas adjoint le binge eating disorder, pourtant répertorié dans les dernières versions du DSM, c’est que cette entité symptomatique ressemble davantage pour moi à un agrégat de symptômes qu’à une réalité nosographique clairement circonscrite. Le binge eating, c’est une boulimie (ou pour le moins une hyperphagie) sans les stratégies de contrôle de poids. La crise de bingeest caractérisée par la « prise, en une courte période de temps (moins de deux heures), d’une grande quantité de nourriture dépassant notablement ce que la plupart des individus mangent normalement dans le même temps et les mêmes circonstances. »
Ces excès alimentaires, fortement culpabilisés, coexistent généralement avec un surpoids, lequel surpoids leur est le plus souvent directement imputé, selon l’habituel raccourci qui s’acharne à désigner un responsable à tout comportement inadapté. La minceur devenue un devoir, l’obésité s’apparenterait dès lors à une désobéissance…
Aussi imprécise soit-elle (grande quantité… ? dépassant notablement… ?), cette définition du binge eating disorder correspond cependant à une réalité clinique quotidiennement rencontrée dans les récits de patients en surpoids ou obèses. Ce syndrome apparaît donc comme l’interface symptomatique où, dans l’évolution « naturelle » des troubles des conduites alimentaires, succédant en image inverse au décharnement anorexique, prenant la suite du corps « normal/menteur » de la boulimique, le corps va s’affirmer comme révélateur d’un nouveau comportement d’excès…


Date de mise en ligne : 02/05/2022

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