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Chapitre 6. Adipus rex

Pages 83 à 97

Citer ce chapitre


  • Peuteuil, P.
(2014). Chapitre 6. Adipus rex. Les corps malmenés : Anorexie, boulimie, obésité (p. 83-97). Armand Colin. https://stm.cairn.info/les-corps-malmenes--9782200283186-page-83?lang=fr.

  • Peuteuil, Pierre.
« Chapitre 6. Adipus rex ». Les corps malmenés Anorexie, boulimie, obésité, Armand Colin, 2014. p.83-97. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/les-corps-malmenes--9782200283186-page-83?lang=fr.

  • PEUTEUIL, Pierre,
2014. Chapitre 6. Adipus rex. In : Les corps malmenés Anorexie, boulimie, obésité. Paris : Armand Colin. Regards psy, p.83-97. URL : https://stm.cairn.info/les-corps-malmenes--9782200283186-page-83?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Tout au long de ce chapitre, j’identifierai le très gros corps à l’obésité massive.
  • [2]
    Le concept de « new normal », appliqué – avec un point d’interrogation ! – à l’obésité se retrouve dans la littérature nord américaine consacrée à l’épidémie d’obésité.
  • [3]
    Pierre Ancet, Phénoménologie des corps monstrueux, PUF, 2006, p. 86.
  • [4]
    L’entre-sort est un genre de spectacle forain dont la forme est contenue dans le nom. Effectivement, le spectateur entre par une porte et sort par une autre. Au cours des foires de jadis, le badaud prenait plaisir à entrer et ressortir de ces baraques foraines pour y découvrir la Femme à Barbe, l’Homme Serpent, le Grand Hiver, la Plus Grosse Femme du Monde, le Python Argenté, etc. Voir à ce sujet Freaks (1932), film de Tod Browning.
  • [5]
    J.-J. Courtines, « La normalisation des corps : monstruosités, handicaps, différences » in Bernard Chouvier et René Roussillon (sous la dir. de), Corps, acte et symbolisation. Psychanalyse aux frontières, De Boeck, 2008.
  • [6]
    S. Freud, L’inquiétante étrangeté et autres essais, Gallimard, 1985, p. 215.
  • [7]
    Pierre Ancet, op. cit.
  • [8]
    Bernard Waysfeld, Le poids et le moi, Armand Colin, 2003, 2e éd. 2014.
  • [9]
    Cf. à ce sujet Michel Henry, Incarnation. Une philosophie de la chair, Ed. du Seuil, 2000.
  • [10]
    Dictionnaire du corps, sous la direction de Michela Marzano, Quadrige, PUF, 2007.
  • [11]
    Pour ajouter à la confusion, rappelons que l’acte de chair réunit deux corps… !
  • [12]
    Maurice Merleau-Ponty, L’homme et l’adversité, Rencontres Internationales de Genève. Tome VI, La connaissance de l’homme au 20e siècle.
  • [13]
    Jean Baudrillard, Les stratégies fatales, Grasset & Fasquelle, 1983 (souligné par moi).
  • [14]
    Insipiens signifiant insensé, déraisonnable.
  • [15]
    Michel Serres, Les Cinq Sens, Hachette Littératures, Grasset & Fasquelle, 1985.
  • [16]
    Ibid.
  • [17]
    Pierre Ancet. op. cit.
  • [18]
    Milan Kundera, Une rencontre, Gallimard, 2009.
  • [19]
    Eugène Minkowski, Le temps vécu, PUF, Quadrige, 1995.
  • [20]
    Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception. Gallimard, NRF, 1945.
  • [21]
    Jean-Philippe Zermati, La fin des régimes, Hachette 1998 ; Maigrir sans regrossir. Est-ce possible ? Odile Jacob, 2009 ; Maigrir sans régime, Odile Jacob, 2011.
  • [22]
    Les adipocytes sont les cellules de notre organisme spécialisées dans le stockage de la graisse. Elles peuvent augmenter de volume (hypertrophie) ou de nombre (hyperplasie), voire les deux à la fois, et de manière alors irréversible.
  • [23]
    Didier Anzieu : fondateur avec Michel de M’Uzan et Pierre Marty, de l’Institut de psychosomatique de Paris. Son ouvrage essentiel, Le Moi-Peau (Dunod), est publié en 1985.
  • [24]
    « Jadis (…) on était capable de toutes les grandeurs et de toutes les infamies, pour sauver son âme. Aujourd’hui, on souffre et on fait souffrir, on tue et on meurt, on fait des choses merveilleuses et des choses terribles, non pour sauver son âme, mais pour sauver sa peau. » Malaparte, La peau, Denoël, 1949.
  • [25]
    Alexithymie : difficulté à mettre des mots sur ses émotions qui vont dès lors chercher et trouver un mode d’expression corporelle.
  • [26]
    Pascal Bruckner, La tyrannie de la pénitence, op. cit.

Point n’est besoin de remonter très loin dans la littérature pour retrouver l’étiquette « monstrueuse » plaquée sur l’obésité des plus gros de nos contemporains. Cette étiquette n’était pas seulement réservée au langage populaire : elle avait droit de cité jusque dans les livres et revues scientifiques.
Le « socialement correct » est passé par là et d’un coup de gomme pudique a transformé « monstrueux » en « morbide », puis en « massif »… La mise en doute de l’humanité – même du très gros corps – cédait le pas pour faire place à des considérations médicales, voire à une simple distinction volumétrique. Au ségrégationnisme primitif succédait progressivement un « intégrationnisme » de bon aloi. On peut d’ailleurs s’interroger sur la responsabilité de l’épidémie d’obésité dans cette prétendue intégration. N’est-ce pas le danger d’envahissement de notre espace social par une population de « mutants », autant que des préoccupations éthiques, qui ont amené les sociétés savantes à tempérer leur vocabulaire ? Il y aurait là l’objet d’une réflexion sociologique qui n’est pas le propos de ce livre. Toujours est-il que, exclus avant-hier du paysage social tolérable, repoussés hier aux confins du normal et du pathologique, les très gros pouvaient aujourd’hui prétendre accéder à la fraternité !
Prétendre, mais peut-être pas davantage. Il n’est pas certain que le coup de gomme sur un dénominateur ait suffi à expurger nos imaginaires des fantasmagories qui courent encore et toujours autour du « disproportionné »…


Date de mise en ligne : 02/05/2022

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