2006.
Chapitre 5. La décohérence.
In :
Les indispensables de la mécanique quantique.
Paris :Odile Jacob.
Hors collection,
p.73-107.
URL : https://stm.cairn.info/les-indispensables-de-la-mecanique-quantique--9782738118202-page-73?lang=fr.
Omnès, Roland.
« Chapitre 5. La décohérence ».
Les indispensables de la mécanique quantique,
Odile Jacob,
2006.
p.73-107.
CAIRN.INFO, stm.cairn.info/les-indispensables-de-la-mecanique-quantique--9782738118202-page-73?lang=fr.
Omnès, R.
(2006).
Chapitre 5. La décohérence.
Les indispensables de la mécanique quantique
(p. 73-107).
Odile Jacob.
https://stm.cairn.info/les-indispensables-de-la-mecanique-quantique--9782738118202-page-73?lang=fr.
(2006).
Chapitre 5. La décohérence.
Les indispensables de la mécanique quantique
(p. 73-107).
Odile Jacob.
https://stm.cairn.info/les-indispensables-de-la-mecanique-quantique--9782738118202-page-73?lang=fr.
Omnès, Roland.
« Chapitre 5. La décohérence ».
Les indispensables de la mécanique quantique,
Odile Jacob,
2006.
p.73-107.
CAIRN.INFO, stm.cairn.info/les-indispensables-de-la-mecanique-quantique--9782738118202-page-73?lang=fr.
OMNÈS, Roland,
2006.
Chapitre 5. La décohérence.
In :
Les indispensables de la mécanique quantique.
Paris :Odile Jacob.
Hors collection,
p.73-107.
URL : https://stm.cairn.info/les-indispensables-de-la-mecanique-quantique--9782738118202-page-73?lang=fr.
On pourrait envisager d’utiliser un signal électromagnétique au lieu d’un dispositif atomique, mais cela n’introduirait pas de différence significative.
Un modèle d’expérience purement conceptuelle et irréalisable
On reprend ici la discussion au moment du calcul de la probabilité pour que la fonction d’onde réalisée physiquement, ψ(x, y ; t0), soit trouvée égale à la fonction calculée, φ(x, y). D’après la formule de Born (2.1), cette probabilité est égale au carré du produit scalaire
lequel est en principe égal à 1. Si on peut observer effectivement cette coïncidence, il en résultera une preuve expérimentale de la persistance des superpositions. Or, compte tenu de la connaissance a priori de x1 et x2, l’intégration sur x de la quantité (A.1) se borne pratiquement à sommer sur les deux valeurs x = x1 et x = x2, de sorte que le produit scalaire se ramène à la somme de deux intégrales qui ne portent que sur la multivariable y.
La seule question qui se pose, après toutes les simplifications extrêmes qui ont été faites, est d’apprécier la fidélité avec laquelle l’appareil A peut reproduire physiquement l’input φ(x, y). Pour bien faire la distinction entre le résultat du calcul théorique injecté dans A et la reproduction physique qu’il en donne, on désignera par φ′(x, y) cet output physique. Comme pour toute opération réelle, sa production comporte inévitablement des erreurs, qu’on va essayer d’estimer.
On désigne par N le nombre de degrés de liberté du système décohérent (c’est-à-dire le nombre des variables yk, avec k = 1, 2, …, N). C’est un nombre assez élevé, comme l’exige le caractère macroscopique de la décohérence. L’intégrale (A.1) porte donc en pratique sur N variables d’intégration. On remplace l’intégration par une sommation sur un ensemble de valeurs discrètes de la multivariable y, c’est-à-dire sur N ensembles de valeurs discrètes pour chaque variable yk, en considérant cette discrétisation comme inséparable d’une réalisation physique. On peut alors estimer les erreurs qui résultent de cette « réalisation » des interférences. Il semble clair que les conditions les plus favorables à la thèse adverse seront obtenues quand chaque variable yk ne prend que deux valeurs. Le système S est alors assimilable à une collection de N composantes à deux niveaux (des spins 1/2, par exemple) et l’intégrale devient une somme de 2N termes.
Désignons par ε l’erreur commise sur chacune des valeurs φ′(xi, yk) de l’output physique. Pour que le test de la superposition soit concluant, il faut que l’erreur σ sur le produit scalaire (A.1) soit nettement inférieure à 1. Or le calcul des probabilités montre que son carré σ2 est de l’ordre de 2N ε2, ce qui implique une borne supérieure de l’ordre de 2–N/2 sur la valeur de ε. Comme le test doit se faire instantanément (le temps t0 étant très précis à cause de la rapidité de la décohérence), toutes les valeurs de l’output φ′(xi, yk) doivent être produites simultanément, ce qui exige très certainement l’intervention de 2N composantes distinctes de l’appareil A. Nous l’admettrons du moins, comme nous admettrons que la composante élémentaire d’un appareil qui produit un élément de signal avec une erreur inférieure à ε doit comporter un nombre d’atomes au moins égal à ε– 1. Le nombre total des atomes qui composent l’appareil A est donc alors au moins égal à 2 3N/2, comme indiqué dans le texte.
Les propriétés (5.6-5.8) de la matrice densité
Dans le cas d’une variable x unique à valeurs discrètes, auquel nous nous restreindrons, la formule (5.6) revient à ρkj = ρjk*, ce qui est évident. La propriété (5.7) s’obtient en notant que
Le problème de la définition d’une fonction d’onde pour un système momentanément isolé se présente ainsi. En désignant par x des variables associées à ce système et par y d’autres variables appartenant à l’extérieur, en supposant de plus l’existence d’une fonction d’onde ψ(x, y) pour cet ensemble, est-il possible de passer de là à une fonction d’onde ψ(x) décrivant le système isolé ? Pendant la période d’isolement, celui-ci se traduit par le fait que l’opérateur hamiltonien agissant sur ψ est une somme de deux termes de la forme H1 + H2, lesquels agissent respectivement sur les variables x et y. On peut démontrer qu’il est alors impossible de construire une fonction ψ(x) dépendant linéairement de ψ(x, y) et vérifiant l’équation de Schrödinger associée à l’hamiltonien H1, sauf quand ψ(x, y) est un produit de la forme ψ(x).f(y).
L’équation d’évolution (5.9) pour la matrice densité
Introduisons les fonctions propres ψj (t) et les valeurs propres pj(t) de la matrice densité ρ(t). L’interprétation de cette matrice comme un tirage au hasard de fonctions d’onde montre que les pj(t) sont des quantités constantes. Les fonctions propres ψ j(t) évoluent selon l’équation de Schrödinger ψj (t) = U(t)ψ j(0). L’équation aux valeurs propres pour ρ(t) devient alors ρ(t)ψj(t) = pjψpj(t), d’où l’on déduit ρ(t) = U= – 1(t) ρ(0) U(t) et l’équation (5.9) en dérivant par rapport à t et en utilisant l’expression U(t) = exp( – i Ht/ħ).
Ce calcul est donné dans l’article original de Joos et Zeh et dans l’Appendice au chapitre 7 du livre The Interpretation of Quantum Mechanics, par le présent auteur.
Ces méthodes ont été rassemblées et présentées de façon synthétique par Roger Balian, voir R. Balian, Y. Alhassid et H. Reinhardt, Phys. Reports, 131, 1 (1986).
La question des probabilités négligeables. On s’est parfois interrogé sur le fait que, théoriquement, la décohérence n’est jamais terminée puisqu’il reste toujours des termes interférentiels d’ordre ε = exp(– μ(x – x′)2t). Quand on introduit des nombres dans les formules, on note d’abord que si l’on voulait s’assurer de l’effet de ces termes, il faudrait se livrer à des épreuves statistiques sur des systèmes identiquement préparés, en nombre au moins de l’ordre ε– 1. Si, de plus, ces observations étaient réalisées par exemple avec l’aide d’un appareil photographique, on serait contraint d’éclairer le système pour l’observer et l’effet de décohérence dû à l’éclairement diminuerait encore énormément la probabilité d’observer un effet de l’ordre de ε, après quoi les nombreux pixels de mémoire ou les grains argentiques de l’appareil subiraient tous, individuellement, une décohérence due à leur propre matière. Tout cela apparaît donc hautement irréalisable. Nous nous rallierons donc au principe d’Émile Borel, un des fondateurs du calcul des probabilités moderne, qui considérait que ce genre de calcul n’a plus de signification quand les probabilités descendent très en dessous du détectable.
J. Clarke, A.N. Cleland, M.H. Devoret, D. Estève, J.M. Martinis, Science, 239, 992 (1988).
L’effet de décohérence est un phénomène présent dans tous les systèmes macroscopiques, à de rares exceptions près. Ses conséquences se font sentir depuis de très petites échelles jusqu’aux plus grandes et sont directement accessibles à nos sens ou aux appareils de laboratoire. Il est extraordinairement rapide et son efficacité a longtemps empêché de le découvrir car ces mêmes appareils, auxquels on aurait dû recourir pour le surprendre en action, subissaient eux-mêmes l’effet qu’ils auraient pu révéler. Cette absence de manifestation directe a longtemps retardé sa reconnaisance et la prédiction de ses propriétés, la première confirmation expérimentale étant quant à elle assez récente. La décohérence est une conséquence directe des principes fondamentaux de la théorie quantique, bien que sa manifestation la plus importante soit la suppression des interférences quantiques macroscopiques, c’est-à-dire la disparition du paradoxe du chat de Schrödinger. Du même coup, les manifestations du principe de superposition disparaissent à l’échelle macroscopique, ce qui renouvelle profondément la compréhension de toute la physique.On a signalé comment Von Neumann avait découvert qu’une superposition quantique s’amplifiait en passant d’un système microscopique à tout un appareillage macroscopique lors d’une mesure, puis comment Schrödinger avait illustré la situation par l’exemple mémorable d’un chat. Tous deux, cependant, se contentaient de décrire un objet macroscopique (un curseur ou un chat) par un seul degré de liberté…
Date de mise en ligne : 01/06/2022
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