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5. Accompagner

Pages 127 à 160

Citer ce chapitre


  • Astier, I.
(2007). 5. Accompagner. Les nouvelles règles du social (p. 127-160). Presses Universitaires de France. https://stm.cairn.info/les-nouvelles-regles-du-social--9782130557159-page-127?lang=fr.

  • Astier, Isabelle.
« 5. Accompagner ». Les nouvelles règles du social, Presses Universitaires de France, 2007. p.127-160. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/les-nouvelles-regles-du-social--9782130557159-page-127?lang=fr.

  • ASTIER, Isabelle,
2007. 5. Accompagner. In : Les nouvelles règles du social. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Le Lien social, p.127-160. URL : https://stm.cairn.info/les-nouvelles-regles-du-social--9782130557159-page-127?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le cae succède au contrat emploi solidarité et au contrat emploi consolidé. Mais la notion d’accompagnement se retrouve dans pratiquement toutes les mesures s’adressant aux demandeurs d’emploi, aux employeurs ou aux collectivités prenant en charge les chômeurs. Le plan local pour l’insertion et l’emploi (le plie) devient ainsi un service d’accompagnement à l’emploi ayant pour objectif « l’accueil et le suivi personnalisé de longue durée des demandeurs d’emploi de niveaux de qualification inférieur ou au maximum égal au niveau iv et en difficulté d’insertion afin de les aider à trouver un emploi durable ». Le dispositif local d’accompagnement (dla) s’adresse, quant à lui, aux associations employant des emplois jeunes ou s’apprêtant à signer des contrats d’insertion des jeunes dans la vie sociale (civis). Nous sommes avec le dla dans le secteur de l’économie solidaire et de l’insertion active. J’arrête ici cette litanie fastidieuse.
  • [2]
    C. Laval, B. Ravon, « Relation d’aide ou aide à la relation ? », in J. Ion (dir.), Le travail social en débat(s), Paris, La Découverte, 2005.
  • [3]
    A. Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Le Robert, 1992.
  • [4]
    C. Laval, B. Ravon, « Relation d’aide ou aide à la relation », in J. Ion (dir.), Le travail social en débat(s), Paris, La Découverte, 2005.
  • [5]
    C. Arnsperger, « Idéal de solidarité ou mascarade ? », La Revue nouvelle, n° 4, avril 2001, Bruxelles.
  • [6]
    L. Boltanski, E. Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999.
  • [7]
    Marc-Henty Soulet, « Une solidarité de responsabilisation ? », in J. Ion (dir.), op. cit., p. 89.
  • [8]
    G. Liénard, « Vers le droit à l’intégration sociale ? », La Revue nouvelle, Bruxelles, n° 12, t. 117, décembre 2003.
  • [9]
    R. Castel, « Devenir de l’État-providence et travail social », in J. Ion (dir.), op. cit., p. 34.
  • [10]
    L. Dumont, Essais sur l’individualisme. Une perspective anthropologique sur l’idéologie moderne, Paris, Le Seuil, 1983.
  • [11]
    F. Dubet, Le déclin de l’institution, Paris, Le Seuil, 2002, p. 27.
  • [12]
    J. Ion, « Métamorphoses de l’engagement, espace public et sphère politique », in J. Ion (dir.), L’engagement pluriel, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2001, p. 201.
  • [13]
    Ibid., p. 200.
  • [14]
    M. Gauchet, « Essai de psychologie contemporaine », Le Débat, n° 99, mars-avril 1998 et n° 100, mai-août 1998.
  • [15]
    J. Ion parle de « logique de l’affranchissement et (de) préservation du quant-à-soi » dans son article « Affranchissements et engagements personnels », in J. Ion (dir.), L’engagement pluriel, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2001, p. 22-45.
  • [16]
    Voir le chap. 3, « Par-delà les classes et les couches sociales », in U. Beck, La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité, Paris, Aubier, 2001, p. 165-215.
  • [17]
    « La question du lien social ou la sociologie de la relation sans contrainte », in L. Bernier, Lien social et politiques, n° 39, printemps 1998, p. 27-32.
  • [18]
    Je pense à l’ouvrage percutant de P.-M. Menger, Portrait de l’artiste en travailleur. Métamorphoses du capitalisme, Paris, Le Seuil et La République des idées, 2002.
  • [19]
    L. Bernier, Lien social et politiques, op. cit., p. 28.
  • [20]
    L. Boltanski, E. Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999, p. 560.
  • [21]
    É. Durkheim, De la division du travail, Paris, puf, 1996, p. 401.
  • [22]
    Cité par P. Wattier dans l’ouvrage qu’il a dirigé, Georg Simmel, la sociologie et l’expérience du monde moderne, Paris, Méridiens-Klincksieck, 1986, p. 234.
  • [23]
    F. Mispelbom, « Le secret des services : les usagers, acteurs autant qu’objets de travail », in I. Joseph, G. Jeannot (éd.), La relation de service dans le secteur public, Paris, Plan urbain, ratp, dri, 1991, t. 4, p. 209.
  • [24]
    « C’est là la véritable magie du programme institutionnel, qui produit un individu autonome, c’est-à-dire un acteur conforme aux normes, aux règles sociales, et un sujet maître de lui-même, un individu dont le “Je” réflexif ne peut jamais se confondre totalement avec son “Moi” social. C’est en cela que le programme institutionnel a été profondément moderne » (F. Dubet, op. cit., p. 35).
  • [25]
    Conseil supérieur du travail social / ministère du Travail et des Affaires sociales, L’intervention sociale d’aide à la personne, rapport au ministre, janvier 1996. Voir l’analyse sur cette question de J. Ion dans Le travail social au singulier, Paris, Dunod, 1998.
  • [26]
    Voir à ce sujet le chapitre 5 intitulé « Construction et crises de l’identité personnelle », de l’ouvrage de C. Dubar, La crise des identités. L’interprétation d’une mutation, Paris, puf, 2000.
  • [27]
    Je fais référence ici aux travaux d’A. Erhenberg : L’individu incertain, Paris, Calmann-Lévy, 1995 ; Le culte de la performance, Paris, Calmann-Lévy, 1996 et La fatigue d’être soi. Dépression et société, Paris, O. Jacob, 1998.
  • [28]
    J.-C. Kaufmann, « Théorie, critique, dénonciation », article paru dans Le Débat, mars-avril 2002, n° 119, « Une sociologie de l’individu est-elle possible ? », p. 139.
  • [29]
    M. Duru-Bellat, Les inégalités sociales à l’école. Genèse et mythes, Paris, puf, 2002.
  • [30]
    M.-C. Blais, M. Gauchet, D. Ottavi, Pour une philosophie politique de l’éducation, Paris, Bayard, 2002.
  • [31]
    C. Dubar, op. cit., p. 179.
  • [32]
    Les années 1980 avec la réforme des lycées, puis les années 1990 avec la transformation de l’université parachèveront cette transformation.
  • [33]
    J.-M. Barbier (éd.), Savoirs théoriques et savoirs d’action, Paris, puf, 1996.
  • [34]
    M. Fabre, Penser la formation, Paris, puf, 1993.
  • [35]
    C. Dubar, op. cit., p. 183.
  • [36]
    F. Dubet, op. cit., p. 347.
  • [37]
    E. Bautier, J.-Y. Rochex, « Apprendre : les malentendus qui font la différence », in J.-P. Ter-rail (éd.), La scolarisation en France, Paris, La Dispute, 1997, p. 105-122.
  • [38]
    J.-M. Weller, « La modernisation des services publics par l’usager : une revue de littérature (1986-1996) », Sociologie du travail, n° 3, 1998, p. 365-392.
  • [39]
    L’éducation nationale n’hésite plus à recourir à la justice, Le Monde, édition du 4 septembre 2002.
  • [40]
    Bulletin officiel de l’Éducation nationale, n° 30 du 4 septembre 1997, p. 2001-2003.
  • [41]
    Circulaire n° 97-263 du 16 décembre 1997, Bulletin officiel, n° 1, 1er janvier 1998, numéro spécial Emplois jeunes, 57 p.
  • [42]
    À ces fonctions communes à tous les aides-éducateurs en collège, peut s’ajouter, selon les besoins et les projets propres aux établissements, des activités plus spécialisées comme « l’utilisation des nouvelles technologies, l’appui aux documentalistes, l’aide à l’accueil et à l’intégration des handicapés dans l’établissement ».
  • [43]
    J. Chevallier, « L’administration face au public », in La relation de service dans le secteur public, Plan urbain, RATP, DRI, 1991, t. 2, p. 277.
  • [44]
    Ibid., p. 279.
  • [45]
    J. Château, École et éducation, Paris, Vrin, 1962 et J. Muglioni, « Quelle école pour l’enseignement philosophique », in Philosophie école même combat, 1984, Paris, puf, cités par J.-L. Derouet, École et justice. De l’égalité des chances aux compromis locaux ?, Paris, Métailié, 1992, p. 88.
  • [46]
    Ibid., p. 91.
  • [47]
    J.-C. Milner, De l’école, Paris, Le Seuil, 1984.
  • [48]
    J.-L. Derouet, École et justice. De l’égalité des chances aux compromis locaux ?, op. cit., p. 90.
  • [49]
    Cf. C. Beaudelot, R. Establet, Avoir 30 ans en 1968 et en 1998, Paris, Le Seuil, 2000 ; S. Beaud, 80 % au bac et après ? Les enfants de la démocratisation scolaire, Paris, La Découverte, 2002.
  • [50]
    D. Goux, E. Maurin, « La nouvelle condition ouvrière », Esprit, n° 11, novembre 1998, p. 120.
  • [51]
    J.-L. Derouet, École et justice. De l’égalité des chances aux compromis locaux ?, op. cit., p. 68.
  • [52]
    G. Jeannot, Les usagers du service public, Paris, puf, 1998.
  • [53]
    J. Chevallier, « Regards sur l’administré », in M. Chauvière et J. T. Godbout (dir.), Les usagers entre marché et citoyenneté, Paris, L’Harmattan, 1992, p. 29.
  • [54]
    M. Barthélémy, « Les parents sont-ils “usagers” du système scolaire ? », in M. Chauvière et J. T. Godbout (dir.), Les usagers entre marché et citoyenneté, op. cit., p. 241.
  • [55]
    « Lorsque des personnes font des choses les unes pour les autres, ce “pour” peut souvent être transformé en “à” par un léger accent de zèle ou par un changement d’humeur. (...) Partout où un minimum de pouvoir de coercition, exercé par le verbe ou par la force, s’avère nécessaire à la réalisation d’une tâche, peut exister la tentation d’en abuser et même d’y prendre plaisir, que ce soit chez les instituteurs, chez les garçons de salle des hôpitaux psychiatriques, ou chez les gardiens de prison » (E. C. Hughes, Le regard sociologique, Paris, Éd. de l’EHESS, 1996, p. 62).
  • [56]
    F. Dubet, Les cahiers de la sécurité intérieure, op. cit., p. 269.
  • [57]
    L’expression est de R. Lafore, « Droit d’usage, droits des usagers : une problématique à dépasser », in M. Chauvière et J. T. Godbout (dir.), Les usagers entre marché et citoyenneté, op. cit., p. 257-274.
  • [58]
    L. Mathieu, dans un article récent, analyse l’une des plus originales de ces nouvelles fonctions : l’animatrice de prévention en milieu prostitutionnel. Cette activité est assurée par des (ex)prostituées chargées de mener auprès de leurs pairs une action préventive ajustée à leurs besoins (L. Mathieu, « Une profession inachevée : animatrice en milieu prostitutionnel », Sociologie du travail, n° 42, 2000, p. 263-279). Voir également l’article de J.-M. Weller sur le travail d’accueil des militants d’une importante association de lutte contre le sida, « Stress relationnel et distance au public. De la relation de service à la relation d’aide », Sociologie du travail, n° 44, 2002, p. 75-97. On peut aussi consulter l’ouvrage de S. Rosman qui a suivi depuis sa création, et pendant quatre ans, la vie quotidienne dans une association d’aide aux malades du sida (Apparts). Elle analyse, notamment, le processus de professionnalisation et la posture singulière des intervenants – bénévoles et professionnels – entre militantisme et professionnalisme (S. Rosman, Sida et précarité. Une double vulnérabilité, Paris, L’Harmattan, 1999, 316 p.).
  • [59]
    J. Ion, B. Ravon, Les travailleurs sociaux, Paris, La Découverte, 2000 (5e éd.).
  • [60]
    D’une certaine manière, leur posture professionnelle pose la question de savoir si l’on va assister, comme le pense R. Lafore, à l’émergence d’un « espace public » où l’usager citoyen pourra véritablement participer à la construction de choix collectifs ; ou bien, au contraire, la logique traditionnelle institutionnelle va-t-elle être conservée, tendant irrémédiablement à ne vouloir avoir affaire qu’à un usager assujetti (R. Lafore, in M. Chauvière, J.-T. Godbout (dir.), Les usagers entre marché et citoyenneté, op. cit.).
  • [61]
    J.-P. Payet, Collèges de banlieue. Ethnographie d’un monde scolaire, Paris, Armand Colin, 1997, 206 p.
    Il faut d’ailleurs souligner le trop petit nombre de travaux portant sur les coulisses de l’école. Le regard du sociologue est à cet égard très proche du regard commun : rivé sur la classe, la scène officielle. Pourtant, en marge de l’enseignement, se développent des activités essentielles pour la vie des usagers et des professionnels des établissements. Déplacer le regard sur les coulisses de l’école est peut-être la seule manière de comprendre toute la complexité de cet univers et le malaise qu’il connaît depuis quelques années.
  • [62]
    Circulaire du 28 octobre 1982.
  • [63]
    F. Dubet considère que cette grande transformation « tient à l’arrivée, dès le collège, de nouveaux publics d’élèves qui ne correspondent plus aux normes anciennes de l’institution. (...) Les nouveaux collégiens ne ressemblent plus à leurs ancêtres sélectionnés par un examen ou le jugement des instituteurs » (F. Dubet, « Les mutations du système scolaire et les violences à l’école », Les cahiers de la sécurité intérieure, n° 15, 1er trimestre 1994, p. 20).
  • [64]
    (Collectif), Préparer le concours de CPE, Paris, Bordas, 2001, p. 193-205.
  • [65]
    O. Baudelot et S. Rayna, « La coordination de la petite enfance : une nouvelle fonction relationnelle », Recherches et prévisions, n° 61, 2000, p. 61-71.
  • [66]
    C. Caré, Les conseillers principaux d’éducation. Enquête d’image, inspection générale de l’Éducation nationale, 1992.
  • [67]
    « L’un des thèmes principaux de l’étude du travail telle que la prône E. C. Hughes est celui de la rencontre de différents groupes de travailleurs – ainsi que, éventuellement, la rencontre entre ceux-ci et les utilisateurs de leurs services –, chacune de ces catégories développant sa propre définition de la situation, ses propres intérêts et une logique d’action qui lui est spécifique. C’est ce thème que désigne l’expression Social Drama of Work »(in J.-M. Chapoulie, La tradition sociologique de Chicago. 1892-1961, Paris, Le Seuil, 2001, p. 237).
  • [68]
    Voir notamment sur l’extension des dispositifs d’accompagnement dans le travail social, l’excellente thèse de Frédérique Giuliani, L’ordre pactisé des dispositifs d’accompagnement. Ethnographie de la relation d’aide sur quelques scènes actuelles du travail social, thèse pour le doctorat de sociologie et sciences sociales, soutenue le 24 octobre 2005, Université Lumière - Lyon 2.
  • [69]
    F. Giuliani, L’ordre pactisé des dispositifs d’accompagnement, op. cit., p. 352.
  • [70]
    F. Giuliani, op. cit.

Le verbe accompagner et son dérivé « accompagnement » connaissent un succès grandissant dans le domaine des politiques de l’emploi et des politiques sociales. De la loi de programmation pour la cohésion sociale votée en 2005 au rapport de P. Cahuc et F. Kramarz proposant la mise en place d’une sécurité sociale professionnelle en passant par les offres de service de certaines associations de chômeurs, il est à chaque fois question de « mieux accompagner les chômeurs » et de proposer un « accompagnement personnalisé adapté à la grande diversité des situations ». Une des mesures du Plan Borloo s’intitule Contrat d’accompagnement dans l’emploi (cae).
La notion d’accompagnement est apparue avec le développement des métiers de la ville, de la médiation et de l’insertion. Avec ces nouveaux métiers du social, la relation d’aide a quitté les oripeaux du schéma de la réparation pour se revêtir des habits flambants neufs de l’accompagnement. Ainsi un nouveau support institutionnel prend forme peu à peu.La solidarité s’est glissée dans une coquille neuve : l’accompagnement. Quel sens attribuer à l’émergence de cette solidarité accompagnante ? Le verbe « accompagner » signifie depuis le xiie siècle « prendre pour compagnon » puis « l’action de se joindre à quelqu’un, notamment pour faire un déplacement en commun ». Le dérivé « accompagnement » fut, au xiiie siècle, un terme féodal désignant un « contrat d’association ». Il donna quelques siècles plus tard le mot « accompagnateur » désignant le musicien puis plus récemment celui qui accompagne ou guide un group…


Date de mise en ligne : 20/04/2015

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