6. Responsabiliser
- Par Isabelle Astier
Pages 161 à 180
Citer ce chapitre
- ASTIER, Isabelle,
- Astier, Isabelle.
- Astier, I.
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Notes
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[1]
M.-H. Soulet, « Une solidarité de responsabilisation ? », in J. Ion, Le travail social en débat(s), Paris, La Découverte, 2005, p. 87.
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[2]
Voir sur ce sujet la question du « droit à la participation », in S. Paugam, La société française et ses pauvres. L’expérience du revenu minimum d’insertion, Paris, puf, coll. « Quadrige », 2002 (1re éd., 1993), p. 107-111.
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[3]
P. Estèbe, « La responsabilisation comme instrument de gouvernement : l’exemple de la solidarité urbaine », in C. Bec et G. Procacci (dir.), op. cit., p. 183-196.
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[4]
Sur ce thème : P. Bourdieu, « Effets de lieu », in P. Bourdieu (dir.), La misère du monde, Paris, Le Seuil, 1993, p. 159-167.
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[5]
J. Ion, Introduction, in J. Ion (dir.), Travail social et souffrance psychique, Paris, Dunod, 2005, p. 16.
-
[6]
M. Gauchet, « À la charnière de l’individuel et du collectif », in C. Bec et G. Procacci, De la responsabilité solidaire. Mutations dans les politiques sociales d’aujourd’hui, op. cit., p. 23-33.
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[7]
Ibid., p. 26-27.
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[8]
Ibid., p. 27.
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[9]
C’est F. Dubet qui parle de « fiction nécessaire » au sujet du programme institutionnel : « Parce qu’il est situé dans un entre-deux, le programme institutionnel engendre un type particulier de croyances : des fictions nécessaires auxquelles les acteurs ne croient pas vraiment, mais auxquelles ils ne peuvent renoncer sans que leur travail se vide de sens » (in F. Dubet, op. cit., p. 48).
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[10]
I. Coutant, Délit de jeunesse. La justice face aux quartiers, Paris, La Découverte, 2005, p. 148.
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[11]
« Les normes sont le produit de l’initiative de certains individus, et nous pouvons considérer ceux qui prennent de telles initiatives comme des entrepreneurs de morale. Deux types d’entrepreneurs retiendront notre attention : ceux qui créent les normes et ceux qui les appliquent » (H. S. Becker, Outsiders. Étude de sociologie de la déviance, Paris, Métailié, 1985, p. 171).
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[12]
À la question : « Qui sont les “grands frères” des cités ? », Pascal Duret répond : « La définition du “grand frère” repose sur un ensemble de critères composites. Certains, comme la force physique et le rang dans la fratrie, touchent à sa personne même ; d’autres, comme sa place dans la cité ou son engagement dans la vie de quartier, renvoie à ses attributions. Les “grands frères” ont comme plus petit dénominateur commun de faire du destin des jeunes résidents de leur cité un enjeu personnel et de mettre en place un processus d’influence identifiable » (P. Duret, Anthropologie de la fraternité dans les cités, Paris, puf, 1996, p. 9).
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[13]
P. Duret, ibid., p. 25.
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[14]
Comme le note A. Sayad : « Le travailleur immigré n’a d’autre identité que celle de travailleur et n’a pour existence réelle que celle que lui confère le travail » (A. Sayad, « Le mode de génération des générations immigrées », Migrants formations, septembre 1994, n° 98, p. 45).
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[15]
E. Todd, Le destin des immigrés, Paris, Le Seuil, 1994.
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[16]
B. Dubreuil, Chemins de banlieue. Recherche de soi et engagement professionnel des jeunes issus de l’immigration, Évry, Licorne, 2003.
-
[17]
A. Wyvekens, « Délinquance des mineurs : justice de proximité vs justice tutélaire », Esprit, mars-avril 1998, p. 171. Le rapport sur les « droits de l’enfant » est à cet égard très révélateur de cette nouvelle posture : « Lorsqu’une famille traverse des difficultés, des conflits tels qu’ils mettent ses enfants en péril, toutes les solutions envisageables doivent être conçues et imaginées avec et non contre elle, sur une base contractuelle » (Les droits de l’enfant, rapport annuel, Paris, La Documentation française, 2001).
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[18]
R. Castel, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995, p. 415.
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[19]
C. Martin, L’après-divorce. Lien familial et vulnérabilité, Rennes, pur, 1997 ; L. Roussel, La famille incertaine, Paris, O. Jacob, 1989 ; F. de Singly, Sociologie de la famille contemporaine, Paris, Nathan, 1993 ; I. Théry, Le démariage, Paris, O. Jacob, 1993.
-
[20]
I. Théry, Couple, filiation et parenté aujourd’hui. Le droit face aux mutations de la famille et de la vie privée, Paris, O. Jacob / La Documentation française, juin 1998, p. 37.
-
[21]
G. Desplanques, M. Isnard, « La fécondité des étrangères diminue », Données sociales, Paris, insee, 1993, p. 46-53.
-
[22]
Voir les travaux de J.-F. Laé sur l’homme à la rue et la dépossession.
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[23]
cpe : conseiller principal d’éducation.
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[24]
N. Elias, Engagement et distanciation. Contributions à la sociologie de la connaissance, Paris, Fayard, 1993 ; N. Elias, E. Dunning, Sport et civilisation. La violence maîtrisée, Paris, Fayard, 1994.
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[25]
D. Lepoutre montre que la petite délinquance, les confrontations physiques entre jeunes, les conduites provoquantes disparaissent généralement à la fin de l’adolescence. Cf. Cœur de banlieue. Codes, rites et langages, Paris, O. Jacob, 1997.
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[26]
« S’ils veulent éviter d’être repérés par leurs parents depuis les fenêtres, les jeunes doivent éviter les comportements qui feraient trop remarquer leur état : il est de bon ton de garder la face en public et de ne jamais avoir un comportement qui indique que l’on est “défoncé”. Il faut garder le contrôle de soi, à la fois pour éviter d’être désigné comme un fumeur de haschich (par rapport à la famille et à certains habitants) et comme un mauvais fumeur (dans le groupe de jeunes). Les gars se surveillent mutuellement. (...) La surveillance qu’ils exercent les uns sur les autres répercute le contrôle social des familles dans les groupes. Des règles, informelles certes, mais s’appliquant avec une certaine rigueur, balisent les comportements des fumeurs de cannabis » (in S. Aquatias, « Cannabis : du produit aux usages. Fumeurs de haschich dans des cités de la banlieue parisienne », Sociétés contemporaines, n° 36, 1999, p. 58).
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[27]
T. Kirszbaum évoque le même dilemme dans son article « Correspondants de nuit », Esprit, À quoi sert le travail social ?, mars-avril 1998, p. 77-89.
J’ai essayé de montrer dans les pages qui précèdent que tout se passe comme si l’État social avait changé de nature : il active ses prestations, se rapproche au plus près des individus en difficulté, personnalise ses interventions, se résout à reconnaître et à accompagner les personnes défaillantes sur le long terme. « D’État-bailleur, nous sommes passés à un État-souteneur. » L’État-souteneur redistribue les responsabilités entre individu et collectivité et inverse le principe de responsabilité hérité des solidaristes : la responsabilité individuelle envers la société devient première par rapport à la responsabilité collective vis-à-vis des individus. La préoccupation de l’État social actif est sans doute moins la question du lien social que celle de l’individu en tant que sujet responsable et participant. La nature de cette participation devenant d’ailleurs très ambiguë, à mi-chemin entre un droit subjectif et une forme de contrepartie.
Que ce soit dans le domaine de la régulation sociale ou dans ceux de l’éducation, de l’environnement ou de l’économie, il n’est plus de questions publiques qui ne soient touchées par l’invocation du principe de responsabilité. L’extension du principe de responsabilité ne se limite pas à sa dimension individuelle, elle affecte également la dimension collective notamment par le biais de la décentralisation et du partage des responsabilités entre l’État et les collectivités locales. Les communes ont par exemple vu s’accroître leur rôle en matière de sécurité à partir de 1982, pensons au rapport Bonnemaison, avec pour point d’orgue, les Contrats locaux de sécurité de 1997. Polices municipales et agents de médiation sociale ont été les principaux vecteurs de ces nouveaux partages de la sécurité…
Date de mise en ligne : 20/04/2015
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