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5. Effets des structures des réseaux de discussion sur la production des réputations

Pages 313 à 331

Citer ce chapitre


  • Ferrand, A.
(2000). 5. Effets des structures des réseaux de discussion sur la production des réputations. Dans
  • G. Cresson
  • et F. Schweyer
Les usagers du système de soins (p. 313-331). Presses de l’EHESP. https://doi.org/10.3917/ehesp.schwe.2000.01.0313.

  • Ferrand, Alexis.
« 5. Effets des structures des réseaux de discussion sur la production des réputations ». Les usagers du système de soins, Presses de l’EHESP, 2000. p.313-331. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/les-usagers-du-systeme-de-soins--9782859526399-page-313?lang=fr.

  • FERRAND, Alexis,
2000. 5. Effets des structures des réseaux de discussion sur la production des réputations. In :
  • CRESSON, Geneviève
  • et SCHWEYER, François-Xavier,
Les usagers du système de soins. Rennes : Presses de l’EHESP. Recherche, santé, social, p.313-331. DOI : 10.3917/ehesp.schwe.2000.01.0313. URL : https://stm.cairn.info/les-usagers-du-systeme-de-soins--9782859526399-page-313?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ehesp.schwe.2000.01.0313


Notes

  • [1]
    Cette contribution s’inscrit dans le cadre d’une recherche sur « Les systèmes locaux de santé » (responsable scientifique G. Cresson), soutenue par le programme CNRS « Santé et Société », 1999-2000.
  • [2]
    Nous n’ignorons pas que contrôle n’est pas synonyme de régulation, ni que « rôle » et « action » sont des concepts que les manuels n’aiment pas rapprocher. Et nous ne définissons pas ici le « système ». Ce texte ne peut aborder que certains aspects de la problématique.
  • [3]
    L’idée de différents types « d’ordres » relationnels est banale : on sait bien que certaines relations sont régulées par des normes impersonnelles, et d’autres en fonctions d’informations très personnelles des acteurs les uns sur les autres. Nous mettons l’accent ici sur l’opposition entre contrainte normative et contrainte sociométrique ou triadique : une relation dépend parfois plus de ce que des tiers disent des partenaires que de ce qu’ils savent l’un de l’autre. On trouve dans Clyde Mitchell 1973, p. 2 une formulation liminaire de ce problème.
  • [4]
    « La maladie est considérée comme une entité exogène pénétrée par effraction dans le corps d’un individu qui n’y est pour rien, et la guérison consiste dans la jugulation d’une positivité ennemie. » F. Laplantine (1994), p. 280. Voir également la recherche importante de C. Herzlich (1969).
  • [5]
    « La maladie est toujours une catégorie de déviation, ou une déviance, par rapport à un ensemble de normes qui représentent la santé ou la normalité », Freidson, (1970, trad. française 1984, p. 213).
  • [6]
    Ce droit a notamment trouvé son expression dans l’institution d’une infraction de « violation du secret professionnel ». « Le droit moderne… considère l’être humain à la fois comme citoyen et comme individu ; à ce titre il entend protéger l’individu dans sa sphère privée contre les empiètements d’autres individus. Cela explique qu’au début du XIX’siècle les rédacteurs du Code pénal aient entendu protéger les individus contre les indiscrétions des professionnels. Et ce n’est vraiment qu’à partir de cette date que l’on peut être autorisé à dire qu’une disposition juridique, en prévoyant des sanctions contre des professionnels trop bavards, entendit effectivement protéger les personnes privées. » D. Thouvenin, 1982, p. 38
  • [7]
    Les débats politiques et éthiques relatifs au droit au secret dont devaient bénéficier les citoyens infectés par le VIH ont bien été des « débats de société ».
  • [8]
    De nombreuses situations l’imposent ou le permettent cependant, comme l’a analysé en détail Cf. D. Thouvenin, 1982, p. 96 sq.
  • [9]
    Le nombre de « mauvais » films mettant en jeu les pouvoirs et faiblesses, le charme et l’ignominie des médecins, est considérable. Ils témoignent de la puissance des contenus imaginaires prêts à s’investir sur les figures héroïques de ce monde. En cela, des craintes imaginaires aussi alambiquées que celles de notre mauvais scénario ne sont pas à exclure. Mais ce type de réalité — la réalité des productions imaginaires — n’est pas pris en compte dans ce papier.
  • [10]
    Comme le souligne L. Karpik (1989), les professions peuvent réaliser un travail soutenu de légitimation macrosociale de leurs conditions de fonctionnement, des droits et des devoirs qui fondent leur autonomie.
  • [11]
    Des citoyens quelconques, acceptant de participer à des expériences scientifiques sur l’apprentissage et la mémoire, sont capables d’infliger des décharges électriques mortelles à un de leurs semblables, pourvu qu’un scientifique le demande. « L’idée de la science et la reconnaissance de son utilité en tant qu’entreprise sociale légitime fournissent à l’expérience la justification de l’idéologie dominante./. L’homme est enclin à accepter les définitions de l’action fournies par l’autorité légitime… bien que le sujet accomplisse l’action, il permet à l’autorité de décider de sa signification. » S. Milgram (1974), p.178-181.
  • [12]
    « La notion de rôle suppose la présence d’une série de caractéristiques liées entre elles… dont la totalité constitue l’originalité d’un rôle donné./.. Du point de vue structural, l’attribut est dit fondamental lorsque la norme qui constitue le rôle a une tolérance nulle. » S. Nadel, 1957, p. 52-64.
  • [13]
    Dans le domaine des échanges d’aide B. Wellman conclut (1999, p. 24) « Community ties are narrow specialized relationships, not broadly supportive ties ». Mais, sur la base d’un vaste échantillon stratifié selon la taille des agglomérations, C.S. Fischer (1982, p. 142-143) arrive à des conclusions plus complexes (NB multistrand signifie qu’une relation comporte plusieurs types de liens, ou plusieurs types de contenus échangés) « … descriptively, urban residents have more multistranded networks, but living in urban places itself neither increase nor decrease strandedness (…) People in the modern sector of society — the young, educated, and urban — have… roughly as multistranded networks as their counterparts in the traditional sector ».
  • [14]
    Dans le domaine des confidences affectives et sexuelles, les relations où on parle des sentiments ne sont fréquemment pas les mêmes que celles où on parle de maladies sexuelles ou de contraception (Ferrand, 1991). De même dans le domaine professionnel, « certaines relations permettent de parler profession, mais parler seulement, d’autres autorisent également l’éventualité d’un “risque” : monter une affaire ou prêter de l’argent » (Ferrand, 1993).
  • [15]
    Et sans doute aussi selon qu’il s’agit de questions plus ou moins graves…
  • [16]
    Il s’agit d’une monographie sur une banlieue de Grenoble (Meylan) où s’imposaient progressivement les cadres moyens et supérieurs (Cf. Ferrand et al., 1982). Cette recherche faisait partie du programme « Observation du changement social et culturel » du CNRS qui a examiné plus de soixante-dix terrains en France.
  • [17]
    Une question classique — à la fois théorique et méthodologique — est également en jeu. L’étude des localités utilise au moins deux niveaux. D’une part, les composantes de la localité (individus, groupes, etc.) peuvent être échantillonnées et analysées, et des généralisations proposées quant aux populations mères respectives dans la localité. D’autre part, à un niveau plus général, la localité elle-même est un « cas » dans une classe de localités. Utiliser dans la construction théorique un référent aussi banal que la composition socioprofessionnelle ou quelques indicateurs de vie politique locale, donne des indications sommaires quant à la classe de localité sur laquelle l’analyse du cas peut vraisemblablement apporter des informations.
  • [18]
    On veut insister ici sur le fait que le dialogue reproduit les significations. Ce n’est jamais un simple transfert. Comme l’exprime Dan Sperber (1994, p. 128) : « Les représentations tendent à être transformées plutôt qu’exactement reproduites, à chaque fois qu’elles sont transmises… La reproduction exacte d’une représentation mentale par le moyen de la communication est… un cas limite de transformation, la transformation zéro ».
  • [19]
    « La saisie de rôle est impliquée dans toute communication utilisant des symboles signifiants ; cela signifie que l’émetteur imagine — évoque en lui-même — comment le récepteur de cette communication la comprend. » A. Rose (1962), p. 9.
  • [20]
    Ce n’est pas notre propos immédiat, mais on peut facilement déduire de cette hypothèse la conséquence empiriquement éprouvée qu’un acteur exprime plus facilement « son » opinion lorsqu’il sait que c’est celle de « l’autre », de son interlocuteur.
  • [21]
    « Communication networks consist of interconnected individuals who are linked by patterned flows of information. Such information sharing over time leads the individuals to converge or diverge from each other in their mutual understanding of reality. » E.M. Rogers et D.L. Kincaid (1981), p. 63.

L’autorégulation des activités médicales caractérise leur exercice en tant qu’activités professionnelles. Les compétences requises, les diagnostics, les choix thérapeutiques effectués, les réserves qu’impose le code de déontologie, sont en principe contrôlés par la profession elle-même (Freidson, 1970). Cependant, la limitation des ressources économiques a introduit un enjeu financier dans le contrôle des activités médicales. La difficulté rencontrée pour parvenir à endiguer la croissance des dépenses de santé témoigne de la crise d’un des processus de régulation du « système de santé ». L’approche politico-administrative considère que cette régulation économique du système doit mettre en jeu la définition d’objectifs globaux, un autocontrôle des prestataires (individus ou organismes) suivi de sanctions ex-post imposées par une autorité globale. Dans cette approche, les professionnels, les organismes payeurs, et les pouvoirs politiques sont les acteurs essentiels de la régulation économique du système. Aux usagers, on demandera au mieux d’être des demandeurs de soins moins déraisonnables et de veiller à ne pas être inutilement malades. Les échecs répétés des efforts et des plans engagés dans cet esprit sont dus au fait qu’ils laissent entières les contradictions propres à d’autres niveaux de régulation du système de santé (Johanet, 1999).
Mais on peut se demander si ces échecs ne tiennent pas aussi en partie au caractère exclusivement « top down » des contrôles mis en œuvre…


Date de mise en ligne : 16/05/2019

https://doi.org/10.3917/ehesp.schwe.2000.01.0313

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