Chapitre 1. Le pays de l’arbre d’or
- Par Jimmy Drulhon
Pages 14 à 41
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- DRULHON, Jimmy,
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- Drulhon, J.
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Notes
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[1]
Emmanuel Le Roy-Ladurie : la châtaigneraie, au flanc des Cévennes, occupe l’essentiel de la surface agricole des arrondissements d’Alès et du Vigan.
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[2]
Les serres sont les crêtes allongées des montagnes qui séparent les petites rivières qu’on nomme ici gardons ; les valats sont des ravins creusés par les torrents.
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[3]
Voir annexe note n°2.
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[4]
Archives nationales, pétitions présentées au Sénat, année 1865, CC/482/3.
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[5]
Magnan est un mot du patois languedocien. Il désigne le ver à soie terriblement vorace : maniar signifiant manger. De là dérivent tout une série de noms que la tradition a plus ou moins conservés : magniassié et magnagnié, noms donnés à l’homme et à la femme chargés de leur éducation, mais l’usage a préféré magnanier et magnanarelle ; l’atelier dans lequel on éduque les vers à soie était appelé magnaghiêiro. C’est ainsi que le baron L.A. d’Hombres-Firmas, dans sa notice biographique sur l’abbé Boissier de Sauvages, en 1838, définissait le vocabulaire de l’éleveur de vers à soie. Il est curieux de noter que cet auteur nîmois n’ait pas choisi magnanerie que la pratique avait entérinée. Regrettons enfin que le mot coucouniêiro (cocounière) qu’il proposait pour le lieu où l’on met les vers qui montent à la bruyère n’ait pas été retenu : sa poésie le rendait sans doute totalement impropre à désigner un local aussi technique.
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[6]
A. Laurent, de L’Arbousset.
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[7]
Mot du patois cévenol qui signifie la lessive que l’on fait dans une lessiveuse placée sur un foyer de pierres sèches ou de briques, en général installé au fond du jardin.
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[8]
Mozziconacci, L’industrie séricicole… Nîmes, 1912, p. 78. Notons que l’Héraultais Marcel Roland place la grande frèze au troisième âge.
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[9]
Nom provençal de la bruyère à balai.
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[10]
Le Messager du Midi, Montpellier, le 4 septembre 1850.
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[11]
Soit environ 184 € (données Insee communiquées à titre purement indicatif car reposant sur des hypothèses relativement fragiles).
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[12]
Magnanarelle : femme chargée de la cueillette des feuilles de mûrier et du soin des magnans.
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[13]
Françoise Clavairolle cite un poème de l’obscur François Béroalde de Verville, Histoire des vers qui filent la soie ou sérodokimasie, publié au début du XVIIe siècle, et chez qui certains auteurs ont senti la patte de Rabelais :« Pour couver ces bons œufs aucuns font qui les monstrent,Aux chaleurs de Soleil ou à d’autres chaleurs,Mais ceux qui les tétons des pucelles rencontrent,Vivent mieux et ont plus de vie et de vigueur. »
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[14]
Voir annexe note n°4.
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[15a]
Archives Académie des sciences, papiers de Jean-Baptiste Dumas, carton 14, dossier soie.
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[16]
Voir annexe note n°5.
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[17]
Olivier de Serres, La cueillette de la soye, 1599 (édition de 1843).
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[18]
Julio (abbé), Grands secrets merveilleux pour aider à la guérison de toutes les maladies physiques et morales… Paris, H. Durville, 1933, (cité par Françoise Clavairolle).
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[19]
Françoise Clavairolle. De son côté, Marcel Roland rapporte que certains éducateurs allaient déposer en hommage, sur l’autel de la Vierge, un rameau de leurs encabanages tout garni de cocons.
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[20]
Voir annexe note n°6.
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[21]
L. Descour, p. 96.
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[22]
Olivier de Serres, La cueillette de la soye, par la nourriture des vers qui la font, 1599 (édition annotée par Matthieu Bonafous, 1843).
-
[23a]
Olivier de Serres écrit au sujet de la disposition des rameaux de bruyère que l’on appelle encabanage : « Par telle disposition, l’estaudis ressemblera à galeries à arcades, à plusieurs étages les unes sur les autres, comme amphithéâtres antiques, chose plaisante à voir. »
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[24]
Grancher, p. 10.
-
[25]
Revue des cours scientifiques, 7e année, n° 30, p. 478.
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[26]
En 1867, l’exploitation de la houille du bassin des Cévennes représente 1/10e de la production totale de la France ; elle occupe 7800 ouvriers et 190 chevaux. (Destremx, Agriculture méridionale, p. 34).
-
[27]
A.-W. Hoffmann, p. 357.
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[28]
Bertrand de Got, 196e pape et premier pontife d’Avignon, en 1309, sous le nom de Clément V, mourut dans la ville voisine de Roquemaure.
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[29]
Louis Fabre, Manuel de l’éleveur de vers à soie et de vers à bourre de soie pour le midi de la France… Montpellier, Gras, 1861.
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[30]
D’autres auteurs, dont Olivier de Serres, font remonter l’introduction des vers et du mûrier, bien plus tard, au retour des guerres d’Italie du temps de Charles VIII.
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[31]
Émile Nourrigat, Notice sur la nécessité d’étendre la culture du mûrier, Montpellier, Boehm, 1855, p. 8.
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[32]
Nom de localité que nous donnons sous toutes réserves, n’ayant pas réussi à la localiser.
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[33]
Voici le témoignage de l’existence de cette plantation. Barthélemy Laffemas publia en 1604 chez Pontonnier, imprimeur du roi, un mémoire qu’il intitula La Façon de faire et semer la graine des meuriers. À la page 29, il écrit : « Le principal est d’avoir des meuriers en abondance… Ceux que Sa Majesté a fait planter aux allées du Jardin du roy aux Thuileries, il y a huit ans, et trois ans qu’ils avaient, on juge qu’ils en ont plus de vingt-cinq, tant ils sont grands et beaux. »
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[34]
Émile Nourrigat, in : Le Messager du Midi, septembre 1850.
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[35]
Aimé Martin, De l’éducation des mères de famille, ou de la civilisation du genre humain par les femmes… Paris, Gosselin, 1834.
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[36]
Françoise Clavairolle, p. 57.
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[37]
Archives nationales, sériciculture, F/10/1737.
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[38]
Frédéric Mistral, Mireio, poème provençal, chant premier, traduction de l’auteur :
Et, devisant ainsi,/ Ils se trouvèrent vers la porte./ La fillette venait de donner la feuillée à ses vers à soie./ Chantez, chantez, magnanarelles !/Car la cueillette aime les chants./ Beaux sont les vers à soie, et ils s’endorment de leur troisième somme/ Les mûriers sont pleins de jeunes filles… [On dit que les vers à soie s’endorment de leur troisième somme – s’endormon di tres. Les vers à soie changent quatre fois de peau. À l’approche de chaque mue, ils s’engourdissent et cessent de manger, dormon. On dit : dourmi de la proumiero, di dos, di tres, di quatre, ce qui signifie littéralement : dormir de la première (mue), des deux (mues), des trois (mues), etc.] -
[39]
Frédéric Mistral, idem, chant deuxième, traduction de l’auteur pour le chant des cocons : Et, diaphanes, sur les genêts/ Quand les vers à soie montent en fête/ Pour filer leurs prisons blondes ; et que rapidement/ Ces chenilles, artistes consommées,/ S’ensevelissent à milliers/ Dans leurs berceaux si subtils/ Qu’ils semblent tissus d’un rayon de soleil. […] Moi, clairement, je suis heureuse !/ Sur mes claies de roseaux où la bruyère en berceaux s’entrelace,/ Quels bouquets de cocons… Une ramée plus soyeuse,/ Une plus riche récolte,/ Je ne l’avais plus vue dans la ferme,/ Voisines, depuis mon jeune âge,/ Depuis l’an de Dieu que nous nous mariâmes.
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[40]
Anecdote citée par Matthieu Bonafous, in : La cueillette de la Soye, édition de 1843.
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[41]
Antoine Laurent de l’Arbousset.
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[42]
Selon Legay et Chavancey, on employait souvent le mot éducation pour parler d’un élevage, car l’élevage des vers à soie (par rapport aux autres activités agricoles) était très précis (repas distribués à heures fixes : 6 h, 11 h, 16 h et 21 h), très méticuleux (nettoyage des claies, élimination des déchets), très attentif (choix des feuilles de mûrier au moment du ramassage et de la distribution). L’objectif était une synchronisation des élevages pour arriver aux cocons à la même date. Le terme d’éducation a été choisi par analogie avec le cas des petits-enfants à qui l’on donne certaines habitudes dès leur plus jeune âge.
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[43]
Félix de La Farelle, Dictionnaire du commerce et de la navigation. En 1908, plus de la moitié des ateliers ont fermé réduisant d’autant le nombre de postes (bassines), c’est-à-dire d’emplois.
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[44]
La dénomination de Saint-Barthélemy n’a rien à voir avec le massacre des protestants, même si bien des commentateurs continuent de penser que cette date a pu être fixée par le pouvoir catholique royal du XVIIe siècle pour impressionner la turbulente communauté protestante alésienne.
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[45]
Antoine. Laurent de l’Arbousset.
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[46]
Cité par J. Duclaux-Monteil in : Recherches historiques sur la ville d’Alais, p. 619.
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[47]
On disait des paysans des environs qui descendaient à la foire : « Davalan pas res et remounto un pelhou ! » (la traduction pourrait donner : n’amènent rien à la foire, mais reviennent avec une bonne cuite).
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[48]
Soit environ 1850 € (données Insee communiquées à titre purement indicatif car reposant sur des hypothèses relativement fragiles).
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[49]
L’Aigle des Cévennes, revue hebdomadaire de la région d’Alès, 11e année, samedi 10 juin 1865.
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[50]
Idem, 13e année, samedi 20 avril 1867.
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[51]
Archives nationales, dossier sériciculture, F/10/1738.
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[52]
Cité par Adrien Jeanjean.
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[53]
CRAS, 1859, t. xlviii.
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[54]
Archives départementales de la Drôme, 7 M 56 M 3. Cité par Jean Laget : Contributions baronniardes à la sériciculture et à l’industrie de la soie, in : Terres Voconces, Diois-Barronies, 2007, n°9.
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[55]
Soit aujourd’hui environ 405 millions d’euros (données Insee communiquées à titre purement indicatif car reposant sur des hypothèses relativement fragiles.) Rapport sur le mémoire de M. André Jean relatif à l’amélioration des races des vers à soie, CRAS, 16 février 1857, t. XLIV, p. 2.
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[56]
Soit environ pour 3,75 francs : 14 € ; 4,19 francs : 16 € ; 4,44 francs : 16,50 € (idem).
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[57]
Le Drapeau national. Alais et l’arrondissement, dimanche 25 février 1877.
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[58]
Désiré Gernez, p. 6.
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[59]
Lettre du 2 décembre 1850. Archives départementales du Gard, 7 M 207.
De Saint-Ambroix à Saint-Jean-du-Gard s’étend la région où Louis Pasteur durant cinq années consécutives, de 1865 à 1869, étudia la maladie qui décimait les vers à soie. Depuis l’est vers les monts de l’Ardèche, jusqu’à l’ouest vers la montagne héraultaise, la Cévenne gardoise expose au soleil ses parcelles de vignes et ses terrasses de pierres sèches au-dessous du « bloc sombre et puissant de la châtaigneraie ». C’est la Gardonnenque, le pays des serres et des valats. Sur ces terres ingrates poussent depuis plus de deux cent cinquante ans les mûriers, qui font partie du paysage : vergers touffus, aux corps tordus, aux branches bien taillées et dont la feuille sert de nourriture aux fameux vers à soie.
M. Gardie, membre de la Chambre consultative d’agriculture et surtout du Conseil général du Gard, présente ainsi sa région aux sénateurs à qui il adresse, le 5 décembre 1864, une pétition pour signaler la détresse de son département :
« Le département se compose de trois zones distinctes :
« La première, située au Midi et à l’Est, comprend les rives du Rhône et la plaine qui s’étend jusqu’à la mer…
« La seconde (sic) zone située au Centre du département, offre un sol en général tourmenté, argileux, sans profondeur et peu fertile, à l’exception de quelques vallées étroites où coulent des cours d’eau d’un caractère torrentiel. On y rencontre des fourrages peu abondants, des céréales peu productives, quelques oliviers et partout le mûrier. L’arbre de Sully, planté pour ainsi dire sous notre climat par ordre royal, s’était multiplié à ce point qu’il était devenu la richesse principale du pays…
Date de mise en ligne : 09/09/2024
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