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Neurosciences

Je me gratte, tu te grattes...

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Citer cet article


  • Bohler, S.
(2017). Je me gratte, tu te grattes... Cerveau & Psycho, 88(5), 7-7. https://doi.org/10.3917/cerpsy.088.0007.

  • Bohler, Sébastien.
« Je me gratte, tu te grattes... ». Cerveau & Psycho, 2017/5 N° 88, 2017. p.7-7. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-5-page-7?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2017. Je me gratte, tu te grattes... Cerveau & Psycho, 2017/5 N° 88, p.7-7. DOI : 10.3917/cerpsy.088.0007. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-5-page-7?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.088.0007


Description de l'image par IA : Deux singes assis dos à dos sur un rocher, l'un se gratte la tête.

1Se gratter est contagieux. Faites l’expérience et grattez-vous le bout du nez devant des amis. Rapidement, l’un d’eux fera pareil. Pourquoi ce besoin automatique et irrépressible ?

2Des chercheurs chinois et américains ont constaté que les souris sont également sujettes au phénomène du grattage contagieux. Au Centre d’étude du grattage de l’université de Washington, Zhou-Feng Chen et ses collègues ont montré à des rongeurs des vidéos de leurs congénères en train de se gratter, et ils ont constaté que les souris spectatrices étaient alors prises, à leur tour, de démangeaisons.

3La faute, ont découvert les neurobiologistes, à des neurones localisés dans une zone gouvernant la soif, la faim et l’appétit sexuel – l’hypothalamus – et qui s’activent lorsque l’animal voit un de ses congénères se gratter. Cerise sur le gâteau, les chercheurs sont parvenus à éteindre et à rallumer ces neurones à l’aide d’une technique appelée optogénétique, qui consiste à contrôler l’activité nerveuse par faisceau laser. En position allumée, les souris se grattent devant les vidéos. En position éteinte, elles restent tranquilles.

4Le grattage mimétique serait une forme d’empathie, si l’on en juge par le fait qu’il est d’autant plus puissant que les souris sont proches et familières les unes des autres. Ce n’est peut-être pas pour rien que chez les primates, l’activité sociale qui cimente les groupes est l’épouillage mutuel. Chez eux, la règle est : je te gratte, tu me grattes.

  • Y.Q. Yu et al., Molecular and neural basis of contagious itch behavior in mice, Science, vol. 355, pp. 1072-1076, 2017.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.088.0007