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Génétique

Un virus très bien intégré

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Citer cet article


  • Rowe-Pirra, W.
(2021). Un virus très bien intégré. Pour la Science, 522 - avril(4), 12-12. https://doi.org/10.3917/pls.522.0012.

  • Rowe-Pirra, William.
« Un virus très bien intégré ». Pour la Science, 2021/4 N° 522 - avril, 2021. p.12-12. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2021-4-page-12?lang=fr.

  • ROWE-PIRRA, William,
2021. Un virus très bien intégré. Pour la Science, 2021/4 N° 522 - avril, p.12-12. DOI : 10.3917/pls.522.0012. URL : https://stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2021-4-page-12?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pls.522.0012


Description de l'image par IA : Chenille de sphinx du tabac couverte d'œufs de guêpe parasitoïde sur une tige verte.
Cette chenille de sphinx du tabac (Manduca sexta) est couverte d’œufs de guêpe parasitoïde.
© Shelly Bychowski Shots/shutterstock.com

1L’infection d’un organisme par un virus, plus qu’une simple condamnation à la maladie ou à la mort, peut aussi être un facteur d’évolution. En intégrant dans son ADN le matériel génétique d’un virus, un hôte infecté peut développer de nouvelles fonctions, ce qui peut redéfinir ou améliorer sa physiologie ou son écologie. Exemple évocateur, les guêpes parasitoïdes Cotesia congregata – qui pondent leurs œufs dans le corps de chenilles – injectent dans leurs victimes des particules virales. Ces dernières empêchent le système immunitaire des chenilles d’attaquer les larves pendant leur développement. Ainsi, sans le virus qu’elles hébergent, le mode de croissance parasitaire de ces guêpes serait impossible. Pour mieux comprendre cette relation, Jean-Michel Drezen et Jérémy Gauthier, de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (CNRS), à Tours, et leur équipe ont reconstitué et étudié le génome de ces guêpes.

2Ces travaux montrent que le virus de ces guêpes parasitoïdes, le bracovirus, a pour la première fois été intégré par l’ancêtre de l’insecte au Crétacé, il y a environ 103 millions d’années, quand il n’était qu’un petit nudivirus d’une centaine de milliers de paires de bases. Lorsqu’il n’apporte pas d’avantages à l’hôte, l’ADN viral qui s’insère dans le génome de ce dernier finit généralement par se dégrader et disparaître complètement avec le temps. Or l’ADN du bracovirus n’a pas subi le même sort : il s’est complexifié en s’associant à la guêpe et compte désormais un million de paires de bases. Ses gènes sont aujourd’hui répartis dans les dix chromosomes de la guêpe : le virus et la guêpe sont indissociables.

  • J. Gauthier et al., Communications Biology, vol. 4, article 104, 2021

Date de mise en ligne : 03/01/2022

https://doi.org/10.3917/pls.522.0012