Paléogénétique
Premiers européens : une parenté extrême-orientale
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Citer cet article
- SAVATIER, François,
- Savatier, François.
- Savatier, F.
https://doi.org/10.3917/pls.524.0014
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- Savatier, F.
- Savatier, François.
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1Deux équipes de l’institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire, à Leipzig, en Allemagne, viennent d’étudier les génomes de six des tout premiers Homo sapiens européens. Celle de Mateja Hajdinjak a étudié l’ADN contenu dans cinq fossiles trouvés dans la grotte bulgare de Bacho Kiro, datés par le radiocarbone entre 45 930 et 42 580 ans avant le présent. Leurs génomes ne révèlent pas de proximité génétique avec les chasseurs-cueilleurs européens ultérieurs, les Aurignaciens et les Gravettiens ; en revanche, ils sont plus proches des chasseurs-cueilleurs extrême-orientaux et amérindiens anciens et de leurs descendants.
2L’équipe de Kay Prüfer, elle, a séquencé le génome entier contenu dans un crâne sapiens découvert dans les années 1950 dans la grotte tchèque de Zlatý kůň. Pour dater ce crâne hautement contaminé, les chercheurs ont réalisé une modélisation bayésienne de l’ascendance de l’ADN qu’il contient, ce qui lui donne au moins 43 000 ans, voire 45 000 ans. Il a donc sensiblement le même âge que les fossiles de Bacho Kiro, mais aussi que les fossiles Oase 1, découvert en Roumanie, ou Ust’Ishim, trouvé en Sibérie centrale. L’ADN de Zlatý kůň s’avère lui aussi plus proche de celui des anciens chasseurs-cueilleurs extrême-orientaux que de celui des chasseurs-cueilleurs européens ultérieurs, ce qui avait été déjà constaté pour Oase 1 et Ust’Ishim.
3Une conclusion s’impose : les individus européens de Bacho Kiro, de Peștera cu Oase et de Zlatý kůň, et l’individu protosibérien Ust’Ishim relèvent d’une première vague sapiens qui a progressé vers le nord il y a 50 000 à 40 000 ans à partir du Proche-Orient, avant la séparation des Eurasiens occidentaux et des Eurasiens orientaux. Cette première vague ne nous a pas laissé d’héritage génétique.
- M. Hajdinjak et al., Nature, vol. 592, pp. 253-257, 2021 ; K. Prüfer et al., Nat. Ecol. Evol., en ligne le 7 avril 2021