Biophysique
Le vol adapté des papillons morphos
- Par Élisa Doré
Pages 10 à 11
Citer cet article
- DORÉ, Élisa,
- Doré, Élisa.
- Doré, É.
https://doi.org/10.3917/pls.531.0010
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- Doré, É.
- Doré, Élisa.
- DORÉ, Élisa,
https://doi.org/10.3917/pls.531.0010
1Au cœur de la forêt Amazonienne, les papillons du genre Morpho offrent un spectacle sublime. En regardant ce ballet de plus près, on constate que toutes les espèces ne volent ni de la même façon ni dans les mêmes strates de la forêt. La plupart de ces espèces de lépidoptères habitent les sous-bois denses et fermés, mais certaines ont investi le milieu plus ouvert de la canopée. Par ailleurs, les papillons de sous-bois volent plus rapidement avec des battements d’ailes plus puissants. Chez les espèces de la canopée, le vol battu est réduit au profit d’une plus grande utilisation du vol plané, permettant de parcourir de plus longues distances en réduisant les dépenses énergétiques. Cette évolution du vol est-elle due à des changements morphologiques des ailes des morphos ou à une simple différence de comportement ? Pour répondre à cette question, Camille Le Roy, du Museum national d’histoire naturelle, à Paris, et ses collègues ont comparé les vols des différentes espèces de morphos et les performances aérodynamiques liées à la forme de leurs ailes.
2Les chercheurs ont constaté que les espèces de la canopée présentaient en général des ailes plus triangulaires et allongées (en médaillon, les espèces Morpho rhetenor, qui habite dans la canopée, et Morpho achilles, qui vit dans les sous-bois), leur conférant une plus grande portance (force perpendiculaire à la direction du mouvement) par rapport à la traînée (force qui s’oppose au mouvement du corps). Ainsi, l’efficacité aérodynamique du vol plané chez les espèces de la canopée serait supérieure grâce aux propriétés morphologiques de leurs ailes. Chez les espèces des sous-bois, les papillons privilégient un vol battu qui leur permet des changements rapides de direction dans un milieu dense.
- C. Le Roy et al., Science, vol. 374, pp. 1158-1162, 2021