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Préhistoire

Au Gabon, des outils vieux de 650 000 ans au moins

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  • Savatier, F.
(2022). Au Gabon, des outils vieux de 650 000 ans au moins. Pour la Science, 531 – janvier(1), 12-12. https://doi.org/10.3917/pls.531.0012.

  • Savatier, François.
« Au Gabon, des outils vieux de 650 000 ans au moins ». Pour la Science, 2022/1 N° 531 – janvier, 2022. p.12-12. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2022-1-page-12?lang=fr.

  • SAVATIER, François,
2022. Au Gabon, des outils vieux de 650 000 ans au moins. Pour la Science, 2022/1 N° 531 – janvier, p.12-12. DOI : 10.3917/pls.531.0012. URL : https://stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2022-1-page-12?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pls.531.0012


Description de l'image par IA : Un outil en pierre, probablement utilisé pour casser des os ou couper du bois, entouré de petits cailloux.
Cet outil du site d’Elarmékora servait probablement à casser des os ou couper du bois.
Richard Oslisly

1Des pierres taillées dans le quartzite attestent la présence d’humains à la marge de la forêt tropicale humide africaine il y a 650 000 ans, voire plus.

2Quel âge ont-elles ? Les pierres taillées d’Elarmékora, au Gabon, découvertes dans une très ancienne terrasse fluviale du fleuve Ogooué, ne sont pas datables directement. Alors, autour de Régis Braucher, du Cerege, à Aix-en-Provence, des chercheurs on déduit la durée de leur enfouissement de la mesure des concentrations de nucléides cosmogéniques. Le nombre de ces atomes radioactifs produits par les rayons cosmiques dans les minéraux du sol décroît avec le temps passé sous terre, ce qui permet de l’évaluer. Les chercheurs ont mesuré les concentrations de deux nucléides cosmogéniques – l’aluminium 26 et le béryllium 10 – dans une série d’échantillons de sols prélevés depuis la surface du sol jusque sous la strate archéologique et en ont déduit leurs âges : il en ressort que les artefacts sont sous terre depuis 650 000 ans au moins.

3Ainsi, dans le bassin du Congo, des mains taillaient des galets dès cette époque ancienne voire bien avant. L’existence d’industries lithiques « à galets aménagés » spécifiques à l’Afrique centrale, adaptées sans doute aux conditions de vie dans la forêt tropicale humide, était déjà connue, mais seulement par des travaux dépourvus de datations et publiés il y a longtemps en français, de sorte que les Préhistoriens actuels ne la prenaient pas en compte. Cela peut changer, puisque la datation de ce site du Paléolithique inférieur dans le bassin du Congo prouve non seulement que la forêt tropicale humide africaine était déjà investie par des humains en ces temps lointains, mais que ces tailleurs de pierre utilisaient bien des techniques originales différentes de celles pratiquées dans le reste du monde à l’époque.

  • Régis Braucher et al., Philos. Trans. R. Soc. Lond., B, Biol. Sci., 2021.

Date de mise en ligne : 19/01/2022

https://doi.org/10.3917/pls.531.0012