9. Les corps sources des météorites
Pages 109 à 119
Citer ce chapitre
- GOUNELLE, Matthieu,
- Gounelle, Matthieu.
- Gounelle, M.
Citer ce chapitre
- Gounelle, M.
- Gounelle, Matthieu.
- GOUNELLE, Matthieu,
Notes
-
[1]
A. von Humboldt [1845], Cosmos, trad. fr., H. Faye, Paris, Gide et Cie, 1846.
-
[2]
Si l’apport soviétique peut paraître dérisoire, il est essentiel pour infirmer la théorie du complot déniant l’exploration de la Lune par les Américains. En effet, les Soviétiques comme les Américains ont distribué leurs échantillons à la communauté scientifique internationale. L’identité des roches rapportées par les deux pays rivaux et leur différence avec les roches terrestres attestent de la réalité des voyages Terre-Lune (on imagine mal que Nikita Khrouchtchev et Richard Nixon aient de concert décidé de fabriquer de fausses roches lunaires) et de la présence d’astronautes américains sur la Lune (une sonde automatique n’aurait pas pu collecter 380 kg de roches).
-
[3]
J.-B. Biot [1803], « Relation d’un voyage fait dans le département de l’Orne pour constater la réalité d’un météore observé à L’Aigle le 6 floréal an XI », Paris, Baudouin, 47 p.
-
[4]
Voici l’une des descriptions précises du passage du météore transmise à Auguste Daubrée par M. Piaulet, régent de mathématiques à Montauban : « Le bolide a été vu d’abord dans la direction du sud-ouest ; après avoir traversé la constellation du Lion, il a passé à gauche (à l’est) de Saturne et de l’Épi de la Vierge, et a éclaté un peu au-dessous de Jupiter », in A. Daubrée [1864], « Nouveaux renseignements sur le bolide du 14 mai 1864 », Comptes rendus acad. sci., Paris, 58, p. 1065-1072.
-
[5]
Il y aurait une exception notable qui demande cependant à être confirmée. Un scientifique russe a proposé que la mystérieuse chondrite de Kaidun (Yémen, 1980), qui contient des inclusions de météorite martienne, provienne du satellite de Mars, Phobos (cf. Ill. 25).
-
[6]
Les missions Apollo, dont la dernière a eu lieu en 1972, ont permis un développement sans précédent des sciences planétaires et des études météoritiques. C’est aussi le rôle des missions de retour d’échantillons que de stimuler la recherche au moyen d’investissements qui, sans elles, n’auraient pas été réalisés.
La question de la provenance des météorites est ancienne. Elle a été posée pour la première fois par le philosophe ionien Anaxagore de Clazomènes, qui avait, dit-on, prédit la chute d’une météorite à Aegos Potamos (Thrace) la seconde année de la huitième olympiade (en 467 avant notre ère). Anaxagore, dont les opinions « hérétiques » lui valurent en 432 d’être chassé d’Athènes, défendait l’idée selon laquelle les météorites proviendraient du Soleil. En 1803, alors que l’origine extraterrestre des météorites vient à peine d’être démontrée (cf. l’encadré suivant), Jean-Baptiste Biot, Pierre-Simon Laplace et d’autres éminents savants proposent que les météorites proviennent de la Lune. La même année, le mathématicien Denis-Siméon Poisson calcule (erronément) qu’il suffit de deux jours et demi à une météorite projetée par un volcan lunaire pour se rendre sur Terre, en supposant une trajectoire directe.
C’est en 1845 que le célèbre naturaliste allemand Alexander von Humboldt établit le lien entre les météorites et les astéroïdes. Il écrit avec perspicacité, dans le premier volume de son célèbre ouvrage Cosmos, que « les météorites sont les plus petits des astéroïdes ». Ce rapprochement coïncide avec l’observation de nouveaux astéroïdes. En décembre 1845, la découverte du cinquième des astéroïdes, Astrée, fait suite à de nombreuses années de « disette » (après Cérès en 1801, Pallas, Junon et Vesta ont été observés pour la première fois en 1802, 1804 et 1807). Trois astéroïdes sont découverts pour la seule année 1847. À cette époque, les grands musées comptent dans leurs collections des dizaines de météorites (près de soixante pour le Muséum de Paris)…
Date de mise en ligne : 01/06/2022
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
14,99 €